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L’Italie sous tension : les années de plomb

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ANNEES DE PLOMB ITALIEN

Aujourd’hui, nous allons étudier une période très importante de l’histoire contemporaine italienne, qui pourra vous être très utile lors des concours, notamment aux oraux. N’hésitez pas à vous abonner à la newsletter de Mister Prépa pour ne manquer aucun article !

Au début des années 1970, l’Italie se trouve plongée dans une très forte instabilité politique et économique, marquée par des violences et des attentats, donnant ainsi naissance aux années de plomb (gli anni di piombo). Cette période d’une dizaine d’années regroupe une série d’événements d’une violence inouïe, débutant par l’attentat de Piazza Fontana, à Milan, en 1969, et se poursuivant jusqu’à celui de la gare de Bologne, en 1980 (cf. photo ci-dessus).

 

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Les origines de l’instabilité en Italie

Les contestations étudiantes et ouvrières de 1968, qui font écho au mouvement français de mai 68, n’ont pas porté leurs fruits : la transformation révolutionnaire n’a pas abouti, notamment celle qui se voulait contestataire du statu quocapitaliste issu du « miracle économique » (il miracolo economico, 1958-1963). Par ailleurs, les mouvements syndicaux peinent à obtenir des avancées concrètes, et la jeunesse se sent trahie par les partis traditionnels.

Dans ce climat hérité des années 1960, un sentiment d’impuissance s’installe au sein des mouvements contestataires, et l’ombre du terrorisme, comme seul moyen de concrétiser et de mettre en œuvre les idéologies, fait surface dans l’Italie des années 1970. C’est ainsi que naît le terrorisme politique italien, issu à la fois de l’extrême droite nostalgique du fascisme et de l’extrême gauche révolutionnaire.

 

Les deux visages du terrorisme

La matrice de ces attentats relevait des deux extrêmes de l’échiquier politique, avec des revendications et des moyens d’action différents :

 

Le terrorisme d’extrême droite

Aussi appelé « terrorisme noir » (terrorismo nero), il s’enracine dans la nostalgie du fascisme (il Ventennio fascista), et est représenté par des groupes comme Avanguardia Nazionale (AN). Les actions menées sont de très grande ampleur, avec des attentats qui font des victimes civiles et qui se déroulent dans des lieux publics. Un des exemples les plus marquants est l’attentat de Piazza Fontana (Strage di Piazza Fontana), survenu le 12 décembre 1969 à Milan, qui a fait 17 morts et plus de 80 blessés. Cet événement est considéré comme le point de départ des années de plomb.

Le but de ces attentats est de mettre en place une « stratégie de la tension » (la strategia della tensione) afin de réunir les conditions nécessaires et de justifier un coup d’État autoritaire. Cela est notamment illustré par l’échec du « golpe Borghese », en décembre 1970 — une tentative dirigée par l’ancien commandant fasciste Junio Valerio Borghese.

 

Le terrorisme d’extrême gauche

De l’autre côté de l’échiquier politique, le « terrorisme rouge » (terrorismo rosso), qui inclut notamment des groupes comme les Brigades rouges (Brigate Rosse), est le fait de militants qui ne se sentent plus représentés par les partis politiques de la gauche de l’époque, comme le Parti communiste italien (PCI), jugé trop modéré et réformiste, et ayant ainsi abandonné les idéaux révolutionnaires.

Les actions perpétrées par ces groupes sont très ciblées, en particulier contre des représentants de l’État et des institutions, considérés comme des collaborateurs du « système » et comme un frein à leurs revendications : magistrats, hommes politiques, avocats et industriels sont intimidés, voire assassinés. 

 

L’attaque au cœur de l’État (L’attacco al cuore dello Stato)

Le 16 mars 1978, les Brigades rouges enlèvent Aldo Moro, président de la Démocratie chrétienne (DC), député et ancien Premier ministre (Presidente del Consiglio). Ce jour-là, le Parlement doit accorder sa confiance à un nouveau gouvernement fondé sur « le compromis historique  » (il compromesso storico) entre la DC et le PCI : une alliance inédite visant à lutter contre l’instabilité politique et économique, qu’Aldo Moro a élaborée avec Berlinguer (secrétaire général du PCI).

L’enlèvement dure 55 jours. Les Brigades rouges exigent la libération de prisonniers politiques, mais le gouvernement refuse toute négociation. Le 9 mai 1978, le corps d’Aldo Moro est retrouvé dans le coffre d’une voiture, via Caetani (rue Caetani), à Rome, à mi-chemin entre les sièges du PCI et de la DC, symbolisant les deux partis qu’il voulait rapprocher. Cet assassinat marque le paroxysme des années de plomb.

 

La lutte contre le terrorisme et la fin des années de plomb

Après l’attentat de la gare de Bologne (Strage di Bologna), en 1980 (85 morts et 200 blessés), l’intensité des attentats terroristes diminue grâce en partie aux actions des forces spéciales dirigées par le général Dalla Chiesa. Par ailleurs, l’engagement d’intellectuels tels que Pier Paolo Pasolini et Dario Fo (prix Nobel de littérature en 1997) est considéré comme une forme de résistance littéraire à la violence politique des années de plomb.

Ce rejet du terrorisme se manifeste également au sein de la population, notamment après la mort du syndicaliste Guido Rossa (1979), qui avait refusé de collaborer avec les Brigades rouges dans les usines. Sa mort provoque une vaste mobilisation ouvrière.

L’historien Paul Ginsborg, spécialiste reconnu de l’histoire italienne contemporaine, écrit que, désormais, l’Italie des années 1980 avait « abandonné l’idée de résoudre [ses problèmes plus graves] par la force » (1), notamment dans les luttes futures pour les droits.

(1) Paul Ginsborg, Storia d’Italia dal dopoguerra a oggi (1989), éd. Einaudi, 2006, p. 540. Citation en italien : « si era abbandonata l’idea di risolverli [i problemi più gravi della Repubblica] con la forza »

 

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Sohaib Nadi
Étudiant en première année à l’ESCP Business School et major 2025 en italien LV1 aux concours BCE et ECRICOME, je mets à votre disposition ma passion pour la langue et la culture italiennes pour vous aider à exceller aux concours.