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Réussir son année de cube (je vous raconte mon expérience)

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Le redoublement – plus précisément le cube ou le 5/2 pour les prépas – est toujours un choix difficile pour les étudiants, pour peu qu’il soit réellement un choix. Aujourd’hui, je vais vous partager mon expérience de trois ans en classe préparatoire.

Présentation :

Pour le contexte, je viens d’un lycée en zone d’éducation prioritaire : j’ai découvert l’existence de la prépa ECG sur Parcoursup. J’ai intégré le Collège Épiscopal Saint-Étienne à Strasbourg en mathématiques approfondies et en ESH, sans jamais avoir suivi d’enseignement de SES au lycée (Covid + spé maths et physique).

En fin de première année, j’ai décidé de basculer en mathématiques appliquées, car mon point fort était devenu l’ESH et je n’étais pas très bon en maths appro.

Après avoir passé les concours en avril 2024, j’ai été admissible d’Audencia jusqu’au bas du tableau.

J’ai tout de suite su que je voulais cuber pour essayer d’avoir mieux : mon ambition était d’obtenir au moins un Top 5. J’ai quand même décidé de passer les oraux de l’EM Strasbourg (ma ville de résidence) et ceux de NEOMA, car j’y avais des amis. Finalement, j’ai été admis dans ces deux écoles, mais j’ai tout de même refusé.

L’été 2024, j’ai postulé à Saint-Jean de Douai, qui est assez réputé pour les cubes, mais après avoir fait les entretiens et avoir été pris, je me suis retiré, car j’ai préféré rester dans ma prépa initiale pour diverses raisons, notamment la proximité avec ma famille et le fait que mes professeurs me connaissaient déjà et étaient dévoués à ma réussite (au passage, merci à eux s’ils voient ce message).

Après un an de cube, j’ai passé les concours ECRICOME et BCE en avril 2025 et j’ai été admissible jusqu’à l’EDHEC, que j’ai finalement intégrée en août 2025.

Maintenant, je vais vous donner les techniques et méthodes par matière que j’ai utilisées en cube pour améliorer mes résultats : l’intérêt, ici, est de voir l’évolution avec les anciennes méthodes et de trouver celles qui vous conviendront le plus. Il est évident qu’en cube, il est nécessaire de revoir certaines méthodes utilisées en carré.

Évolution matière par matière :

Les mathématiques : entre rigueur et stratégie 

En carré, j’ai commencé à réellement m’investir en maths à partir de décembre. Mon professeur m’avait recommandé d’acheter un livre qui regroupe les annales de l’EDHEC (lien pour acheter le livre). À partir de ce moment, j’ai enchaîné les annales et j’ai appris mon cours en les faisant. J’ai fait mon premier sujet HEC en février (j’ai eu 6), et durant les vacances de février – soit deux mois avant les concours – j’ai commencé à enchaîner les sujets parisiens (HEC & ESSEC II).

Tout ce travail m’a permis d’avoir les notes suivantes au concours :

Pour la BCE :

 

Pour ECRICOME : 

En cube, mon approche a fondamentalement différé. N’ayant pas été dans une classe de cubes, mon professeur de maths m’a laissé libre de faire ce que je voulais en classe. J’ai donc alterné entre le suivi du cours et la réalisation d’exercices spécifiques. Certains chapitres, globalement compris en fin de carré, ne nécessitent pas de tout reprendre à zéro en cube : je pense notamment aux chapitres d’algèbre.

Ce qui diffère concrètement de mon année de carré, c’est que j’ai axé la majorité de mon travail sur l’apprentissage de mon cours : un apprentissage bête et méchant, où j’apprenais par cœur les notions, définitions, rédactions et formules, que j’essayais ensuite de replacer au mieux dans les annales et lors des DS. Je n’ai pas lésiné sur les annales.

Concernant mon organisation, en classe, je n’avais pas besoin de découvrir les notions, donc je commençais déjà leur apprentissage. En fin de journée, je prenais 15 à 30 minutes pour revoir les notions (définitions, formules et rédactions) avant de passer sur des annales. Le premier mois, je reprenais timidement les annales avec ECRICOME, emlyon et EDHEC.

En octobre, j’ai commencé les Parisiennes – un sujet tous les deux jours – et j’ai demandé à mon prof de ne me mettre que des annales parisiennes en DS.

En DS, je faisais le sujet HEC ou ESSEC que mon prof me proposait, et je refaisais chez moi le sujet classiqueproposé aux autres étudiants. Ainsi, je pouvais me tester sur des sujets difficiles et sur des sujets plus classiques avec des questions moins fréquentes en Parisiennes.

Pour les chiffres, j’ai fait 53 annales différentes de mon côté (hors DS) avec la répartition suivante :

  • 16 sujets HEC
  • 15 sujets ESSEC (II)
  • 6 sujets ECRICOME
  • 10 sujets EDHEC
  • 6 sujets Emlyon

Bien sûr, j’ai repris certaines annales plusieurs fois pour être sûr de bien connaître les éléments. Pendant les vacances et les révisions avant les concours, je faisais un sujet parisien par jour.

Ce que je peux vous conseiller, c’est de planifier en amont vos révisions et exercices, que ce soit en semaine ou pendant les vacances.

Voici un exemple type de ma planification pendant les vacances (février-mars) :

En planifiant vos révisions et surtout vos tâches, vous arriverez plus facilement à allouer votre énergie à chacune d’elles, car vous saurez ce que vous devez faire et à quel moment. Savoir qu’il reste 20 minutes de maths permet de tout donner avant de passer à une autre matière.

En somme, il est primordial de connaître son cours sur le bout des doigts, de s’exercer sur des annales (quitte à les refaire plusieurs fois) et surtout de planifier à l’avance tout ce que vous devez faire.

Je vous montre mes notes en maths en cube pour que vous puissiez voir la différence :

Pour la BCE :

Pour ECRICOME : 

ESH : de la récitation à la réflexion 

En planifiant vos révisions et surtout vos tâches, vous arriverez plus facilement à allouer votre énergie à chacune d’elles, car vous saurez ce que vous devez faire et à quel moment. Savoir qu’il reste 20 minutes de maths permet de tout donner avant de passer à une autre matière.

En somme, il est primordial de connaître son cours sur le bout des doigts, de s’exercer sur des annales (quitte à les refaire plusieurs fois) et surtout de planifier à l’avance tout ce que vous devez faire.

Je vous montre mes notes en maths en cube pour que vous puissiez voir la différence :

Pour la BCE :

Pour ECRICOME

En cube, je suis directement parti sur de nouvelles bases.
Un mois après la rentrée, j’ai montré mes copies de concours à mon professeur d’ESH, et on a revu ensemble ce qui n’allait pas. Tout paraissait évident : une récitation inutile de connaissances, ce qui ne fluidifiait pas le propos.

Pour vaincre ce biais, j’ai énormément lu de textes d’économie pour m’imprégner de la prose économique. Je vous recommande d’ailleurs cet article : Les bienfaits de la lecture d’œuvres extrascolaires.

Il est nécessaire de comprendre que la problématisation et la réflexion sont davantage recherchées qu’une accumulation de références. Une copie qui tente par tous les moyens de « briller en société » en citant un nombre incalculable d’auteurs ne se verra pas attribuer une note décente. L’enjeu de l’exercice n’est pas de montrer qu’on connaît toutes les figures du cours, mais de faire preuve de pertinence et de pragmatisme en amenant une réflexion progressive, contextualisée (spatiale, temporelle et idéologique) et claire.

Pour réussir au mieux cet exercice, familiarisez-vous avec lui : lisez des textes économiques actuels, des copies de concours bien notées – non pas pour copier les références, mais pour comprendre comment le candidat a problématisé et mobilisé ses connaissances –, et entraînez-vous à réfléchir à des sujets.
N’hésitez pas à demander à vos professeurs de corriger vos plans détaillés.

Pour la BCE :

Pour ECRICOME : 

Vous retrouvez ici ma copie ECRICOME 2025 : Copie  de Marwane 18,4/20

Lire plus : Comment décrypter un sujet d’ESH ?

 

Culture générale : lire pour penser

En carré, je n’avais pas encore compris l’importance de la culture générale en ECG. Ma seule méthode pour les concours était de ficher les fiches proposées par Ugo Batini dans son livre annuel de la collection Optimum. Je pensais qu’il suffisait de lire des résumés de livres, d’apprendre des citations sorties de leur contexte et de copier quelques tournures de phrases issues des manuels.

Cette méthode m’a permis d’avoir des notes plutôt passables, qui me convenaient car je pensais que la CG était une matière trop incertaine pour que je daigne m’investir. Malgré cela, je passais plusieurs heures par semaine à apprendre mes références.

Voici mes notes aux concours en carré :

Pour la BCE

Pour ECRICOME

En cube, ma méthode a énormément évolué : j’ai centré tout mon apprentissage sur la lecture d’œuvres en lien avec le thème de mon année (l’image). J’ai lu en moyenne deux livres par mois en plus des lectures exigées par mes professeurs. Encore une fois, la lecture permet de s’imprégner du style littéraire de l’autrice et de l’auteur, et élargit les perspectives.
Une référence est toujours plus efficace lorsqu’elle provient d’une lecture complète. Les lectures personnelles constituent une source privilégiée d’inspiration pour la dissertation, car elles nourrissent des idées authentiques et profondément assimilées. Les meilleures idées naissent des lectures qu’on s’est appropriées, pas de celles qu’on vous force à connaître.

Afin de choisir au mieux les ouvrages à lire, j’ai demandé conseil à mes professeurs de CG et de Lettres, qui m’ont apporté des visions différentes du thème : alors que mon professeur de CG me conseillait de lire L’œil et l’Esprit de Maurice Merleau-Ponty, ma professeure de Lettres me proposait Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson.
Ces deux lectures, l’une philosophique, l’autre littéraire, se complètent merveilleusement.

Ce qui peut aussi être intéressant, c’est de demander des conseils à votre libraire préféréidéalement indépendant, car il est essentiel de les soutenir. Enfin, baladez-vous dans les rayons de votre librairie préférée et laissez-vous tenter : c’est comme ça que j’ai lu Vers la beauté de David Foenkinos, un livre qui m’a servi dans presque toutes mes dissertations.

Voici mes notes aux concours en cube – elles n’ont certes pas toujours augmenté, voire baissé, mais un véritable fossé sépare ces copies de celles en carré :

Pour la BCE :

Pour ECRICOME

Langues : construire un écosystème d’apprentissage

Lorsque j’étais en carré, je travaillais énormément ma LV2 (allemand) au détriment de ma LV1 (anglais) que je jugeais déjà suffisante. En effet, je pensais qu’on pouvait facilement faire la différence sur la LV2, souvent délaissée. J’apprenais énormément de vocabulaire, de références linguistiques et d’anecdotes sur la vie en Allemagne. Je m’exerçais en faisant des annales supplémentaires que ma professeure corrigeait. Du côté de l’anglais, je me cantonnais à l’apprentissage de fiches de civilisation – même si je n’avais pas vu venir la crise des opioïdes aux concours. Je consommais un maximum de contenu en langue étrangère pour habituer mon cerveau à switcher entre plusieurs langues. Mais cela n’a pas porté ses fruits.

Voici mes notes aux différents concours :

Pour la BCE :

Pour ECRICOME :

En cube, j’ai restructuré mes méthodes d’apprentissage en langue. J’ai compris que le niveau en anglais LV1 était très haut au niveau national. J’ai donc choisi d’accentuer mon travail sur l’anglais, sans pour autant négliger l’allemand : je faisais du 70/30. Mon investissement global était supérieur par rapport à l’an dernier.

Ce qui, je pense, a réellement fait la différence, c’est le temps quotidien que je prenais à étudier un article journalistique dans chaque langue. Dans la journée, je choisissais un thème intéressant selon l’actualité du pays ; après les cours ou khôlles, je l’imprimais et l’étudiais : j’essayais de comprendre tout le vocabulaire, les tournures de phrases, les expressions idiomatiques et bien sûr le sens global de l’article. Il m’arrivait aussi de le traduire. Je prenais environ 1h par jour pour lire des articles dans les deux langues.

Aussi, je me suis mis à lire des œuvres littéraires directement en langues étrangères. Cela est doublement efficace pour les préparationnaires : vous emmagasinez des références utiles pour les dissertations et vous vous familiarisez davantage avec la langue.

Enfin, avoir tout son écosystème – smartphone, PC, films, séries – en langue étrangère est très efficace.

Voici mes notes aux concours en cube :

Pour la BCE :

Pour ECRICOME : 

Conclusion :

Comme vous l’aurez compris, le mot d’ordre de l’année de cube est le changement. Il est essentiel, voire vital, de remettre en question ses méthodes de travail. Il ne faut pas tout bouleverser, mais auditer certaines méthodes et en tester d’autres.

À l’heure où cet article est publié (novembre), il est encore temps d’envisager de nouvelles façons d’apprendre et de s’exercer.

Tentez de nouvelles méthodes ! Ne soyez pas têtus, soyez pragmatiques ! Faites-vous confiance !

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Marwane Terbeche