Lors d’un entretien de personnalité, les candidats redoutent souvent les questions qualifiées comme déroutantes. Ces interrogations, parfois absurdes, provocantes ou personnelles, déstabilisent parce que les candidats ne peuvent pas les anticiper.
Dans son ouvrage 100 fiches pour réussir l’entretien de personnalité, Vivian Nichet-Baux consacre une fiche complète à ce type de questions, expliquant à la fois leurs objectifs, leurs typologies et surtout comment y répondre avec intelligence.
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Qu’est-ce qu’une question déroutante ?
Une question déroutante est une interrogation à laquelle vous n’avez jamais songé et qui vous laisse sans voix. C’est aussi une question qui sort des sentiers battus et vous pousse dans vos retranchements : elle vous oblige à oublier les réponses toutes faites et à faire preuve d’esprit de répartie.
Pourquoi le jury pose-t-il des questions déroutantes ?
Le jury peut être amené à poser des questions déroutantes afin de mesurer tout le potentiel du candidat qui est en face de lui. Ces interrogations permettent d’évaluer notamment :
1) La créativité du candidat
2) Son aptitude à résoudre des problèmes
3) Sa gestion du stress et sa pugnacité
4) Sa capacité à faire preuve de diplomatie et à rebondir dans des situations délicates
5) Son sens de l’humour et/ou de l’autodérision
En définitive, c’est plutôt bon signe lorsque le jury vous pose une question déstabilisante ! Cela signifie généralement qu’il voit en vous un bon candidat et qu’il cherche à voir de façon plus précise quels sont vos points forts.
Types de questions déroutantes
1) Les questions d’ordre de grandeur : fondées sur le principe des estimations de Fermi, ces interrogations conduisent le candidat à bâtir un raisonnement et à formuler des hypothèses afin de parvenir à une approximation la plus proche possible du réelle.
Exemples : « Combien d’accordeurs de piano y a-t-il à New York ? » ou « Combien de vaches y a-t-il au Canada ? ».
2) Les injonctions paralysantes : il s’agit moins d’interrogations que de demandes pressantes de la part du jury visant à tester la réactivité et la capacité de répartie du candidat.
Exemples : « Faites-nous rire ! » ou « Impressionnez-nous ! ».
3) Les questions fondées sur des exagérations : ces interrogations provocantes jouent souvent avec les stéréotypes et invitent le candidat à se défaire de l’image caricaturale dans laquelle le jury fait mine de l’enfermer.
Exemples : « Qu’est-ce qui vous distingue d’une sainte ? » (à une candidate qui a l’air trop sage) ; « Êtes-vous un jeune loup ? » (à un candidat qui paraît très ambitieux).
4) Les questions fantaisistes : ces interrogations métaphoriques ou semi-absurdes obligent le candidat à faire preuve de créativité et à ne pas trop se prendre au sérieux.
Exemples : « Si vous étiez une tomate, que feriez-vous de votre vie ? » ou « Inventez un dialogue entre un sèche-cheveux et un four à micro-ondes ! »
5) Les questions personnelles : elles invitent le candidat à entrer sur un terrain glissant et à évoquer des sujets personnels ou qui relèvent de l’intime. Le candidat doit donc s’efforcer d’y répondre de façon détournée, sans trop se livrer ni exposer ingénument ses failles ou sa vie privée.
Exemples : « Ne manquez-vous pas terriblement de confiance en vous ? » ou « Vous trouvez-vous beau ? ».
6) Les questions métaphysiques : ces interrogations soulèvent des problèmes existentiels auxquels il est difficile de donner une réponse simple et univoque. Le jury s’efforce de voir de cette manière si le candidat a « du fond » et s’il est capable de sortir des discours superficiels et convenus.
Exemples : « Pour vous, quel est le sens de la vie ? », « Qu’est-ce qui fait que vous avez envie de vous lever le matin ? » ou « Quelle phrase aimeriez-vous que l’on inscrive sur votre tombe ? ».
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Conseils pour affronter des questions déroutantes
1) Ne répondez pas du tac au tac et prenez le temps de la réflexion. Vous avez parfaitement le droit de prendre quelques secondes pour construire une réponse pertinente et structurée.
2) Lorsque vous ignorez la réponse à une question, vous avez toujours la possibilité de bâtir une hypothèse pour proposer une piste de réflexion au jury. C’est la qualité de votre raisonnement hypothétique qui sera alors évalué.
3) N’essayez pas toujours de répondre frontalement aux questions d’ordre personnel ou aux injonctions paralysantes. Il faut parfois reformuler les interrogations du jury afin d’aboutir à un questionnement auquel il vous est plus facile de donner une réponse. Par exemple, à la question : « Est-ce que vous vous trouvez beau ? », vous pouvez répondre : « Je ne crois pas qu’il soit nécessaire d’être beau pour travailler plus tard dans une entreprise. En revanche, il me semble important de soigner son image lorsque l’on exerce des responsabilités dans une organisation. »
4) N’hésitez pas à faire preuve d’autodérision. Un candidat capable de sourire de lui-même et de ses petits défauts démontre qu’il a confiance en lui et qu’il ne se prend pas trop au sérieux. Cela apparaîtra aux yeux du jury comme un signe de maturité.
5) Faites preuve de créativité et essayez de vous amuser à « renvoyer la balle » au jury. Une question loufoque appelle généralement une réponse fantaisiste ! L’idée essentielle est de ne pas rester toujours dans le sérieux et la gravité et de savoir changer de ton quand la circonstance s’y prête.


