Synthèse de textes ESCP 2022 – Analyse du sujet

Découvrez sans plus attendre l’analyse du sujet de synthèse de textes ESCP 2022. C’est une épreuve qui demande beaucoup de rigueur du point de vue de l’orthographe, de la grammaire et de la syntaxe.

 

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L’analyse du sujet de synthèse de texte ESCP 2022

Pour rappel, la synthèse type ESCP est un exercice en 300 mots ( plus ou moins 10% ) qui doit comporter : 

1° Une problématique générale sous forme de question 

2° Trois « sous-questions » reliées à votre problématique 

3° Tous vos paragraphes doivent inclurent chaque texte du corpus

Cette année encore, le corpus est composé de trois textes ; avec un texte classique d’Honoré de Balzac, et deux textes contemporains de Gilles Lipovetsky et Emmanuele Coccia.


Revenons sur ces trois textes un par un :

Honoré de Balzac,  Physiologie de la toilette, 1830

Balzac commence par montrer que la Révolution n’a pas laissé qu’un héritage politique, mais a également influencé nos moeurs. Alors que la cravate était jadis qu’un simple accessoire, elle est devenue d’« importance sociale ». Cet accessoire est devenu un signe distinctif du niveau d’éducation d’un homme car le noeud de cravate est à faire main. Il n’est pas l’oeuvre d’un artisan, mais le signe de celui qui la met. 

Balzac en vient même à établir des types de personnalités en fonction du noeud de cravate. Il veut illustrer que même si la révolution a prétendument mis fin aux styles vestimentaires par classes sociales, la manière dont un individu porte un vêtement ( ici, une cravate ) demeure un signe distinctif de son origine sociale et de sa manière d’être en société. 

En somme, les vêtements sont un outil pour être à soi et être aux autres. Ils s’inscrivent parfaitement dans le sceau de la vie en société. 


2° Emanuele Coccia,  
La vie sensible, 2013

Pour l’auteure, le vêtement est avant tout un corps, c’est-à-dire qu’il se porte plus qu’il ne se met. Nos vêtements sont une extension de nous-mêmes, ils sont un moyen de compléter notre individualité. L’approche est ici plus philosophique et conceptuelle que Balzac, le vêtement est pris comme un signifiant – un corps secondaire. 

Pour Coccia, l’objet acheté en boutique est un corps étranger qui devient propre quand on le porte. Cette opposition étranger vs propre est centrale dans ce texte, c’était le point à absolument aborder ! 

 Elle en vient même à une réflexion anthropologique : là où l’animal a son vêtement incorporé ( sa peau / sa fourrure… ), l’homme est quant-à-lui incomplet. Il doit être associé à un vêtement pour exister ; sa nudité rend le vêtement utile et essentiel. 

3° Gilles Lipovetsky,  Le sacre de l’authenticité, 2021

Le troisième texte est interrogation plus contemporaine de notre rapport à la mode. Alors qu’historiquement le vêtement est un moyen d’affirmer sa singularité (ce que défend Balzac dans le premier texte), la fast-fashion nous fait rentrer dans une ère de l’hyperindividualité. L’industrialisation de masse s’est accompagnée d’un besoin d’être à soi-même. C’est le règne du sur-mesure de masse. 

Aujourd’hui naît même la tendance du fait-main et du tricoté-main, comme un besoin de cultiver sa singularité au travers de ses propres mains. C’est une manière de donner de l’âme – son âme – à ses vêtements. De leur donner de l’authenticité. 

In fine, le vêtement ne sert qu’à un seul objectif : stimuler notre l’épanouissement individuel. Curieusement, cet épanouissement peut passer également par du faux et la contre-façon, comme si l’image de marque était un moyen de valoriser notre propre individualité – marque (quitte à porter du faux, et donc à ne pas bénéficier de la marque en elle-même). 

 

Proposition de problématique 

De manière générale, la synthèse questionne la relation de l’homme à son vêtement. Pour les trois auteurs, nos habits ne sont pas que de simples objets, ils sont des accessoires pour affirmer notre individualité et nous distinguer au sein de la société. Chacun aborde ensuite un aspect plus spécifique – le vêtement comme reflet de personnalité pour Balzac ; la relation entre nudité et vêtements pour Coccia et l’hyperindividualisme exacerbé pour Lipovetsky. 

 

Une problématique générale pourrait être «  Comment les vêtements symbolisent-ils notre individualité ? »

 

Rassurez-vous: 

  1. L’exercice de synthèse de textes laisse aux candidats une très grande liberté dans le choix des problématiques et du plan. Il y a donc une multitude de problématiques intéressantes et possibles.
  1. Dans cet exercice, la forme est très valorisée et une copie bien rédigée, sans fautes, agréable à lire peut déjà obtenir une note correcte, d’autant plus si le fond est bon. 

En somme, l’essentiel est d’avoir saisi la finesse des idées évoquées, ainsi que les singularités de chaque auteur (encore plus vrai entre les deux auteurs contemporains); et de savoir faire dialoguer les auteurs entre eux.   

En espérant que l’épreuve se soit bien passée pour vous, il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter bonne chance pour les épreuves à venir ! 

Toute l’équipe croit en vous !

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