Mister Prépa part aujourd’hui à la rencontre de Charlie et Ettore. Après avoir été admissibles aux oraux de HEC Paris, ils ont réussi à réaliser une fantastique remontada pour être admis dans la célèbre école jovacienne.
Pouvez-vous vous présenter et nous partager votre parcours ?
Charlie : Salut ! Alors, je m’appelle Charlie Vinatier, je suis originaire de Suisse mais j’ai grandi à Paris. J’ai fait ma seconde à Genève et le reste de mon lycée au Lycée Victor Duruy à Paris. En terminale, j’avais les spécialités maths, SES et l’option maths expertes. J’ai ensuite rejoint Hoche à Versailles où j’ai fait deux ans en maths approfondies/ESH.
Ettore : Bonjour à tous, je suis Ettore Carabelli et j’ai passé mon bac au lycée Descartes de Tours avec les spés SES et Maths. Je suis ensuite allé au lycée Hoche en maths appro ESH pour la prépa et je vais intégrer HEC à la rentrée 2026.
Pourquoi avez-vous fait le choix de la prépa après le lycée ?
Ettore : En toute honnêteté je l’ai fait en grande partie pour la prépa elle-même. J’appréciais les maths et l’éco et j’avais envie de continuer et de me challenger. A l’époque je ne savais pas trop ce que je voulais faire de ma vie donc la prépa m’a semblé une bonne voie pour me garder des portes ouvertes en ayant une formation de qualité. J’avoue que le fait d’avoir été retenu dans une prépa renommée a orienté ma décision face à d’autres options au moment des résultats de Parcoursup.
Mon intérêt pour les écoles de commerce a grandi tout au long des deux années de prépa.
Charlie : En terminale, j’avais la chance d’avoir un professeur de maths normalien qui a vraiment renforcé mon goût, déjà présent, pour les mathématiques, et je voulais absolument en faire dans le supérieur. À ce moment-là, je n’avais pas encore de projet professionnel défini ; la prépa me permettait de ne pas me fermer de portes, donc je m’y suis orienté assez naturellement.
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Que vous a apporté la prépa ?
Charlie : Je pense qu’il est assez indéniable que la prépa m’a apporté une rigueur, une organisation et une force de travail que j’aurais difficilement trouvées ailleurs. Mais plus pragmatiquement, l’enseignement en langues y est vraiment excellent, ce qui fait qu’aujourd’hui j’ai des bases solides en anglais et en espagnol, alors que j’étais arrivé très mauvais dans les deux.
Ettore : J’ai appris à travailler, tant en termes de quantité que de qualité, et à toujours essayer de faire mieux. La prépa m’a permis d’atteindre un très bon niveau de langues et les enseignements de langues et d’ESH m’ont permis de mieux comprendre l’actualité et la réalité du monde économique et politique qui nous entoure. La prépa ECG est très liée à l’actualité et à la politique, ce qui est très intéressant même pour après la prépa.
Je suis aussi parti vivre seul ce qui m’a rendu beaucoup plus autonome et m’a fait grandir sur le plan personnel. La prépa m’a beaucoup changé, que ce soit par la vie seul ou les enseignements dispensés qui me font mieux comprendre le monde.
Contrairement à ce que je pensais la prépa n’a pas été un moment de solitude mais j’ai connu beaucoup de personnes, entre concurrence saine et entraide, ce qui m’a permis d’avoir un grand groupe de très bons amis. On est liés par les galères de la prépa qu’on a vécues ensemble.
Comment se sont déroulés les concours écrits ? Quelles sont les notes qui vous ont permis d’être admissible à HEC Paris ?
Ettore : Je suis arrivé très confiant pour les écrits. Je venais de tout revoir et mes notes lors des derniers contrôles étaient très bonnes. Lorsque j’ai passé les concours j’ai eu l’impression d’avoir fait des prestations excellentes dans chaque matière. A posteriori (et avec les notes en main) je me rends compte que cette confiance m’a peut-être porté préjudice, surtout en dissertation où je suis peut-être parti trop loin sans assez analyser le sujet. Tout comme Charlie je n’ai pas assez fait attention à ma calligraphie et je pense que ça m’a desservi. Je suis finalement admissible grâce à un double 20 en maths et 14 et 15 en langues.
Charlie : Personnellement, j’étais assez stressé, mais je me sentais prêt et bien préparé. Cependant, avec le stress, je savais que je n’arrivais pas à m’appliquer sur ma graphie, alors que je savais que j’écrivais déjà très mal, ce qui je pense m’a porté préjudice, notamment sur les épreuves de dissertation, où j’ai le plus sous-performé. Au final, je finis admissible grâce à un double 20 aux écrits de maths d’HEC et un 18,6 en LV1 anglais.
Vous avez passé les oraux d’HEC : quelles sont les épreuves et leurs spécificités ?
Charlie : Les oraux d’HEC sont les plus spécifiques de tous. On en compte six : les mathématiques, l’HGG/l’ESH, les deux langues, ainsi que la culture générale et le triptyque.
En langues, vous disposez de 20 minutes de préparation sur un texte d’actualité, puis, à chaque fois, de 2 à 3 minutes de résumé du texte et de 5 à 6 minutes de commentaire. Il y a ensuite un court échange avec le jury (2 à 3 minutes). Vous remarquerez que c’est donc très court et qu’il faut faire ses preuves vite.
En ESH, c’est vraiment comme en colle : on prépare un sujet pendant 30 minutes (j’étais tombé sur « Investissement et consommation : deux objectifs incompatibles de la politique économique ? »), puis on a 10 minutes d’exposé, suivies de quelques questions sur le sujet et sur notre exposé. La petite spécificité, c’est qu’ils enchaînent avec une question sans préparation : c’est une question un peu aléatoire sur le programme, pour voir si vous connaissez bien votre cours. Avec mes camarades, on a eu des questions comme le taux d’ouverture et de fermeture de la firme, la concurrence, etc., mais il y a aussi des choses un peu moins courantes, comme le saint-simonisme, qui sont tombées.
La culture générale : c’est une grande spécificité d’HEC. On tire au sort un sujet qu’on prépare pendant 30 minutes (personnellement, j’avais eu « Garder le meilleur pour la fin »). S’ensuit un échange avec le jury, avec des questions sur les références, etc. C’est l’oral avec la moyenne la plus basse (10,2 de mémoire), et certains jurys sont très déstabilisants ; je me souviens par exemple d’un jury qui me disait en face que certaines choses étaient hors sujet et que les autres références étaient mal utilisées, etc.
Le triptyque : là encore, c’est une épreuve spéciale où un candidat prépare pendant 15 minutes un sujet portant souvent sur un débat de société. Il fait ensuite un exposé de 4 minutes avec trois arguments pour défendre sa thèse, ce qui débouche sur 5 minutes de débat avec un répondant, le tout sous l’œil des observateurs, qui auront ensuite un entretien avec le jury. Ce n’est pas une épreuve très compliquée (d’où la moyenne élevée, environ 12,8) : faites simplement preuve de logique, prenez en compte les arguments de l’autre, essayez de nourrir un débat fertile et de trouver des compromis.
On finit avec les maths (approfondies) : on prépare pendant 30 minutes, dans une salle, un sujet qui commence par une question de cours (pas de démonstration, juste l’énoncé d’un théorème ou d’une définition). Cette question de cours est primordiale : vous ne pouvez espérer une bonne note sans elle, mais elle n’est bien sûr pas suffisante. Elle constitue aussi souvent une indication pour une question de l’exercice. À la fin des 30 minutes, vous aurez 20 minutes face à un jury pour exposer ce que vous avez trouvé ; il n’est pas du tout nécessaire de finir l’exercice pour avoir une bonne note : si votre exercice est très difficile, faire une ou deux questions peut déjà vous emmener à 17 ou plus. À la fin de ces 20 minutes d’exposé, vous aurez un nouvel exercice, beaucoup plus court, que vous n’aurez pas préparé ; l’intérêt pour le jury est de vous voir réfléchir en direct au tableau, donc l’important est de garder son sang-froid, même si l’exercice précédent s’est mal passé.
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Comment les préparer au mieux ?
Ettore : Je pense qu’il faut se concentrer sur les spécificités de chaque épreuve pour bien performer (comme écrits d’ailleurs). Toutes les révisions doivent être tournées vers la spécificité de l’épreuve. Par exemple les fiches d’éco doivent être revues dans l’optique d’une utilisation aux oraux, mises en lien avec des thèses opposées ou plus nuancées, pour que le jour J on ne doive pas trop perdre de temps à relier les idées (surtout que la préparation n’est que de 30 minutes à l’oral).
Pour prendre un autre exemple, en langues il convient de préparer une liste de mots/structures hyper utiles pour résumer un texte et pour donner son opinion, on n’a que 15 minutes de passage en langues, donc chaque structure doit être consciencieusement choisie. Il faut aussi faire beaucoup d’annales, en maths parce que les questions retombent, en esh pour avoir des plans/problématiques en tête, en langues pour s’entrainer à caler le vocabulaire précis et les structures (on peut prendre des articles récents en langue), et en CSH pour s’entrainer à s’en sortir même quand on n’a rien à dire. Des révisions « généralistes » où on travaille la matière mais pas l’épreuve spécifique ne sont pas extrêmement efficaces.
Pour le triptyque, la chose la plus simple est de prendre une heure avec des amis et de le faire sur un ton amical/calme et pas trop sérieux, car c’est exactement ce qui est demandé aux oraux. C’est aussi intéressant de débriefer en groupe
Charlie : Pour les maths, je conseille de faire les annales : c’est vraiment utile de s’entraîner à ce format assez particulier, donc vous pouvez faire celles d’HEC et d’ESCP. Une semaine avant votre passage, si vous êtes admissible à HEC, je vous conseille de revoir intégralement le cours et surtout les hypothèses des énoncés à chaque fois, pour être sûr à 100 % de ne pas rater votre question de cours.
Pour l’ESH, personnellement, je suis allé voir les sujets des années précédentes et, en fonction de ceux-ci, j’approfondissais ce qui était peu ou pas présent dans mon cours, comme le syndicalisme et d’autres sujets de ce genre.
Pour les langues, il est très important de suivre l’actualité entre les écrits et les oraux, et je conseille aussi de beaucoup s’entraîner, avec des professeurs si vous en avez la chance, sinon avec des amis ou des proches meilleurs que vous.
Les triptyques sont assez simples à préparer : il suffit de trouver deux camarades motivés et de prendre les annales des années précédentes. Pour ma part, je n’en avais fait qu’un après les écrits, car je trouvais que ce n’était pas l’oral où il y avait le plus de valeur ajoutée à s’entraîner en amont.
Pour la culture générale, mon conseil est d’être curieux : fouillez dans les domaines que vous maîtrisez moins, allez au musée, au théâtre, lisez. Ce qui est important, c’est aussi de dépoussiérer tout ce que vous connaissez déjà et que vous avez un peu oublié, typiquement les œuvres que vous avez vues pour le bac de français ou les philosophes que vous avez étudiés en terminale.
Lorsque vous découvrez que vous êtes admis à HEC Paris, quelle est votre émotion à ce moment précis ?
Charlie : Franchement, beaucoup de joie et de soulagement après un tel marathon ; c’est la récompense de deux ans de dévouement intense. J’ai directement appelé mes parents, puis on a appelé les copains de la prépa. On a vu que tous nos potes admissibles avaient converti leur admissibilité, donc on intègre en groupe, et ça c’est génial.
Ettore : Je n’étais pas extrêmement stressé avant les résultats d’admission car je savais que ça allait être difficile, et je m’étais préparé à ne pas l’avoir. Lorsque j’ai essayé de me connecter le site a buggé et m’a fait attendre un peu, c’est là que le stress est monté. Ensuite quand j’ai vu le résultat j’ai sauté de joie et je suis allé voir ma famille. J’étais très heureux d’être pris et surtout choqué de mon classement, je crois que j’ai rechargé la page une dizaine de fois pour être sûr.
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Comment expliquez-vous cette remontée hors norme ?
Ettore : Je suis arrivé aux oraux extrêmement motivé, car je savais que je pouvais remonter, et cette motivation a été accentuée par ma méforme à l’oral de CSH. Je l’avais beaucoup travaillé et ça s’est mal passé, ça m’a donné beaucoup d’envie pour les autres oraux. J’y allais en me disant que j’avais peu de chance d’avoir HEC mais je voulais faire des grosses prestations pour garder un espoir, je me disais que je n’avais plus rien à perdre. Les trois oraux d’après ont été les meilleurs des 2 ans, j’étais libéré et je parlais vraiment à mon aise, ce qui a beaucoup aidé en triptyque (où j’étais d’habitude plutôt tendu), en anglais et en maths. Il me semble que le fait de parler calmement et sans stress permet d’avoir un bon rapport avec l’examinateur et donne l’impression que le sujet est maîtrisé.
Charlie : Je pense que cela s’explique surtout par le fait que j’avais sous-performé aux écrits, mais aussi que j’avais beaucoup travaillé les oraux d’HEC : j’avais fait quasiment toutes les annales de maths sur bien dix ans, j’étais même allé faire des exercices de scientifiques sur les parties que notre programme me permettait d’aborder. J’ai aussi eu la chance de passer en dernière session à HEC, donc j’avais eu le temps de passer l’ENSAE, l’ESSEC et l’ESCP avant, donc j’étais bien en jambes pour HEC.
Des conseils pour les étudiants qui sont en vacances entre les deux années de prépa ?
Charlie : Je vous conseille de faire des maths et des langues. Personnellement, j’avais bien revu toute la première année de maths, donc j’étais au point pour entamer la 2A, et j’en ai profité pour combler mes lacunes en langues : je me mettais vraiment des tunnels. Je pense que ce sont les matières les plus pertinentes pour l’été, mais n’oubliez pas de vous reposer aussi si vous en sentez le besoin !!
Ettore : Je pense qu’il est très important de se reposer, à la fois au sens de garder un sommeil stable mais aussi garder des temps pour un peu de divertissement. La prépa c’est exténuant physiquement et psychologiquement, la deuxième année l’est encore plus, ce serait bête de manquer d’énergie fin décembre ou en janvier/février quand ça compte le plus. Un autre point extrêmement important est de finir et maitriser le programme de première année. La deuxième année va à toute vitesse (surtout si on veut faire beaucoup d’annales) et on n’a pas le temps de revenir sur les faiblesses de 1A, en plus on construit sur les bases de 1A donc si elles ne sont pas solides on est vite perdu. J’ai personnellement trainé un retard en ESH (le dernier chapitre de première année) jusqu’à une semaine des concours, et je ne l’ai jamais réellement rattrapé faute de temps.
L’été est aussi le seul moment où on peut combler de gros retards en langues, donc pour ceux qui ont du mal il faut le faire (et c’est aussi la matière la moins embêtante à travailler en vacances), surtout qu’on n’a pas beaucoup de temps pour les langues en 2A.
Certains essayent de s’avancer en ESH/HGG ou en philo et c’est intéressant mais je crois vraiment que la priorité est le repos et la reprise de la 1A.
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Le mot de la fin :
Charlie : Il y a toujours des surprises au concours, donc ne vous reposez jamais sur vos acquis d’une part, et d’autre part, ne perdez jamais espoir là où vous êtes moins bon. Ne surestimez pas non plus les autres étudiants : rares sont les écarts de niveau irrattrapables, alors ayez confiance et restez concentré le travail payera toujours.
Ettore : Je trouve qu’arriver aux concours serein est déterminant pour bien performer. Pour y arriver serein il faut avoir bien travaillé et fait beaucoup d’annales, ce n’est pas quelque chose qui s’improvise le jour J.
Il est très important de travailler toutes les matières, car une sous-performance dans l’une est vite arrivée. La seule matière qui est stable au niveau des notes, ce sont les maths, et ça fait encore plus de différence à l’oral qu’a l’écrit. Nous proposons d’ailleurs avec Charlie des cours particuliers pour des élèves en ECG qui souhaitent faire des maths un atout d’intégration, n’hésitez pas à nous contacter.

