Notation en philosophie : est-ce si subjectif ?

Notes aléatoires, lecture partielle de la copie, jurys trop exigeants, autant de mythes qui planent sur la notation en philosophie. Si les notes obtenues au concours de l’ENS font beaucoup jaser, quelle est la part de vrai et de faux dans les clichés ? La notation en philosophie est-elle purement subjective ? Ne demeure-t-il pas une part éminente d’objectivité au moment d’évaluer la copie ?  Découvrez dans cet article quelle est la part de subjectivité dans la notation en philosophie.

 

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1) Certains paramètres que vous ne maîtrisez pas

Dans le sens où vous êtes évalués par un être humain fait de sentiments, de sensibilité et de convictions, il est évident qu’il demeure une part de subjectivité au moment d’évaluer la copie.Autrement dit, il y a un certain nombre de paramètres sur lesquels vous n’avez pas prise et qui dépendent éminemment de votre correcteur : l’état d’esprit dans lequel il se trouve à l’instant t, mais aussi et surtout ses préférences, ses convictions. À noter qu’une petite part de hasard intervient aussi lors de l’évaluation de votre dissertation : par exemple, peut-être que la note de 14 que vous obtenez en passant derrière une copie médiocre se transformerait en 12 si vous passiez derrière une copie excellente. Il ne s’agit pas de crier à l’injustice ou de prétendre que les notes sont assignées de manière aléatoire, mais bien de reconnaître qu’il y a certains paramètres de notation que vous ne pouvez pas maîtriser.

 

 

2) Ce qui est systématiquement rédhibitoire 

Toutefois, en dépit d’une certaine dimension subjective, la notation repose avant tout sur des critères précis. Autrement dit, il y a des éléments attendus comme des éléments rédhibitoires. Parmi les travers qui garantissent une mauvaise note, se place en tête de liste le hors-sujet : vous pouvez faire montre d’une parfaite maîtrise des références et déployer les exemples les plus percutants, cela ne compensera jamais le hors-sujet. Aussi une mauvaise analyse du sujet vous garantit-elle une note salée.

 

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 3) Ce qui fait systématiquement bonne impression 

Parmi les éléments qui font systématiquement leur petit effet auprès du correcteur : une accroche percutante, une analyse fine et exhaustive du sujet, une conclusion incisive, des références parfaitement maîtrisées et justement citées, etc. Multiplier ces bons automatismes vous garantira finalement les bonnes grâces du correcteur qui, dans de bonnes dispositions, sera enclin à vous mettre une note tout à fait honorabl. Il s’agit ainsi de ne jamais relâcher sa vigilance et de faire montre de toute votre maîtrise de l’exercice de la dissertation du début à la fin de votre copie. Autrement dit, tout miser sur l’introduction et la conclusion ne suffit pas : l’idée selon laquelle le correcteur se limite à lire le début et la fin de votre copie n’est qu’un mythe.

 

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4) En bref : focalisez-vous sur les paramètres que vous maîtrisez

Vous l’aurez compris : la part de subjectivité qui peut exister dans la notation en philosophie est finalement très vite étouffée par des critères beaucoup plus objectifs. Dès lors, une seule recette gagnante : allier pertinence des idées et maîtrise de la forme. L’un sans l’autre ne sera en aucun cas suffisant pour espérer avoir une excellente note. Si vous estimez que les notes obtenues ne sont pas à la hauteur du travail fourni, peut-être pouvez-vous consulter votre professeur pour comprendre l’élément manquant : il est fort à parier que votre correcteur pourra justifier la note par un certain nombre d’arguments (qui peut-être vous échappent encore), aussi s’agit-il de chercher à comprendre quels sont les éléments pris en compte dans la notation.

 

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Il n’est pas question de « chance » en philosophie. Il ne s’agit donc pas de crier à l’injustice ou d’entretenir le mythe d’une notation aléatoire, mais bien de se focaliser sur les critères de notation que vous pouvez maîtriser -l’analyse du sujet, la pertinence des idées, la rigueur de la forme- afin de mettre toutes les chances de votre côté.

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