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Violence au Mexique : qui était El Mencho ?

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VIOLENCE MEXIQUE EL MENCHO

Le narcotrafiquant le plus recherché du Mexique est mort. Nemesio Oseguera Cervantes, connu sous le surnom de « El Mencho », a été abattu fin février lors d’une opération menée par les forces de la Défense nationale mexicaine. Âgé de 59 ans, il dirigeait le cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG), l’une des organisations criminelles les plus puissantes et violentes du pays au cours de la dernière décennie.

L’annonce de sa mort a immédiatement provoqué une vague de violences. Des groupes liés au narcotrafic ont incendié des véhicules, multiplié les barrages routiers et attaqué des commerces dans plusieurs villes, notamment dans l’État de Jalisco. Les affrontements ont fait de nombreuses victimes dans les deux camps. Après une journée de tensions extrêmes, la situation a commencé à se stabiliser. La présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, a réaffirmé à plusieurs reprises que la priorité de son gouvernement restait de garantir la paix et la sécurité des citoyens.

La disparition d’El Mencho constitue l’un des coups les plus sévères portés au narcotrafic mexicain ces dernières années. Elle s’inscrit dans une séquence marquée par l’arrestation et l’emprisonnement de figures majeures comme Joaquín Guzmán, alias « El Chapo », et Ismael Zambada García, dit « El Mayo », tous deux détenus aux États-Unis. Malgré ces captures successives, les cartels ont montré une capacité remarquable d’adaptation et de recomposition.

Dans cet article de Mister Prépa qui était El Mencho et les conditions concernant sa mort.

 

Qui était « El Mencho » ?

Longtemps considéré comme un fantôme par les autorités, El Mencho apparaissait régulièrement dans les rapports militaires sans jamais être localisé avec certitude. Son invisibilité a contribué à forger sa légende. Peu d’images circulaient de lui, et ses apparitions publiques étaient inexistantes.

Né dans l’État du Michoacán, Nemesio Oseguera Cervantes quitte le Mexique dans les années 1980 pour s’installer aux États-Unis. Il vit en Californie, où il est arrêté pour des délits mineurs. Au début des années 1990, son parcours bascule. Il s’implique dans le trafic de drogue, ce qui conduit à sa déportation vers le Mexique.

De retour dans son pays natal, il suit un itinéraire inattendu : il intègre d’abord la police municipale de Jalisco. Cette expérience lui permet d’acquérir une connaissance fine des rouages institutionnels et des méthodes des forces de sécurité. Il est ensuite recruté par un narcotrafiquant surnommé « El Maradona ». Progressivement, il gravit les échelons au sein du groupe criminel jusqu’à en prendre la direction.

Sous son commandement, le cartel Jalisco Nueva Generación connaît une expansion fulgurante. Initialement implanté à l’échelle régionale, le CJNG étend son influence à une grande partie du territoire mexicain et s’impose comme un acteur central du narcotrafic international. Sa spécialité : la production et l’exportation de méthamphétamine vers les États-Unis, mais aussi vers l’Asie et l’Europe.

L’essor du CJNG s’explique par plusieurs facteurs. D’une part, la chute ou l’affaiblissement de cartels concurrents a ouvert des espaces stratégiques que le groupe a su occuper. D’autre part, El Mencho a recruté des profils spécialisés, notamment des experts en chimie pour la production de drogues de synthèse et des financiers capables de structurer le blanchiment d’argent à grande échelle. Enfin, la violence extrême employée par le cartel a servi d’outil de domination et d’intimidation.

Malgré son rôle central, El Mencho est resté discret. Cette absence médiatique a alimenté de nombreuses rumeurs. En 2022, certaines sources affirmaient qu’il était gravement malade, voire déjà mort. Aucune information n’avait alors été confirmée, renforçant encore le mystère autour de sa personne.

 

L’opération contre « El Mencho »

Au fil des années, El Mencho a échappé à plusieurs tentatives d’arrestation. En tant que narcotrafiquant le plus recherché par le Mexique et les États-Unis, il bénéficiait d’un dispositif de sécurité sophistiqué, combinant réseaux de surveillance, déplacements secrets et protection armée.

L’armée mexicaine a finalement réussi à localiser sa présence dans la région de Tapalpa, dans l’État de Jalisco. L’information aurait été obtenue grâce à l’une de ses proches collaboratrices. L’opération a été préparée avec un important déploiement de moyens militaires, incluant des armes lourdes.

Les forces armées ont affronté les membres du cartel dans des combats intenses. Huit membres du CJNG ont été tués sur place. Trois autres personnes ont perdu la vie lors de leur transfert aérien vers Mexico. Parmi elles figurait El Mencho.

La riposte des groupes criminels ne s’est pas fait attendre. Plus de 250 blocages routiers ont été recensés en une seule journée, accompagnés d’incendies de véhicules et d’attaques contre des infrastructures civiles. L’État de Jalisco a été particulièrement touché, illustrant le degré d’implantation locale du cartel.

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Violence au Mexique : quel rôle ont joué les États-Unis ?

Les autorités américaines ont salué l’opération. Selon des sources du Pentagone, une force d’action conjointe interagences anticartels aurait contribué à la collecte de renseignements. Cette structure s’appuie sur des méthodes et des outils développés dans la lutte contre des organisations comme Al-Qaïda ou l’État islamique, adaptés au contexte des cartels latino-américains.

Washington aurait transmis aux autorités mexicaines un dossier détaillé sur El Mencho. Toutefois, le gouvernement mexicain maintient que l’opération a été menée exclusivement par ses propres forces. Claudia Sheinbaum a confirmé l’existence d’échanges d’informations, tout en insistant sur l’absence d’intervention directe américaine sur le sol mexicain.

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Quel avenir pour le CJNG ?

La mort d’El Mencho ouvre une période d’incertitude. Selon de nombreux experts, une réorganisation interne du cartel est probable. Des luttes de pouvoir pourraient émerger entre factions rivales, tandis que des groupes concurrents pourraient tenter de s’emparer de territoires stratégiques.

L’expérience passée montre que la décapitation des cartels ne conduit pas nécessairement à leur disparition. Au contraire, ces organisations ont souvent tendance à se fragmenter. Ces scissions internes engendrent fréquemment de nouvelles vagues de violence, chaque faction cherchant à consolider son autorité par la force.

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Piotr Sienicki