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Culture Générale ECRICOME 2026 – Analyse du sujet 2

Sommaire
CULTURE GENERALE ANALYSE SUJET 2 ECRICOME 2026

L’analyse du sujet 2 de culture générale ECRICOME 2026 est disponible ! Pour ceux qui ont choisi ce sujet, nous proposons un décryptage complet et détaillé avec lequel vous pourrez comparer vos réponses.

Lors de cette épreuve, il est important de rappeler que les correcteurs attendent des étudiants qu’ils comprennent précisément le sujet, qu’ils sachent construire une problématique claire et pertinente, et qu’ils argumentent de manière structurée. Votre pensée doit également être personnelle, et les références doivent être mobilisées intelligemment dans votre rédaction.

Le kit concours spécial culture générale est à consulter pour vos entraînements et vos révisions. 

 

L’analyse du sujet 2 de culture générale ECRICOME 2026

Vouloir l’impossible

Le sujet proposé par la session 2026 des épreuves Écricome est un sujet « expression », dans lequel il est attendu du candidat de proposer une réflexion problématisée qui confronte le sens de ces deux termes, de manière à faire surgir les paradoxes qu’il contient.

Nous rappelons que cet article vise à développer les pistes possibles pour traiter ce sujet, et à montrer quels pouvaient être les définitions ou éléments de réflexions attendus pour ce type de sujet, sans prétendre être une correction exhaustive.

 

Analyse des termes du sujet :

Comme dans chaque sujet de dissertation, il faut prendre un temps pour définir les termes proposés à votre analyse. Vous pouvez pour cela vous posez systématiquement les questions suivantes, pour chaque terme (Comment ? Quoi ? Qui ? Combien ? Où ? Quand ? Pourquoi ?)

Vouloir : c’est un verbe à l’infinitif, qui désigne donc une action proprement humaine consistant à tendre vers l’obtention d’un objet, à aller dans une direction donnée. C’est l’articulation entre un effort et un but, qui présuppose un certain degré de conscience. Le verbe vouloir se rapporte au substantif « volonté », il peut être utile de définir également ce terme, comme faculté de déterminer librement ses actes en fonction de motifs rationnels.

Il est toujours nécessaire de confronter ces définitions à des synonymes. Le désir par exemple, peut intervenir dans l’exercice de la volonté, sans être pour autant l’élément principal.

Dès lors on est en droit de s’interroger sur la nature des objets de la volonté humaine, et c’est là que la notion d’impossible apparaît comme un paradoxe, car :

L’impossible, c’est ce qui ne peut être, qui ne peut se faire, qu’on ne peut réaliser. S’agissant de l’homme, l’impossible est tout ce qui me dépasse, et ce faisant, indique le caractère indigent de ma condition humaine, son caractère limité. C’est tout ce qui est lié au caractère périssable de mon corps (corruption, maladie, mort), qui suscite en moi de la souffrance et m’amène à vouloir être immortel par exemple. C’est tout ce qui est lié à mes limitations cognitives, au caractère limité de la pensée et de ma conscience.

Bref, nous observons un paradoxe fondamental qu’il fallait souligner dans ce sujet : la volonté est une faculté proprement humaine, qui est ici rapportée à une dimension précisément sur-humaine (l’impossible). Il y a donc d’emblée quelque chose de tragique qui émane de ce sujet, dont le préssuposé est d’indiquer que l’homme veut effectivement l’impossible, et que cela caractérise sa nature. Il ne s’agissait pas de dire si oui ou non il tend vers des buts qui le dépassent.

 

Problématique

Dès lors, ce paradoxe pouvait constituer le sens de notre problématique :

Dans quelle mesure le paradoxe d’une volonté tendue vers ce qui par essence se pose comme hors d’atteinte permet-il d’envisager les conditions de la finitude de l’être humain ?

Nous pouvions, à partir des présupposés du sujet, faire découler naturellement les étapes de notre raisonnement :

 

Proposition de plan

 

I/ L’homme est un être marqué par sa finitude, et c’est dans cette mesure qu’il tend vers l’impossible

Il s’agissait de dire que la notion même d’impossible fait écho au caractère insuffisant, limité de la condition humaine : le sujet amenait à réfléchir à ce qui constitue la finitude de l’homme

A/ Cette finitude, c’est d’abord celle que nous impose la mort

Il était possible dans un premier temps de souligner le fait que la question même de l’impossible, ne peut se poser que pour l’homme, être doué de conscience, capable de prendre conscience de sa condition humaine mortelle, et donc, conscient de la mort, de vouloir la dépasser.

Les grands récits des religions monothéistes, et par exemple, le livre de la Genèse, peut constituer un exemple célèbre permettant de décrire l’état initial de la condition humaine, celle d’un homme déchu, qui, ayant quitté le paradis originel, est soumis à la fois aux affres du temps, de la maladie, et bien sûr, de la mort.

Nous ne pouvons en ce sens pas comprendre pourquoi l’homme veut être, immortel, éternel, ou sans souffrance, si l’on ne pose pas d’abord le caractère indigent de sa condition humaine (sa fragilité, son caractère éphémère)

B/ Ou qui caractérise notre conscience, nécessaire limitée

Les grandes religions pensent constamment l’existence d’un être omniscient, créateur, tout puissant, qui souligne le caractère limité de l’homme. Peut-on voir dans la croyance religieuse cette tension vers un absolu qui serait un aspect de cet impossible ? Ce qui est impossible est en effet aussi ce qui est hors d’atteinte, pour l’homme sur la terre, la figure divine par exemple.

Il pouvait être intéressant de mobiliser à ce titre des grands textes de la réflexion métaphysique qui tentent de penser Dieu comme une substance toute puissante, omnisciente comme dans Méditations métaphysiques (1641) de Descartes. Dieu y est défini comme une idée parfaite, qui contient dans son essence son principe d’existence.

 

II/ Dès lors, n’est-ce pas un danger pour l’homme, une source d’illusion et de souffrance que de prétendre dépasser sa finitude en voulant l’impossible ?

Vouloir l’impossible, nous l’avons vu, c’est tendre vers des aspects dont la condition humaine est dépourvue.

A/ Une volonté démesurée, source de souffrance

Il était possible de mobiliser le vaste corpus des mythes grecs, et en particulier le mythe d’Icare, qui, voulant atteindre le soleil, grâce des ailes faites avec de la cire, brule et chute. C’est la métaphore même d’une volonté démesurée, Icare ignore à plusieurs reprises les avertissements de son père, qui peut ici représenter le principe de mesure, de raison.

B/ Une souffrance qui cependant source de son génie créateur

Vouloir, c’est aussi créer. Le caractère limité de l’existence humaine, la souffrance qui est attachée au désir d’être immortel, omniscient, tout puissant… est aussi la source de la créativité humaine, tant sur le plan technique qu’artistique.

En un sens, l’art permet de sublimer le caractère tragique de l’existence humaine que nous avons décrit plus haut évoquant sa finitude (fondamentalement tragique).

Nietzsche dans La naissance de la tragédie (1872) fait ainsi de cet art célèbre des Grecs anciens, la tragédie, la rencontre entre un sentiment intense du tragique de la condition humaine, liée à la souffrance, à l’irrationnel  (nommé par Nietzsche, le principe dionysiaque), avec sa capacité à mettre en forme ce tragique, dans le cadre d’une pièce de théâtre (principe qu’il nomme apollinien). Le théâtre est mise en forme, mise en lumière, de ce qui relève de l’informe (la souffrance, les cris, la douleur) et de l’irrationnel.

 

III/ Ramener l’homme à la mesure de son être : un enjeu fondamental de la philosophie ?

A/ Ce qui dépend et de dépend pas de l’homme

L’homme n’est pas la victime passive de son attirance pour des objets qui le dépassent. C’est précisément cette maîtrise plus grande de lui-même que vise la philosophie des Stoïciens dans l’Antiquité. Épictète, philosophie grec ancien, dans son Manuel, distingue ainsi les événements de notre vie qui dépendent de nous (opinion, pensées), et tous ceux qui ne dépendent pas de nous (fortune, destin), de manière à montrer que l’homme a bien une prise sur lui-même, mais qu’il ne doit pas tendre vers des objets qui le dépassent.

B/ Faire la critique de la démesure de l’être humain : le sens de l’entreprise philosophique ?

Ressaisir la juste mesure de l’être humain passe par une critique de ses prétentions démesurées. C’est exactement ce que tente de faire Montaigne, dans ses Essais (1580), en resituant les faiblesses essentielles de la nature humaine, le caractère limité, faillible de son savoir, et le risque pour l’homme de sortir hors de ses propres limites.

Il était possible de réfléchir ainsi au sens de la démarche philosophique, qui, plutôt que d’être volonté d’impossible, constitue un retour critique sur les prétentions démesurées de l’homme, et en ce sens, une manière de mieux situer ses limites.

Conclusion :

Nous pouvions conclure en montrant l’intérêt de ce sujet pour réfléchir à une tension constitutive de l’être humain : sa faiblesse inhérente et la démesure de sa volonté, qui fait à la fois sa gloire (comme être bâtisseur, artiste..) et son caractère pathétique (souffrance liée à sa finitude).

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Sébastien Costa