L’importance du soft power dans la guerre russo-ukrainienne

Dans la guerre qui oppose la puissance Russe à l’Ukrainienne depuis maintenant plusieurs mois, il peut paraître que la bataille de l’opinion soit largement gagnée par le camp Ukrainien. En effet, en tant que victime de l’attaque par son voisin, le pays apparaît comme le « gentil », là où le « méchant » serait la Russie.

Pour autant, le pays de Vladimir Poutine ne s’avoue pas vaincu sur ce plan-là, puisqu’elle répond à toutes les accusations qui peuvent être faites à son égard. Dans cette mesure, nous pouvons nous demander si la victoire de l’Ukraine sur le plan du Soft power contre la Russie est faite.

 

Le Soft power Russe apparaît comme détruit

Nous pouvons tout d’abord constater que le Soft power de la Russie est toujours resté limité. En effet, selon l’historienne Marlène Laruelle, le terme de Soft power a d’abord été inventé pour les Etats-Unis, reléguant la Russie comme secondaire sur ce plan-là. La Russie n’aurait donc jamais eu de Soft power digne de ce nom.

En plus de cela, depuis le début de la guerre en Ukraine, la plupart des sources de Soft power russe ont été réduites à néant ! En effet les journaux internationaux russes Sputnik et Russia Today ont été fermés dans la plupart des pays occidentaux depuis le début de la guerre. Ces canaux servaient à répandre la vision du gouvernement russe sur les évènements d’actualité. Ils étaient donc des sources de soft power importantes, qui se retrouvent réduites à néant depuis le début de la guerre. Le Soft power russe a donc bel et bien du plomb dans l’aile.

Enfin, les méfaits de la Russie dans la guerre jouent en sa défaveur pour ce qui est de son Soft power ! La Russie est ainsi accusée d’avoir bombardé une maternité Ukrainienne le 9 mars. Si le gouvernement s’en défend, le public occidental reste persuadé de la véracité de ces faits, ce qui joue largement en la défaveur de la Russie dans la guerre de l’opinion. Il en est de même au sujet du massacre de Butcha, dévoilé le 2 avril, et dont la Russie dénie évidemment toute responsabilité. La guerre en Ukraine semble donc jouer sérieusement en la défaveur du Soft power russe.

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La Russie maintient tout de même son Soft power

La Russie n’est pas pour autant démunie pour maintenir son Soft power. Ainsi, le 4 mars 2022, le gouvernement a fait passer une loi dite « anti-fake news ». Cette loi a pour but de museler à la fois les médias et le peuple, en interdisant de présenter publiquement toute vision de la situation qui pourrait diverger du discours du gouvernement. Une telle loi permet à la Russie de se couper des sources d’informations étrangères.

De la même façon, le gouvernement a fait fermer Facebook et contraint Twitter à contrôler les tweets visibles en Russie. Un tel contrôle de l’information est de toute évidence un moyen pour le gouvernement russe de lutter contre le soft power étranger sur son territoire.

Pour ce qui est du soft power vers l’étranger, le gouvernement Russe est tranquille à ce niveau-là. En effet, Marlène Laruelle considère que le Soft power Russe à l’étranger est un « soft power de niche ». Ce qu’elle entend par là est que ce soft power ne s’adresse qu’à une population déjà convaincue des bienfaits de Vladimir Poutine, et qui n’arrêtera de le soutenir sous aucun prétexte. Cette base de fidèles est particulièrement forte et le gouvernement Russe peut donc avoir confiance en sa stabilité.

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L’Ukraine renforce son Soft power avec la Guerre

Si la Russie maintient son Soft power, nous pouvons aussi constater que l’Ukraine n’a de cesse de renforcer le sien. En effet, le président Ukrainien, Volodymyr Zelensky se fait particulièrement présent depuis le début de la guerre. Il prend part à des vidéo-conférences dans de nombreux pays pour rappeler la situation Ukrainienne, et que celle-ci ne soit pas oubliée à l’étranger.

En plus de cela, il fait appel dans ses discours à la culture locale de son public pour faire comprendre la situation de l’Ukraine. C’est ainsi que lors de son discours aux Etats-Unis, il a comparé sa situation à celle de Pearl Harbor, faisant appel au pathos pour défendre sa situation. Le président Ukrainien renforce donc le Soft power de son pays, en se faisant passer pour la victime.

Par ailleurs, le discours du président tranche bien de façon à jouer toujours ce rôle de victime. En effet, le dirigeant parle sans cesse de « crimes de guerres » et de « génocides » perpétrés par la Russie. L’ennemi apparaît alors comme un « méchant » absolu et perd alors toute crédibilité. Le président Ukrainien sait ainsi réduire le Soft power de son adversaire à son minimum pour servir le sien.

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