Le Costa Rica est souvent considéré comme un de États les plus démocratiques et les plus avancés sur les questions sociales et environnementales en Amérique latine. Dans cet article, nous te présentons l’histoire de ce pays et les enjeux actuels auxquels il est confronté.
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Panorama historique du Costa Rica
Le Costa Rica est colonisé par l’Empire espagnol en 1570. Il faudra attendre 1821 pour que le pays proclame son indépendance, et ce par consensus, ce qui en fait une exception sur le continent. En 1823, le Costa Rica devient une république démocratique.
Les premières lois sociales apparaissent au milieu du XXe siècle. Par exemple, en 1941, est votée la loi sur les garanties sociales. Elle instaure des mesures progressistes pour l’époque, comme la journée de 8h de travail, le salaire minimum ou encore un système de sécurité sociale. La même année, le droit de vote est accordé aux femmes. L’Etat poursuit sur cette lancée en déclarant l’abolition de l’armée en 1949. C’est le premier pays du monde à prendre cette décision et à l’inscrire dans sa Constitution.
Cependant, le pays connaît aussi quelques difficultés dans son développement. A partir de 1980, le Costa Rica traverse une crise économique d’une grande sévérité. La dette extérieure s’élève à 3 milliards de dollars et le taux de chômage grimpe à 10% de la population active.
En 1986, Oscar Arias Sanchez devient président de la République. Sa figure marquera grandement l’Etat, puisqu’en 1987, il reçoit le Prix Nobel de la Paix. Grand défenseur du pacifisme, il a organisé de nombreuses rencontres avec les pays voisins afin de mettre en place un plan de paix et libérer la région de l’influence étrangère. Grâce à ce plan, des accords qui ont mis fin aux combats dans la région ont été signés. Oscar Arias Sanchez a employé cette récompense afin de créer la Fondation Arias, qui vise à promouvoir la paix et le progrès de l’humanité dans le monde.
Une autre élection qui a marqué le Costa Rica est celle de Laura Chinchilla en 2010. En effet, il s’agit de la première femme à occuper ce poste. Cependant, elle applique une politique conservatrice (alors que son parti est catégorisé comme social-démocrate), ce qui lui vaut une grande impopularité.
Depuis 2021, le pays est gouverné par Rodrigo Chaves, à la tête du Parti progrès social démocratique (PPSD). Sa présidence est source de controverses, puisqu’il remet en question la lutte contre le changement climatique comme étant une priorité. De plus, il est actuellement jugé pour corruption.
Le progrès social au Costa Rica
Le Costa Rica est connu pour ses politiques sociales et progressistes, et ce dans de nombreux domaines. Comme il ne possède pas d’armée, le pays reverse le budget de l’armée dans les infrastructures publiques pour la santé et l’éducation.
L’Etat affiche des indicateurs très positifs quant à ces deux derniers domaines. En effet, il possède le système de santé le plus performant d’Amérique Latine, avec un investissement de 9,3% du PIB dans ce système chaque année par le gouvernement. L’espérance de vie y est par conséquent élevée, puisqu’elle est de 80 ans. De plus, le taux d’alphabétisation y est de 97%, un chiffre très élevé comparé à ses voisins.
Son économie diversifiée explique aussi la stabilité du pays. L’économie repose en grande partie sur l’agriculture, les industries de haute technologie, les services financiers, ainsi que le tourisme. Ce dernier a commencé à se développer à partir des années 1970 et, jusqu’aujourd’hui, le pays continue à être une destination attractive.
La protection de l’environnement : un enjeu majeur pour le Costa Rica
Le Costa Rica s’est rapidement installé comme un pionnier de la protection environnementale. En 1994 est créé le SINAC (système national d’aires de conservation). Cette organisation vise à protéger les espaces naturels, mais également les lieux de recueillement des populations indigènes locales, les Bribris. Aujourd’hui, c’est plus de 25% du territoire qui est classé, à travers 27 parcs nationaux et de nombreuses réserves naturelles.
Le Costa Rica a donc développé l’écotourisme, en finançant des programmes environnementaux et de sensibilisation à la préservation de la nature. De plus, plus de 99% de l’électricité du pays est produite à partir d’énergies renouvelables, notamment grâce à des barrages hydroélectriques et des centrales géothermiques.
En 2018, l’accord d’Escazú est adopté au Costa Rica. Il s’agit d’un traité qui fait suite à la Conférence des Nations unies sur le développement durable. C’est le premier traité du monde à inclure des mesures pour le droit des activistes environnementaux. A destination des États en Amérique latine, il a été signé par 24 États (dont évidemment le Costa Rica) et il est entré en vigueur en 2021.
Cependant, les objectifs de neutralité carbone sont menacés depuis le début de la présidence de Rodrigo Chaves. Ce dernier a refusé de ratifier l’accord d’Escazú, qu’il jugeait trop contraignant pour le secteur privé. Il a également annoncé vouloir reprendre l’exploitation du pétrole et des ressources minières, alors que cette pratique avait été arrêtée depuis des années.
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