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Redéfinir les relations Italie-Afrique : le rôle du Plan Mattei

Sommaire

Vous avez une colle en italien sur la place de l’Italie dans le monde, sur son économie, sur les relations entre l’Italie et l’Afrique ou encore sur l’immigration italienne ? Cet article est fait pour vous ! Le Plan Mattei est particulièrement intéressant et constitue un exemple parfait pour illustrer et argumenter vos dissertations ou vos exposés.

 

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Qu’est-ce que le Plan Mattei pour l’Afrique ?

Le Plan Mattei pour l’Afrique a été lancé en janvier 2024 par le gouvernement italien dirigé par Giorgia Meloni, lors d’un sommet Italie-Afrique à Rome. Son nom rend hommage à Enrico Mattei, ancien patron du groupe pétrolier italien ENI, connu dans l’après-guerre pour sa politique énergétique et ses partenariats avec des pays africains.
L’objectif déclaré du plan est de redessiner les relations entre l’Italie (et plus largement l’Europe) et le continent africain, non plus comme une relation fondée sur le paternalisme, mais sur des partenariats économiques, industriels et stratégiques durables, fondés sur un principe « gagnant-gagnant ».

Le budget initial annoncé du plan est de 5,5 milliards d’euros. Il était prévu de commencer avec neuf pays « pilotes », mais le plan a été étendu en 2025 à quatorze pays africains.

 

Objectifs et piliers du Plan Mattei

Le Plan Mattei s’articule autour de plusieurs secteurs prioritaires : énergie, infrastructures, agriculture, formation/éducation, santé et, de façon plus transversale, la coopération économique et institutionnelle entre entreprises italiennes, États africains et institutions financières.

Plus concrètement :

  • Investissements productifs et coopération économique : des entreprises italiennes sont appelées à s’engager dans des projets en Afrique. Par exemple, un accord entre le groupe aérospatial Leonardo et l’agro-industriel BF (Bonifiche Ferraresi) a été signé pour des projets agricoles. L’idée est d’utiliser des technologies (notamment satellitaires via Leonardo) pour optimiser l’usage des terres, l’irrigation, la gestion de l’eau et la productivité agricole.
  • Formation et renforcement des compétences locales : le plan prévoit des initiatives de formation en lien avec les besoins des projets, de l’énergie à l’agro-industrie, afin de développer des cadres locaux capables de piloter des projets complexes.
  • Infrastructures et développement durable : modernisation des réseaux, projets dans l’énergie, l’eau, la logistique, etc.
  • Une ambition politique : réduire les causes de la migration : le plan est également présenté comme un moyen de lutter contre l’immigration clandestine en soutenant le développement local et en offrant des perspectives économiques aux populations africaines pour réduire le besoin de migrer. 

 

Mise en œuvre, partenariats et expansion du programme

À l’origine, neuf pays africains étaient retenus comme pays « pilotes », parmi lesquels des pays d’Afrique du Nord (Algérie, Tunisie, Maroc, Égypte), mais aussi des pays d’Afrique subsaharienne (Côte d’Ivoire, Kenya, Éthiopie, Mozambique, République du Congo).
En 2025, le plan a été étendu à cinq nouveaux pays : Angola, Ghana, Mauritanie, Sénégal et Tanzanie, portant le nombre total à quatorze.

Pour financer les projets, l’Italie collabore avec des institutions financières africaines, en particulier la African Development Bank (BAD / AfDB). Un accord a été signé afin de mobiliser des capitaux pour des infrastructures, l’agriculture, les énergies renouvelables, l’éducation, etc.
Le plan se veut « un pont » entre l’Europe et l’Afrique, et il est envisagé en synergie avec l’initiative de l’Union européenne Global Gateway, l’idée étant de coordonner les efforts européens et italiens pour maximiser l’impact.

 

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Critiques, limites et points de vigilance

Malgré son ambition, le Plan Mattei suscite des doutes et des critiques, tant en Afrique qu’en Europe :

  • Engagement limité jusqu’à présent : bien que 5,5 milliards d’euros aient été annoncés, les rapports publics indiquent que moins de 2 milliards d’euros ont effectivement été engagés pour des projets concrets — sous forme de dons, de prêts, de garanties ou d’investissements.
  • Questions sur la gouvernance, la transparence et la sélection des projets : certains observateurs soulignent un manque de clarté sur les critères de choix, la participation réellement locale et la priorisation des besoins africains.
  • Doute sur la dimension « égalité » du partenariat : pour des pays ou institutions africaines, la rapidité de la mise en place du plan et le peu de consultation préalable ont pu donner l’impression d’une initiative italienne, plus qu’un projet co-construit.
  • Tension entre objectifs de développement et finalité migratoire : beaucoup craignent que le plan serve avant tout comme un instrument de politique migratoire pour l’Italie, plutôt que comme un véritable levier de développement pour l’Afrique.
  • Risque de dépendance ou d’influence étrangère : certains redoutent que l’implication de grandes entreprises italiennes et de capitaux extérieurs puisse créer, à terme, une forme de dépendance ou d’influence néocoloniale, malgré le discours « gagnant-gagnant ».
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Laurent Mary
Ex-préparationnaire, j'ai à coeur d'aider les étudiants dans leur quête des concours.