Géopolitique GEM 2021 – Copie de Matthieu (18/20)

Découvrez sans plus attendre cette bonne copie qui a obtenu 18/20 à l’épreuve de géopolitique GEM aux concours 2021.

La lecture de bonnes copies est un outil extrêmement stratégique pour performer aux épreuves, notamment pour les épreuves à dissertation comme la géopolitique.

 

SUJET : La politique commerciale, vecteur de la puissance américaine ?

Copie de Matthieu (18/20)

 

Introduction

Accroche : L’introduction commence par une accroche explicitement rattachée au sujet. Il s’agit d’une citation de l’essayiste Nicolas Baverez issu du magazine L’expansion appartenant au groupe l’Express, publié en octobre 2016. Elle permet de montrer clairement la puissance commerciale étatsunienne. Et, comme vous pouvez le voir, l’accroche finit par la formulation du sujet pour montrer au correcteur que nous sommes bien dans le sujet.

Définition des termes du sujet : La définition des termes du sujet commence par une définition spatiale avec quelques données, dont certaines très intéressantes pour notre sujet (PIB, classement des puissances commerciales, des pays importateurs et des pays exportateurs). Attention toutefois aux quelques coquilles au niveau des chiffres pas actualisés : ce pays est composé de 330 millions habitants et dispose d’un PIB d’environ 21 billions de dollars. Ils sont alors la première puissance économique et la deuxième puissance commerciale du monde.

S’en suit une définition de la politique commerciale (terme principal du sujet) et de ses termes implicites, que sont le libre-échange et le protectionnisme notamment. Enfin, j’ai défini la puissance classiquement à l’aide de Raymond Aron et Serge Sur.

Problématique : La problématisation permet d’amener clairement la problématique et d’éclaircir un point de tension autour de l’opposition moteur/frein. Cette problématisation est nécessaire pour rattacher logiquement la problématique à la définition des termes du sujet et de ses limites spatiales. La problématique choisie comporte les mots importants du sujet et permet d’aborder toutes les dimensions du sujet.

Plan : Bien que le plan soit on ne peut plus simple, celui-ci est 100% dans le sujet et est cohérent avec la problématique retenue. C’est donc un plan adapté et efficace.

 

Développement

Chaque partie commence par un rappel du sujet de la partie et par une annonce des sous-parties abordées et finit par une transition/conclusion. Puis, chaque sous-partie débute et finit par un rappel du sujet de la sous-partie. Il est fondamental d’appliquer cela à la lettre car la méthodologie est la clé et c’est ce que le correcteur regarde le plus.

Je m’excuse d’avance pour les nombreux « sa » ou « son » à la place de « leur », comme par exemple dans la deuxième partie : les États-Unis mènent parfois une politique commerciale de libre-échangisme pour servir leur puissance. Cette erreur a sûrement était faite sous le coup de la précipitation mais attention quand même pour les futurs préparationnaires qui passeront le concours car ce type d’erreur peut fortement embêter certains correcteurs.

1ère partie : L’objectif de la 1ère sous-partie est de montrer que les États-Unis sont un acteur essentiel des échanges commerciaux. Il y a une erreur sur ses principaux fournisseurs : la Chine, le Mexique, le Canada et le Japon. Un usage des documents d’accompagnements, des classements et des exemples chiffrés vient appuyer le propos sur cette 1ère sous-partie.

La 2ème sous-partie s’intéresse aux dépendances qu’engendrent les États-Unis au vu de leur première place dans l’exportation de certains biens. Les exemples sont variés : le secteur agricole d’une part, le secteur pétrolier d’autre part.

La 3ème sous-partie traite de la dépendance à l’égard des États-Unis liée au dollar. Ici, deux références du même auteur (Barry Eichengreen) qui sont très intéressantes pour illustrer le propos concernant le dollar avec toutefois une erreur sur la 1ère référence : Un privilège exorbitant : Le déclin du dollar et l’avenir du système monétaire international. La citation de John Bowden Connally et l’exemple d’achat par l’Europe de ses avions Airbus en dollar sont tout autant pertinents.

Ainsi cette 1ère partie, même si elle comporte deux petites erreurs, elle est fluide de bout en bout avec une méthodologie respectée et des exemples toujours au service des arguments. Elle donne donc une bonne première impression au correcteur après l’introduction.

2ème partie : La 1ère sous-partie traite des moments où les États-Unis ont opté pour une politique commerciale de libre-échangisme au service de leur puissance. Dans cette sous-partie, les exemples utilisés sont les documents complétés par des connaissances personnelles car oui, il est également important d’utiliser les documents surtout dans l’épreuve de GEM !

La 2ème sous-partie s’intéresse en revanche aux moments de protectionnisme aux États-Unis qui ont favorisé leur puissance. Cette sous-partie est très riche en exemples avec une référence (Le piège américain de Frédéric Pierucci), des exemples chiffrés, des exemples d’entreprises et des exemples d’États.

La 3ème sous-partie montre que les institutions internationales permettent parfois d’aider les États-Unis dans leur politique commerciale de protectionnisme. Encore une fois, il y a un usage des documents d’accompagnements ainsi que des connaissances personnelles et ça fait partie de ce qui fait la force de ma copie ! Attention toutefois : ce n’est pas l’OMC qui a directement sanctionné Airbus dans ce conflit mais l’OMC a pris la décision d’autoriser les États-Unis à augmenter à hauteur de 7,5 milliards de dollars les droits de douanes sur des produits européens.

Ainsi, cette 2ème partie est dans la continuité de la qualité de la 1ère partie.

3ème partie : La 1ère sous-partie aborde le déficit commercial des États-Unis, qui ne cesse d’augmenter. Petite coquille : ce déficit se fait notamment avec les pays asiatiques et particulièrement la Chine.

La 2ème sous-partie témoigne du fait que la politique commerciale des États-Unis peut leur faire défaut. La référence de Graham Allison est un classique mais c’était un attendu. En effet, bien qu’il vous faut varier les références, trouver des références originales, des références classiques sont attendus sur chaque sujet par les correcteurs.

La 3ème sous-partie évoque les concurrents commerciaux auxquels les États-Unis doivent faire face. Quoi de mieux que de parler de la Chine et d’appuyer cela par le livre de Guillaume Pitron sur La guerre des métaux rares.

Ainsi, même si cette sous-partie est plus courte que les deux précédentes, elle est dans la lignée de celles-ci.

 

Conclusion

Il y a bien une réponse à la problématique et un bilan du développement. Néanmoins, c’est dommage qu’il manque une ouverture du fait du manque de temps.

 

Avis d’ensemble

Les + de la copie :

  • La méthodologie appliquée à la lettre
  • Une obsession du sujet du début à la fin
  • Une fluidité dans le propos
  • Des exemples variés et de différentes natures
  • Un usage des documents d’accompagnements à bon escient.

Les – de la copie :

  • Quelques fautes de grammaire ou d’orthographe
  • Des petites erreurs dans certaines références
  • Une 3ème partie un peu plus courte et qui aurait pu comporter de la prospective
  • Le manque d’ouverture dans la conclusion.

Lire plus : Analyse du sujet GEM 2021.

Matthieu Zuili

Étudiant en première année à NEOMA Reims, j'ai à coeur de vous partager ma passion pour la géopolitique et de vous donner les clés pour réussir dans cette matière.

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