L’immigration en Italie

Ciao a tutti ! L’immigration est un thématique majeure à maitriser pour vos concours. Depuis les années 2010, l’Italie, considérée comme une « porte d’entrée dans l’Union Européenne », fait face à une pression migratoire importante.  Ainsi, comment l’Italie arrive-t-elle à répondre à cette pression ? Entre engagement internationaux et dynamiques nationales, voici tout ce qu’il faut savoir sur la question… 

 

Une problématique tant nationale qu’internationale

L’ampleur de la migration en Italie

La question migratoire en Italie est marquée par l’ampleur des arrivées de migrants sur le sol italien. Une île au Sud en fait particulièrement les frais : Lampedusa. Le nombre d’arrivants en Italie a doublé en 2023, totalisant environ 130 000 migrants qui ont débarqué sur les côtes italiennes, selon le média européen InfoMigrants.

Pour autant, ce n’est pas un phénomène nouveau. Les premiers flux migratoires vers l’Italie apparaissent dans les années 60. Le retour des Italiens de Libye ou d’Amérique Latine montre que de nombreux migrants ont une histoire ancienne avec l’Italie. Cependant, après la crise des Trente Glorieuses, les pays européens vont progressivement refermer leur frontière. Contrairement à d’autres pays, l’Italie ne suivra pas cette démarche immédiatement. En effet, l’immigration a permis de compenser l’émigration intensive qu’il y a eu dans le Mezzogiorno.

À partir des années 1990, les flux migratoires préexistants connaissent un renforcement significatif. De nouveaux mouvements migratoires apparaissent en provenance de l’Est de l’Europe, à la suite de la chute du « rideau de fer » et à la dissolution de l’URSS. Un évènement symbolise la création de ces nouveaux flux migratoires : l’arrivée de 20 000 Albanais au port de Bari en Italie.

Dans les années 2010, notamment au tournant 2015, l’Italie se retrouve en première ligne de la crise migratoire européenne. Il Belpaese devient l’une des trois principales portes d’entrée dans l’Union Européenne. L’aide européenne, jugée trop lente, sera par la suite vivement critiquée par les gouvernements successifs italiens.

 

Les opérations maritimes, une collaboration d’acteurs…

À l’échelle nationale, l’Italie intensifie ses opérations en mer Méditerranée, où les opérations de sauvetage sont devenues récurrentes pour les autorités italiennes. Cependant, les naufrages et les pertes humaines restent fréquents. Le 3 octobre 2013, au large de Lampedusa, une embarcation de migrants se retourne et 366 personnes trouveront la mort. Il s’agit de la deuxième plus grande tragédie en Méditerranée du XXIème siècle.

L’Italie reçoit l’aide de l’Union Européenne, notamment par l’intermédiaire de l’agence Frontex. Face à la crise migratoire de 2015, Frontex est renforcée. Cette agence est chargée du contrôle et de la gestion des frontières extérieures de l’espace Schengen. Grâce à sa présence au large des côtes italiennes, 350 000 migrants ont été sauvés en Méditerranée entre 2015 et 2020.

Enfin, l’Italie peut également compter sur l’aide d’Organisations Non-Gouvernementales (ONG). Parmi elles, nous pouvons mentionner entre autres Sea-Eye, Sos Méditerranée et MOAS. Ces organisations opèrent à travers des patrouilles de bateaux humanitaires, tels que l’Ocean Vikings, le Sea Watch 4, ou le Geo Barents.

 

Les actions du gouvernement italien face à cette problématique

 

Gestion des frontières et contrôle de l’immigration

La gestion des frontières et le contrôle de l’immigration sont devenus des préoccupations majeures en matière de sécurité. Confrontée à des flux migratoires constants, l’Italie a conclu de nombreux accords et missions militaires afin de les réduire.

En février 2017, l’Italie et la Libye signent un accord soutenu par l’Union Européenne. À travers cette collaboration, l’Italie souhaite encourager les pays d’Afrique du Nord à intercepter les flux migratoires. Pas moins de 32 millions d’euros ont été envoyés à la Libye depuis la signature de cet accord. Toutefois, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer le traitement inhumain de la Libye qualifiant certains actes de « crimes contre l’humanité ».

En mai 2015, l’opération militaire Sofia est créé par l’Union Européenne dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune. Elle a pour but de stopper le départ de migrants. En 2020, l’opération Irini lui succède, ayant pour mission de démanteler, en collaboration avec la Libye, les réseaux de trafic de migrants et d’êtres humains. En effet, la Libye est devenue une plaque tournante en ce qui concerne ces deux sujets.

 

Impact sur les dynamiques sociales

L’arrivée de migrants sur le territoire italien a des répercussions sur les dynamiques sociales. L’immigration a un rôle à jouer dans la crise démographique italienne. En effet, l’Italie connait une baisse conséquente de sa natalité accompagnée par d’importantes émigrations. De ce fait, l’immigration, souvent composée de jeunes, peut représenter une solution envisageable face à cette crise démographique.

Le marché du travail italien peut également bénéficier de l’immigration. Certains secteurs de l’économie italienne connaissent une faible demande pour certains types d’emplois. Par exemple, selon les données de système d’information Excelsior Unioncamere/ANPAL, pour la période 2023-2027, le secteur de l’industrie aura besoin de 800 000 salariés supplémentaires.

Pour autant, certaines régions connaissent un taux de chômage élevé, et des tensions sociales peuvent apparaître entre les habitants locaux et les migrants. Le taux de chômage des jeunes en 2022 s’élevait à 22% selon les chiffres de l’EURES. L’arrivée de jeunes travailleurs suscite parfois des inquiétudes quant à une potentielle concurrence sur le marché du travail.

 

La question migratoire, le défi politique italien

 

Intégration des migrants

L’Italie, comme de nombreux autres pays, cherche à intégrer les migrants dans sa société. Le programme SRAR, acronyme de « Système de Protection des Demandeurs d’Asile et des Réfugiés », prévoit que les titulaires d’une protection internationale puissent suivre des formations professionnelles et des stages. Cette borsa lavoro (bourse de travail) favorise ainsi l’intégration des migrants dans la société italienne.

Afin de faciliter l’accueil des migrants, l’Italie a mis en place 4 Hotspot, situés à Lampedusa, en Sicile (Pozzallo, Messina) et dans les Pouilles (Tarente). Les migrants y sont accueillis pendant 30 jours, disposant d’une aide humanitaire, sanitaire et des informations nécessaires pour déposer une demande d’asile.

Par ailleurs, le programme Mentoring Migranti vise à faciliter l’accès à l’emploi pour les migrants. Il associe des demandeurs d’asile, des réfugiés et des migrants à un « mentor ». Lancé dans la région de Milan, ce programme permet d’apprendre la langue et la culture italienne.

 

Position de l’Italie au sein de l’Union Européenne et débats politiques internes

Il n’est pas rare d’entendre les gouvernements successifs italiens critiquer la non-participation des autres états membres de l’UE dans la question migratoire. À de nombreuses reprises, l’Italie a appelé les états européens à l’aider à gérer et accueillir les flux migratoires. Cependant, cette question polarise les débats politiques et publics, conduisant parfois à des différends.

Plusieurs évènements ont déjà engendré des tensions entre pays européens alliés. En octobre 2022, le navire Ocean Vikings de l’ONG Sos Méditerranée transportait à son bord 234 migrants sauvés au large des côtes italiennes. Le navire s’est vu refuser l’accès aux ports italiens et le gouvernement italien a demandé au navire de se diriger vers sa voisine, la France. Un bras de fer s’est établi entre les deux pays voisins, provocant un certain froid diplomatique. Le navire a finalement été accueilli au port de Toulon.

En septembre 2023, un différend entre l’Italie et l’Allemagne a empêché la réalisation d’un accord. Cet accord visait à modifier l’organisation de l’accueil de migrants dans l’Union Européenne. L’Allemagne a annoncé cesser l’accueil de migrants venant d’Italie en raison du non-respect par cette dernière de l’accord de Dublin. Cet accord délègue la responsabilité de l’examen de la demande d’asile d’un réfugié au premier pays qui l’a accueilli. Or, il semblerait que l’Italie se soit refusée à faire cela pour un certain nombre de demandeurs. Selon le site DonnéesMondiales, en 2022, 16% des demandes d’asiles en Italie ont été accepté.

Ainsi, la question migratoire italienne a tant des répercussions sur une échelle nationale qu’européenne. C’est un sujet ancien auquel sont confronté les gouvernements successifs italiens. Face à cet enjeu de taille, l’Italie compte sur le soutien des pays membres de l’Union européenne. Mais qu’en est-il de la volonté européenne…

 

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Aubrin Guillot

Étudiant à GEM, passionné par l'Italie et la géopolitique, je vous accompagne jusqu'à vos concours !

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