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Victoire inespérée de Javier Milei

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Javier Milei une révolution anarcho-capitaliste en Argentine

La victoire électorale obtenue par Javier Milei lors des élections de mi-mandat en Argentine a surpris une grande partie des observateurs politiques. Alors que la moitié de la Chambre des députés et un tiers du Sénat étaient renouvelés, le parti du président est parvenu à s’imposer avec plus de 40 % des voix, dépassant largement les 31 % recueillis par la coalition péroniste. Le gouvernement est sorti majoritaire dans 16 des 24 juridictions du pays, y compris dans la province de Buenos Aires, traditionnellement considérée comme l’un des bastions les plus solides du péronisme. Ce résultat est d’autant plus remarquable que, lors des élections législatives provinciales précédentes, l’opposition y avait obtenu plus de treize points d’avance.

Bien que Javier Milei ne bénéficie toujours pas d’une majorité absolue au Congrès, cette progression lui assure une position plus favorable pour négocier ses projets de réformes économiques avec les autres forces politiques. Il pourra ainsi chercher des alliances ponctuelles pour faire avancer son programme. Beaucoup qualifient ce résultat d’inespéré, en raison du contexte dans lequel il survient : une situation économique délicate, marquée par une baisse du pouvoir d’achat et par une série de scandales de corruption qui laissaient présager une perte de soutien pour le gouvernement. Dans cet article, Mister Prépa t’explique comment Javier Milei est parvenu à remporter les dernières élections malgré ces obstacles.

Lire plus : La défaite de Javier Milei face aux péronistes

 

La peur du retour au passé : un moteur électoral

Lorsque Javier Milei accède à la présidence, l’Argentine se trouvait confrontée à sa troisième crise économique en quatre décennies. Dès le début de son mandat, il met en œuvre un programme d’austérité radical, inspiré de principes ultra-libéraux. Certaines de ces mesures ont produit des effets mesurables : l’inflation, qui atteignait 25 % en décembre 2023, a été progressivement réduite jusqu’à environ 2 %. Le taux de pauvreté, qui avait explosé à plus de 52 % pendant les premiers mois de son mandat, est redescendu autour de 31,6 %. En parallèle, le pays a enregistré en 2024 son premier excédent budgétaire depuis plus de dix ans, résultat direct des coupes budgétaires opérées par le gouvernement.

Cependant, ces indicateurs macroéconomiques ne reflètent qu’une partie de la réalité quotidienne des Argentins. Les revenus des ménages ont subi une forte contraction, entraînant un appauvrissement généralisé. Le coût de la vie, déjà élevé, est devenu particulièrement difficile à supporter pour les classes moyennes et populaires. Beaucoup ont vu leur niveau de vie se détériorer rapidement, alimentant un climat de mécontentement social.

À cela s’ajoutent les scandales de corruption qui ont éclaboussé le gouvernement. L’un des plus retentissants est lié à une cryptomonnaie que Javier Milei avait publiquement promue, avant que le projet ne se révèle être une vaste arnaque affectant des milliers d’investisseurs. Un autre scandale impliquait une affaire de pots-de-vin dans une agence d’État, dans laquelle le nom de Karina Milei, sœur du président, a été mentionné. Malgré ces controverses, une partie importante de la population a choisi de maintenir sa confiance au président.

Pour de nombreux électeurs, l’alternative péroniste manquait de crédibilité. La mémoire du passé récent, marqué par les crises financières, la corruption et l’instabilité sous les gouvernements péronistes, notamment durant la période kirchnériste, a fortement pesé dans le choix des électeurs. L’ancienne présidente Cristina Fernández de Kirchner continue d’être associée à de multiples scandales, et plusieurs des candidats de l’opposition représentaient cette continuité dont beaucoup d’Argentins ne voulaient plus. Face à cette certitude du passé, même si elle était rassurante pour certains, une partie de l’électorat a préféré miser sur l’incertitude que représente Javier Milei, perçu comme un candidat « anti-système ».

Le rôle déterminant du soutien de Donald Trump

Un autre élément ayant influencé les résultats électoraux est le soutien direct de Washington au gouvernement argentin, un soutien largement dû à la proximité idéologique entre Javier Milei et Donald Trump. Peu avant les élections, les États-Unis ont approuvé un mécanisme de coopération financière reposant sur une ligne de swap de 20 milliards de dollars. Un tel accord, permettant à deux banques centrales d’échanger leurs monnaies à un taux prédéfini, a contribué à stabiliser le peso argentin et à limiter les risques de dévaluation massive.

Ce soutien international a servi de signal positif pour les investisseurs et a permis de réduire la pression économique dans les semaines précédant les élections. Plusieurs analystes soulignent que cette aide avait été explicitement conditionnée à la continuité du programme économique de Milei, ce qui a renforcé l’idée que son maintien au pouvoir était nécessaire à la stabilité du pays. L’influence de Trump et le poids géopolitique des États-Unis ont donc joué un rôle non négligeable dans la perception que les électeurs ont eue de la situation économique.

 

Les divisions internes du péronisme : un avantage pour Milei

La victoire du gouvernement dans la province de Buenos Aires a été sans doute l’un des chocs politiques les plus inattendus de ce scrutin. Quelques mois plus tôt, l’opposition péroniste y avait triomphé lors des élections locales, laissant présager une défaite sévère pour Milei. Le péronisme, profondément enraciné dans la province, comptait sur la popularité du gouverneur Axel Kicillof pour consolider son influence à l’échelle nationale. Ce dernier était d’ailleurs considéré comme un potentiel rival sérieux pour l’élection présidentielle de 2027.

Pourtant, ce soutien ne s’est pas matérialisé. Les divisions internes du péronisme, incapables de présenter un projet clair et unifié, ont affaibli leur position. Beaucoup d’électeurs ont reproché à l’opposition l’absence de propositions concrètes, jugées insuffisantes face à la gravité de la crise. Le contraste avec le discours tranché et radical de Milei, aussi controversé soit-il, a favorisé le président sortant.

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Piotr Sienicki