On s’imagine souvent la prépa comme une aventure solitaire, marquée par la compétition. Et ce n’est pas du tout comme ça que je l’ai vécue. Au contraire, je suis persuadée que travailler à plusieurs, c’est non seulement moins démoralisant, mais aussi plus efficace pour tout le monde. Évidemment, certaines tâches demandent de la concentration individuelle, mais d’autres gagnent vraiment à être partagées. Voici quelques idées de travail solidaire pour gagner du temps ou simplement apprendre différemment.
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1) Mutualiser les fiches
Ça paraît évident, et pourtant… on perd encore trop de temps en prépa à vouloir tout ficher tout seul. Un bon exemple de ce qui peut facilement être mis en commun, ce sont les fiches de civilisation en langues. Pour couvrir tous les thèmes, répartissez-vous le travail dans la classe ou entre amis, et rassemblez vos fiches dans un drive, par exemple. Personnellement, j’aimais bien faire mes propres fiches, comme beaucoup, ça m’aidait à apprendre, mais pour la civi, où l’objectif est plus de puiser des exemples que de réciter par cœur, les fiches mutualisées étaient idéales.
2) S’interroger à l’oral
Quand vous en avez marre de bachoter, que ce soit la veille d’un DS ou pendant la préparation des oraux, interrogez-vous à l’oral entre camarades. Ça peut sembler simple mais c’est un exercice à la fois agréable et très utile. En géopolitique, par exemple, c’était mon rituel la veille des DS : je m’asseyais dans la cour avec une copine, on sortait nos cours ou nos fiches, et on se posait tour à tour des questions sur un événement, un concept, un conflit… Tant que vous n’arrivez pas à expliquer le cours avec vos propres mots, vous aurez du mal à l’écrire correctement le jour J. En plus, entendre la manière dont l’autre comprend ou formule une notion permet d’élargir sa propre vision du sujet. Seule condition : rester concentré. Ça reste du travail, pas un moment pour papoter.
3) Se faire passer des khôlles
Dans la continuité du point précédent, vous pouvez aussi vous organiser des khôlles entre vous, de manière informelle mais en restant structuré. L’objectif n’est pas vraiment d’évaluer, mais bien d’entraîner les deux personnes impliquées : le khôllé travaille son analyse du sujet, mobilise ses connaissances et s’exerce à l’oral, tandis que le khôlleur doit lui aussi maîtriser le fond, rester attentif et formuler des retours pertinents. Faire khôller quelqu’un est parfois encore plus formateur que de passer soi-même. Pour les sujets, piochez dans ceux déjà donnés par vos profs ou cherchez en ligne (par exemple sur Mister Prépa). Mettez-vous dans les conditions réelles – 20 à 30 minutes de préparation, sans aucun documents – et concentrez-vous comme si c’était une vraie khôlle.
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4) Parler entre vous en langues étrangères
C’est tout bête, mais on n’y pense pas assez : essayez, autant que possible, de parler en langue vivante entre vous. C’est un excellent moyen d’améliorer sa fluidité à l’oral sans pression, dans un contexte plus détendu qu’un cours. En plus, ça vous oblige à mobiliser du vocabulaire, à travailler la spontanéité, voire à apprendre à contourner un mot que vous ne connaissez pas (ce qui sera très utile en khôlle). Bien sûr, vous n’allez pas passer vos journées entières à parler en espagnol ou en allemand, mais instaurer des petits moments comme ça, même dix minutes, peut faire une vraie différence sur le long terme. Vous pouvez choisir un thème de débat ou simplement parler de tout et de rien comme vous l’auriez fait en temps normal en français.
5) Débattre en philo à table
On sous-estime souvent à quel point discuter librement de sujets de philo peut aider à mieux penser. Le soir à table (si vous êtes pensionnaires ou interne-externés), lancez un débat autour d’une notion, d’un texte ou d’un sujet de dissertation ; c’est un bon moyen de formuler ses idées et de les affiner. Ce n’est pas grave si ce n’est pas parfaitement structuré, l’essentiel est d’apprendre à énoncer une pensée, à rebondir sur celle des autres et à défendre un point de vue. Vous verrez que certaines intuitions surgissent plus facilement à l’oral, dans l’échange, que seul devant sa copie. Et puis c’est une façon vivante de faire de la philo, sans avoir l’impression de “travailler”.
N’hésitez pas à tester ces façons de travailler à plusieurs, sans culpabiliser. Ce n’est pas du temps perdu, au contraire : en plus de rendre la prépa moins solitaire et plus agréable au quotidien, ces méthodes peuvent réellement booster votre efficacité et vos résultats. Travailler ensemble, c’est aussi apprendre autrement, se motiver mutuellement, et parfois même prendre un peu de plaisir dans un cadre qui en manque souvent.
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