À travers le témoignage de François-Xavier Mazevet, ancien élève de prépa MP option informatique à Saint-Stanislas de Nantes aujourd’hui à emlyon business school, Mister Prépa vous propose une plongée dans un parcours atypique mais de plus en plus fréquent : celui d’un scientifique qui choisit finalement une école de commerce. Entre réflexion personnelle, découverte progressive de ses affinités et préparation des concours, il revient sur les raisons de sa transition et sur ce que la prépa lui apporte encore aujourd’hui.
Choisir la voie scientifique : entre appétence pour les maths et projet initial d’ingénieur
François-Xavier Mazevet a suivi une prépa MP option informatique à Saint-Stanislas, à Nantes, avant d’intégrer emlyon business school. Son parcours, construit sur un goût affirmé pour les mathématiques et sur un projet initial orienté vers les statistiques, trouve sa source dès la terminale. Il explique avoir choisi la voie scientifique en raison de ses affinités pour les mathématiques et d’un profil très orienté vers les matières quantitatives, avec en spécialité mathématiques expertes et physique. Même s’il aimait peu la physique, il s’en sortait bien et voyait dans cette voie la possibilité de s’orienter vers l’ENSAE pour travailler plus tard dans le domaine des statistiques. Il précise toutefois qu’il gardait déjà un intérêt pour une discipline éloignée de la filière MP : la géopolitique, découverte grâce au programme de première.
Le passage des concours des écoles de commerce n’était pas prévu dès le départ. Il explique les avoir envisagés d’abord comme un simple entraînement avant les concours des écoles d’ingénieurs. Sa priorité restait l’ENSAE, mais il regardait l’EDHEC et emlyon comme des alternatives possibles. Cette perspective change brusquement au moment des résultats d’admissibilité : il manque l’ENSAE de peu. Lorsque l’occasion d’intégrer une grande école de commerce se présente, il saisit cette possibilité en considérant qu’elle permettait de viser des débouchés très proches de ceux qu’il recherchait initialement, tout en laissant derrière lui la physique, qu’il n’avait jamais réellement appréciée.
Il souligne que son attrait pour les écoles de commerce tient aussi à un ensemble de qualités personnelles qu’il avait envie de développer : l’aisance relationnelle, la capacité à bien présenter ou encore les compétences managériales. Tout cela lui semblait complémentaire à sa formation scientifique, dont il loue la solidité, mais qui ne répondait plus entièrement à ses aspirations.
Au moment de faire un choix entre les écoles auxquelles il était admissible, son hésitation est inexistante. Il précise n’avoir rencontré aucun obstacle, ni familial ni personnel, au moment de basculer vers une école de commerce.
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De l’EDHEC à emlyon : un choix d’ambiance, de projet et de polyvalence
Entre l’EDHEC et emlyon, son choix s’opère assez naturellement. Il reconnaît la réputation de l’EDHEC en finance mais explique que les mathématiques très poussées associées à la finance quantitative ne l’intéressaient plus. emlyon lui apparaît comme une école plus généraliste, avec un esprit entrepreneurial qui correspond davantage à son tempérament. Il ajoute avoir préféré l’ambiance des oraux de emlyon, ainsi que le prestige relatif de Centrale Lyon par rapport à Centrale Lille pour un éventuel double diplôme.
Concernant la préparation des concours, il décrit une transition relativement fluide. Les écrits de l’ENS, de l’EDHEC ou de emlyon reposaient pour lui sur le programme de prépa scientifique, ce qu’il qualifie de tranquille pour un élève de MP. Les seules vraies remises à niveau concernaient l’anglais et le français, pour lesquels il a surtout travaillé la méthodologie. Pour les oraux, il identifie deux épreuves majeures : l’anglais et surtout l’entretien, doté d’un coefficient qu’il juge déterminant. Il s’y est donc investi sérieusement et conseille aux candidats d’être eux-mêmes tout en préparant avec rigueur les questions classiques : pourquoi emlyon, projection professionnelle, personnalité admirée, expériences marquantes, ou encore questions inattendues comme celle des analogies.
Il estime que certaines compétences acquises en prépa lui servent quotidiennement : la logique, la rapidité d’analyse et la capacité à formuler rapidement des réponses argumentées. En école de commerce, il découvre néanmoins un environnement où d’autres compétences deviennent essentielles : le travail de groupe, l’importance accordée à l’apparence, la place des sciences sociales, du marketing et les nombreuses présentations orales. Cette adaptation lui a demandé un changement de posture mais il insiste sur l’intérêt d’avoir pu élargir son spectre de compétences. Il souligne aussi le contraste entre l’intensité de la prépa et la vie étudiante beaucoup plus sociale en école de commerce.
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Une nouvelle vie en école de commerce et un projet tourné vers l’audit et le double diplôme
Son intégration à emlyon est immédiate. Il ne ressent aucune différence liée à son parcours scientifique et utilise même ses connaissances pour apporter une valeur ajoutée dans certains cours, notamment ceux consacrés au développement durable, où sa maîtrise de la physique et de la chimie l’aide à intervenir avec pertinence.
Avec le recul, il identifie plusieurs atouts fondamentaux de son passage par une prépa scientifique : une base solide en mathématiques, une culture scientifique robuste, et surtout la rigueur, qu’il perçoit comme un avantage considérable. En contrepartie, il note une limite : la perte de motivation lorsqu’il ne se voyait pas poursuivre une carrière liée à la physique.
Pour les élèves de prépa scientifique qui hésitent à passer les concours de commerce, il recommande de tenter les concours, car même en cas d’admission en école d’ingénieurs, ils constituent un excellent entraînement. Et si finalement l’étudiant n’obtient pas mieux, les écoles de commerce restent une option solide et accessible. Il invite également à bien maîtriser la méthodologie des épreuves.
Aujourd’hui, son projet professionnel passe par un premier stage en audit, qu’il perçoit comme un secteur formateur et riche en opportunités. Il envisage également de tenter le double diplôme avec Centrale Lyon, qu’il considère comme l’une des meilleures combinaisons possibles entre formation scientifique et managériale. Il souligne enfin l’immense diversité de métiers accessibles après une école de commerce.
Il conclut en partageant l’un de ses plus beaux souvenirs : la présentation d’un projet marketing pour L’Oréal Paris, qui lui a donné le sentiment concret de se professionnaliser et d’avoir trouvé la voie qui lui correspond.
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