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Géopolitique ESCP 2026 – Analyse du sujet

Sommaire
GEOPOLITIQUE ESCP ANALYSE SUJET 2026

L’analyse du sujet de géopolitique ESCP 2026 est disponible sur notre site.

Réalisée par l’un de nos rédacteurs, elle apporte des éléments de réponse et met en lumière les notions à mobiliser le jour de l’épreuve.

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L’analyse du sujet de Géopolitique ESCP 2026

 

Sujet : Nouvelles convoitises étrangères et reconfigurations des alliances internationales en Afrique

 

Introduction

 

Amorce

Le retrait des troupes françaises du Mali, du Burkina Faso et du Niger, au profit d’instructeurs russes de l’ex-groupe Wagner, illustre de manière spectaculaire le basculement d’un continent longtemps considéré comme le “pré carré” occidental vers un champ de bataille multipolaire.

 

Définition des termes

Nouvelles convoitises étrangères : Au-delà de la rente extractive traditionnelle (pétrole, minerais), elles concernent désormais les terres arables, les marchés de consommation urbains, les infrastructures numériques et la transition énergétique (métaux critiques).

Reconfigurations des alliances : Passage d’un bilatéralisme post-colonial (Françafrique) à une “diplomatie de la carte” où les États africains diversifient leurs partenaires (Chine, Russie, Turquie, Émirats).

 

Problématique

Dans quelle mesure l’Afrique, en devenant le théâtre de nouvelles convoitises mondiales, parvient-elle à transformer cette compétition étrangère en un levier de puissance autonome, ou risque-t-elle de subir une nouvelle forme de dépendance fragmentée ?

 

I. Une Afrique convoitée : le passage d’une rente extractive à une compétition multidimensionnelle

 

1. La bataille pour les ressources de la transition énergétique et la sécurité alimentaire

  • Argument : Les puissances étrangères ne cherchent plus seulement le pétrole, mais les minerais du futur (cobalt, lithium) et des terres agricoles.
  • Exemple : La RDC, qui détient plus de 60% du cobalt mondial, est au cœur des tensions sino-américaines.
  • Référence : Géraud MagrinLes limbes de la modernité (2014) ou l’Atlas de l’Afrique (Alain Dubresson) qui soulignent que l’Afrique est un “continent émergent” mais vulnérable par sa dépendance aux matières premières

 

2. La “diplomatie des infrastructures” : le hard power économique

  • Argument : Le contrôle des flux (ports, rails, numérique) est le nouveau levier d’influence.
  • Exemple : Le projet LAPSSET (Cf Laurent Amelot) liant le Kenya au Soudan du Sud, largement financé par des capitaux chinois pour désenclaver les ressources.
  • La construction du chemin de fer Addis-Abeba – Djibouti (ligne de 750 km, inaugurée en 2017) financée par la Chine
  • Référence : Sonia Le Gouriellec, Djibouti : la diplomatie de géant d’un petit État

 

A savoir : l’Éthiopie a signé début 2024 un accord controversé avec le Somaliland pour avoir un accès à la mer (port de Berbera), ce qui montre que l’Éthiopie cherche aujourd’hui à briser son face-à-face avec Djibouti, quitte à froisser la Somalie. Cela montre bien la reconfiguration permanente des alliances.

 

3. Le marché africain : une convoitise démographique.

  • Argument : Avec 2,5 milliards d’habitants en 2050, l’Afrique est vue comme le dernier grand réservoir de croissance pour les entreprises mondiales.
  • Exemple : L’expansion de la plateforme Jumia ou l’installation de centres de données par Huawei et Google.
  • Référence : “Bombe démographique” ou “dividende démographique” : le défi africain, conférence de Roland Pourtier
  • Référence : Jean-Pierre Guengant, Démographie et émergence économique de l’Afrique subsaharienne

 

II. Des alliances en pleine mutation : du déclin occidental à l’affirmation des puissances émergentes

 

1. Le reflux de l’influence française et la crise du modèle occidental.

  • Argument : La contestation de la présence militaire et monétaire (Franc CFA) ouvre une brèche géopolitique.
  • Exemple : Le retrait du Mali et la fragilisation de la CEDEAO face à la montée des régimes putschistes au Sahel
  • Référence : Achille MbembeSortir de la grande nuit, sur la nécessité d’une décolonisation des relations diplomatiques.
  • Référence : Françafrique, 50 années sous le sceau du secret, film de Patrick Benquet

 

2. L’offre sécuritaire et idéologique alternative de la Russie et de la Turquie.

  • Argument : De nouveaux acteurs proposent une protection “sans conditionnalité démocratique”.
  • Exemple : L’Alliance des États du Sahel (AES) (Charte du Liptako Gourma, 2023) qui se détourne de Paris pour Moscou. L’influence russe en Afrique se manifeste par une stratégie multidimensionnelle, mêlant présence militaire (Wagner/Corps Africain), diplomatie culturelle et désinformation, visant à supplanter les partenaires occidentaux, notamment au Sahel.
  • Référence : Paul-Crescent Beninga, L’influence russe en Afrique (2025/ouvrage collectif)

 

3. Le modèle “gagnant-gagnant” chinois : une alliance pragmatique mais asymétrique.

  • Argument : La Chine reste le premier partenaire commercial, privilégiant le temps long et les infrastructures.
  • Exemple : La base militaire et le port de Djibouti, où cohabitent influences chinoises et occidentales.
  • Référence : Serge Michel et Michel Beuret, La Chinafrique, Pékin à la conquête du continent noir

 

III. Vers une “Afrique-Sujet” ? Les limites et opportunités de ces nouvelles convoitises

 

1. Le risque de fragmentation et d’instabilité chronique.

  • Argument : La compétition des puissances peut exacerber les conflits locaux par procuration.
  • Exemple : Le conflit au Soudan ou les tensions au Darfour nourries par des intérêts divergents sur les ressources / conflits au Rwanda et RDC
  • Référence : Roland Marchal sur le système de conflits dans le Darfour avec l’exacerbation des tensions dans le conflit
  • Référence : Filip Reyntjens “L’araignée dans la toile. Le Rwanda au coeur des conflits des Grands lacs”

 

2. L’intégration régionale comme bouclier contre les convoitises prédatrices.

  • Argument : Seule une union économique et politique peut permettre de négocier d’égal à égal avec les géants mondiaux.
  • Exemple : La ZLECAF (Zone de Libre-Échange Continentale Africaine) pour réduire la dépendance aux importations étrangères.
  • Référence : Hélène Ehrhart “Une croissance ivoirienne dynamique : chiffres et défis”
  • Référence : Géraud Magrin, Olivier Ninot, “L’intégration africaine tous azimuts. Le dedans, le dehors, le haut et le bas”

 

3. L’affirmation au sein du “Sud Global” et des BRICS+ : vers une diplomatie de club.

  • Argument : En rejoignant des blocs non-occidentaux, les États africains ne cherchent plus seulement des aides, mais une place dans la gouvernance mondiale pour contester l’hégémonie du dollar et du G7.
  • Exemple : L’intégration de l’Égypte et de l’Éthiopie au sein des BRICS+ en janvier 2024, qui leur permet de diversifier leurs sources de financement (via la Nouvelle Banque de Développement) et d’affirmer un leadership continental.
  • Référence : Christophe Jaffrelot, Le monde selon les BRICS

 

Ouverture 

De nouvelles puissances présentes en Afrique : Pooja Jain-Grégoire, “La singularité de la géopolitique indienne en Afrique”

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Emma Parthenay