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Correction ESH ESCP-SKEMA 2026

Sommaire
CORRIGE ESH ESCP SKEMA

Dans le cadre des concours BCE 2026, Mister Prépa vous propose des analyses de sujet et des corrections des épreuves. Découvrez ici la correction de l’épreuve d’ESH ESCP SKEMA.

Par Léo Bendec – professeur agrégé d’ESH

 

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La correction de l’épreuve d’ESH ESCP SKEMA

Y-a-t-il une limite à l’endettement public ?

 

Voici l’analyse du sujet d’ESH ESCP-Skema 2026. Avant de commencer, nous vous rappelons que ceci n’est qu’une proposition de corrigé et ne constitue en rien la seule et unique réponse possible au sujet. Le sujet était si large qu’une multitude de plans et de référence pouvait être convoquée. Ceci étant dit, démarrons la proposition de corrigé :

 

Accroche :

Lors d’une intervention devant le parlement britannique en 1819 citée par G. Mankiw dans « macroéconomie » (2023), D. Ricardo déclara : « Notre pays serait le plus heureux du monde et sa prospérité dépasserait tout ce que l’on peut imaginer si nous nous débarrassions de deux grands maux : la dette publique et les lois sur les céréales ».

 

Endettement public :

Processus par lequel l’ensemble des administrations publiques (APUC, APUL, ASSO) s’endettent. Ce processus s’appréhende à travers la somme des emprunts contractés, année après année, par les administrations publiques et non encore remboursés. L’endettement peut se réaliser auprès des agents résidents, à cet égard l’endettement public demeure le miroir d’une épargne excédentaire au sein de la sphère privée : T-G = I-S. Attention puisque le sujet mentionne bien le terme public, l’endettement privé est tout de suite exclu du sujet. La dette publique s’appréhende à travers le ratio dette publique/PIB en % et le déficit qui participe au processus d’endettement s’appréhende à travers le ratio déficit public/PIB en %.

 

Limite :

peut s’appréhender sous deux formes différentes. Une première forme de limite demeure très objective à savoir existe-t-il des limites constitutionnelles/formelles à ne pas dépasser. En outre, le terme de limite repose aussi sur une vision plus normative du sujet. Dire que quelque chose dispose d’une limite signifie qu’il est à l’origine d’effets pervers non-souhaitables imposant alors potentiellement une limite légale. Ainsi si l’endettement public est limité cela signifie que des textes juridiques sont censés limiter son expansion en raison d’effets pervers liés à une dette trop importante.

 

Problématique :

A partir de nos définitions, nous pouvons nous poser la question suivante : Peut-on affirmer que le processus d’endettement des administrations publiques dispose d’effets pervers lorsqu’il dépasse un certain seuil ? Si oui, peut-on mettre en place des règles quantitatives exprimées en seuil afin de limiter le processus d’endettement public ?

 

Plan :

Si l’endettement peut être jugé comme utile et ne souffrant pas d’effets pervers, ce qui reviendrait à dire qu’il n’y a pas de limites apparentes de l’endettement (I) il s’avère toutefois que l’endettement public est théoriquement limité tant d’un point de vue des effets pervers que d’un point de vue juridique (II), finalement dans un contexte budgétaire aujourd’hui très difficile pour les PDEM, il semble qu’une réforme concernant les règles d’endettement soit utile (III).

 

I/ Si l’endettement public peut être jugé comme utile et ne disposant pas d’effets pervers :

 

1)Premièrement, l’endettement semble naturel pour les pays tant il répond à une demande sociale forte :

 

  • Loi de Wagner : « plus un État se civilise, plus il devient dispendieux ». Plus les populations se développent, plus elles disposent de revendications sociales couteuses (développement des services publics gratuits par exemple). Ceci explique en partie la progression continue des dettes publiques dans tous les grands pays. Ainsi, représentant seulement 20% du PIB français en 1980, la dette publique s’élève aujourd’hui à plus de 110% ! 
  • Ce constat semble se confirmer dans l’ouvrage contesté de N. Dufourcq dans lequel il montre que c’est notre modèle social qui nous coûte en réalité très cher avec des dépenses de retraites et de protection sociale très importantes. Dans « La dette sociale de la France : 1974-2024 » (2025), N. Dufourcq le directeur général de la banque publique d’investissement (BPI) depuis 2013 déclare : « Le secret de famille de la société française n’est pas la dette, tout le monde en connait l’existence. Mais c’est qu’elle est sociale. Deux tiers de la dette publique française financent des prestations sociales »
  • Théorie monétaire moderne : S. Kelton, « Le mythe du déficit » (2021) : L’endettement peut se réaliser auprès des agents résidants, à cet égard l’endettement public demeure le miroir d’une épargne excédentaire au sein de la sphère privée : T-G = I-S.

 

2)En outre, le processus d’endettement ne souffre d’aucunes limites lorsqu’il est réalisé dans un cadre de crise :

 

  • R. Musgrave, « Theory of public finance » (1959) : Fonction de stabilisation du cycle qui fait partie des trois missions de l’État. Mission de stabilisation : Éviter que le PIB courant s’écarte trop du PIB potentiel dans le cadre d’un output gap au sens d’A. Okun (Y-Y*) largement négatif.
  • Dans le cadre d’épisode de crises conjoncturelles, le recours à l’endettement des États membres semble se justifier infiniment dans un cadre de pensée très keynésien. Les États conjurent ainsi les anticipations négatives des entrepreneurs en relançant la demande via des plans de relance financés par endettement. Démonstration du multiplicateur keynésien en économie fermée présenté par Keynes dans « Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie » (1936). On peut illustrer l’utilité de cet endettement via l’effet positif du plan Obama en 2008-2009 (800 milliards de $ : baisse impôts, hausses prestations sociales, dépenses d’investissement publics dans les ponts, subventions à l’industrie verte…). Ce plan a permis aux USA de recouvrer bien plus rapidement la croissance que l’Europe selon A. Tooze, « Crashed » (2018). Ainsi, le dogme pro règles budgétaires de l’Europe aurait pu au contraire disposer d’effets pervers pour l’Europe.
  • Illustration avec un modèle ISLM de J. Hicks dans « Mr Keynes and the classics : a suggested interpretation » (1937) : déplacement de IS vers la droite.
  • Note : l’expression quoi qu’il en coûte d’E. Macron au moment d’annoncer son plan de relance lors du COVID illustre bien l’idée qu’en période de crise, l’endettement n’a potentiellement pas de limites. Étude OFCE (2024) : La dette publique a crû de 12,6 points de PIB entre 2016 et 2023 (+353 milliards d’euros), avec une marche d’escalier très nette en 2020. Sur les 12,6 points de PIB d’augmentation de dette publique entre 2016 et 2023, 8,3 points seraient liés aux mesures budgétaires exceptionnelles liées aux crises

 

3)D’un point de vue de l’économie politique, l’endettement peut être vu comme illimité car demeure la seule solution/équilibre possible :

 

  • L’économie des choix publics à travers les auteurs du public Choice montre que des dirigeants peuvent avoir tendance à penser que la dette est sans limite car elle leur apporte un bien-être supplémentaire : l’assurance d’être réélu ou de diminuer la capacité des autres candidats à agir. On peut illustrer cette idée avec la première phase du cycle politico-électoral de W. Nordhaus dans « Political Business cycle » (1975). Il est bien plus facile de se faire élire en défendant des dépenses en plus que des coupes budgétaires. Dans une vision très politique, l’endettement n’a donc aucune limite !
  • C’est encore plus vrai dans des systèmes très polarisés voire de coalisation selon E. Combe. Dans « Dette publique : arrête-moi si tu peux » (2024), l’auteur montre que plus un système est polarisé, plus la volonté de diminuer les marges de manœuvre de l’opposition est importante. Ainsi, chaque gouvernement laisse filer les déficits afin de mettre des « bâtons dans les roues » du successeur d’opposition.
  • Dans « Gouvernement de coalition, la rigueur budgétaire risque d’attendre » (2025), E. Combe complète sa première critique en montrant que les coalitions n’ont pas intérêt à faire de choix politiques difficiles ou en tout cas que chaque proposition radicale (couper dans les dépenses sociales par exemple) sera rejetée par les autres partis. Ainsi, un gouvernement de coalition est propice à l’emballement de la dette publique via une logique pure de passager clandestin (M. Olson « Logique de l’action collective »). Chaque parti souhaite que les ajustements budgétaires soient faits par les autres partis.

 

I/ Il s’avère toutefois que l’endettement public est théoriquement limité tant d’un point de vue des effets pervers que d’un point de vue juridique/économique :

 

1)Pour autant, un endettement public fort est à l’origine d’effets pervers concernant la demande globale :

 

  • La première limite exposée de l’endettement public relève de la critique de son rôle stabilisateur. En effet, J-M. Keynes théorise un lien direct entre endettement public et augmentation de la demande globale. Pour autant, ceci n’est pas si évident d’un point de vue nouveaux-classiques. Tout d’abord, l’endettement public peut décourager l’investissement privé jugé plus efficace par un effet d’éviction sur le marché des fonds prêtables (lorsque IS se déplace à droite, hausse des ti donc baisse de l’investissement privé). 
  • En outre, R. Barro dans « Are Government Bonds Net Wealth » (1974) montre en réinterprétant des écrits de Ricardo que l’augmentation de l’endettement se traduit par une anticipation d’augmentation future des impôts donc une épargne supplémentaire des ménages afin de faire face à cette augmentation. Le théorème Ricardo-Barro démontre ainsi l’inanité d’une relance par endettement car l’augmentation de G est compensée par une baisse de C et une hausse de S. L’endettement appauvrit ainsi le pays.

 

2)En outre, un endettement public trop fort remet en cause la soutenabilité de la dette publique et donc la croissance potentielle :

 

  • Lorsque l’endettement devient trop fort, les créanciers commencent à douter de la capacité d’un pays à rembourser sa dette. Ceci peut ainsi les amener à ne plus souhaiter détenir de cette dette publique ou alors de demander des intérêts supplémentaires venant durcir les conditions de financement de l’État. C’est ce que démontre A. Alesina dans « Austerity » (2019). Un endettement fort se traduit par une prime de risque plus élevée et des conditions de financement durcies, ce qui met en danger l’investissement public d’avenir (croissance potentielle) car il y a de plus fortes chances que la dette devienne insoutenable via un effet boule de neige r>g (équation de la soutenabilité de la dette : Var (Dt) = (r-g)*Dt – (T-G). Le retour d’IDE forts en Argentine suite au désendettement orchestré par J. Milei avec une Réduction totale des dépenses publiques de 35 % en 2024 (arrêt des travaux publics, non-renouvellement des contrats des nombreux consultants des agences publiques, une baisse des salaires réels dans la fonction publique de 16 % en 2024, suppression de certains ministères comme celui de l’égalité hommes-femmes) semblent confirmer la pensée d’Alesina.
  • C’est ainsi que la dette publique de la France a pu continuellement augmenter tout en gardant la note souveraine AAA jusqu’en 2013 (corrélation : la France perd ce statut juste après avoir dépassé ce fameux seuil de 90%…) puis cette note a progressivement baissé pour atteindre 1+ en 2025.
  • Note : ce risque est d’autant plus fort que les créanciers sont étrangers car l’achat de dette étrangère n’est qu’un placement financier parmi tant d’autres donc potentiellement deux limites différentes avec une limite de dette public détenue par les agents résidents et par les agents externes…

 

3)Ceci conduit les économistes et les pouvoirs publics à proposer des limites quantitatives établies quant au poids de cet endettement public (bien que cela soit rarement respecté) :

 

  • Si l’endettement public dispose d’effets pervers, il semble indispensable de fixer des seuils quantitatifs limitant cet endettement. Ainsi, le travail canonique de Reinhart & Rogoff dans « Growth in à time of debt » (2010) tente de calculer un seuil d’endettement public en % du PIB à partir duquel une augmentation de l’endettement serait négative pour la croissance économique. Ce seuil est ainsi établi à 90% du PIB. Ceci voudrait dire que dans une forme de courbe de Laffer de la dette (P. Krugman), le point le plus haut serait fixé à 90%. Ce seuil demeurant très contesté et controversé dans la mesure où les données utilisées par les auteurs semblent fausses selon Ce ratio serait erroné selon Herndon, Ash & Pollin dans « Does high public debt consistently stifle economic growth ? .» (2013).
  • Pourtant, ce seuil économique semble toujours faire référence puisqu’il est utilisé dans les études pour déterminer des limites politiques à l’endettement public. Ainsi S. Dullien & al. proposent dans « Proposals for a Reform of the EU’s Fiscal Rules and of Economic Governance » (2020) que les règles budgétaires européennes évoluent pour autoriser un ratio dette publique/PIB en Europe de 90%.
  • Ceci est possible car très tôt, la constitution européenne a privilégié la règle à la discrétion. En effet, la construction européenne est d’inspiration ordolibérale (à l’allemande) dont les principes ont été exposés par W. Eucken, « Les fondements politique de l’économie » (1940) qui voit en l’État un arbitre plus qu’un pompier. Cette vision continuera d’infuser en Europe bien après l’édifice du traité de Rome et prendra la forme de règles budgétaires (critères de 3% de déficit public rapporté au PIB et de 60 de dette publique rapportée au PIB) dans le traité de Maastricht
  • Tout cela est très cohérent avec le premier objectif de la zone euro : contrôler l’inflation en évitant des dépenses trop importantes des États-membres une fois entrés dans la zone euro et transformer l’euro en monnaie faible. Ces règles constitutionnelles viennent ainsi prévenir les comportements de passager clandestin ainsi que la célèbre dominance budgétaire de la politique monétaire (M. Woodford). On voit ainsi que l’Europe a choisi son camp dans le débat règles/discrétion 🡪 Kydland & Prescott, « Rules rather than discretion » (1977).
  • Ces règles seront d’ailleurs jugées trop permissives au moment de la crise des dettes souveraines et seront complétées par le TSCG (2012) : Le déficit structurel est plafonné à 0,5% du PIB (1% si le ratio de dette publique est inférieur à 60% du PIB) – « règle d’or » 🡪 Objectif à moyen terme (OMT) + Les pays dont la dette excède les 60% doivent réduire l’écart de 1/20 par an.
  • Note : une limite juridique existe aussi aux USA en termes de dette publique (debt ceiling créé en 1917 par le congrès) et ne peut être réhaussée qu’en cas de vote au congrès. Un conflit politique empêchant ce vote serait « un désastre politique et économique » selon la secrétaire du trésor J. Yellen. Les US ne peuvent plus emprunter s’ils dépassent le plafond (sauf relèvement) … Limitation assez faible : relèvement de ce plafond a eu lieu 78 fois depuis 1960 !

III/ Finalement dans un contexte budgétaire aujourd’hui très difficile pour les PDEM, il semble qu’une réforme concernant les règles d’endettement soit utile et nécessaire :

 

1)Il est possible de renforcer les règles d’endettement existantes afin que celles-ci soient plus contraignantes :

 

  • Des règles existent déjà au niveau européen et américain mais nous avons constaté que celles-ci étaient trop simple à contourner/éviter, et qu’elles n’étaient pas assez dissuasives. Ainsi, il serait possible de renforcer ces règles afin de diminuer encore plus leur côté permissif. C’est ainsi que notre ancien ministre des finances, Thierry Breton a proposé une règle pour la France encore plus exigeante que les traités européens. A savoir Thierry Breton : « Il faut inscrire dans la Constitution française une règle d’or limitant le déficit public à 1 % du PIB à l’horizon 2032 ».
  • Il est possible à cet égard de rappeler que les règles d’endettement concernant le processus de déficit notamment ont été réalisés dans un cadre bien plus politique qu’économique comme l’explique le créateur de cette mesure G. Abeille dans « la petite histoire des 3% du déficit » (2017). En effet, ce critère de 3% émane d’une demande de F. Mitterrand qui recevait trop de demandes de crédits budgétaires suite à sa nomination en 1981. Lorsque les fonctionnaires de la DGT ont décidé d’une règle en % du PIB pour que celui-ci ne soit plus embêté par les ministres, ils ont constaté que les crédits déjà accordés par F. Mitterrand représentaient environ 3% du Pib français… Ainsi ce seuil quantitatif n’a aucune pertinence dans notre économie actuelle et si la situation des finances publiques est bien plus grave aujourd’hui en raison de déficits successifs depuis 1974, alors durcir les règles en diminuant les ratios quantitatifs semblent une bonne réforme.
  • On peut aussi penser au durcissement des procédures de déficit excessif au niveau européen qui là encore demeurent beaucoup trop permissives avec comme punition actuelle un simple lynchage du ministre de l’économie et des finances du pays devant le parlement de Bruxelles.

 

2)Mais il semble à raison que l’on se dirige davantage vers un changement de vision autour de ces règles :

 

  • Les dettes publiques importantes dans les PDEM (mais aussi les PED) nécessitent un processus de désendettement certain qui ne doit pour autant pas mettre en danger la croissance potentielle du pays. C’est l’objectif clair affiché par le premier ministre actuel S. Lecornu qui déclarait devant l’assemblée nationale en octobre 2025 : « un pays qui crée plus de richesse rembourse plus rapidement sa dette » (g>r).
  • Il serait ainsi mal venu de couper dans les dépenses publiques d’avenir comme cela a été fait en Grèce via la politique d’ajustement structurel du FMI qui a engendré une baisse de financement pour la santé et l’éducation publique ainsi qu’orchestré la vente du port de Pirée à la Chine. Ces politiques mal adaptés font peser le risque d’un effet boule de neige par une chute bien plus importante de g (r>g).
  • Un désendettement passe aujourd’hui par des mesures claires : réduire les dépenses de fonctionnement et non d’avenir sans augmenter la charge sur les ménages. Le processus de désendettement devrait ainsi être réalisé sans prendre en compte les dépenses d’avenir selon la règle d’or des finances publiques exposée par H. Sterdyniak, « Vers une réforme des règles budgétaires en zone euro » (2021).
  • L’Europe commence à adapter ces règles en ce sens en supprimant les dépenses d’assurance chômage ainsi que les dépenses de personnel militaire des ratios de Maastricht selon « Le cadre budgétaire de l’UE nuit à l’innovation et à la sécurité », P. Surico (2026).
  • A. Bénassy-Quéré, « Pacte de stabilité : deux objectifs, deux règles » (2003) : Un dernier changement de vision souhaitable serait de compléter ces règles d’endettement publiques par des règles privées car souvent l’endettement public est la conséquence de l’endettement privé comme nous avons pu le voir via l’épisode crise de Subprimes 🡪 Crise des dettes souveraines pour des pays tels que l’Irlande, l’Espagne…

 

3)Comment agir aujourd’hui pour en finir avec ce processus d’endettement continu ? :

 

  • La baisse des dépenses semble plus pertinente aujourd’hui que la hausse des impôts (proposé par un G. Zucman par exemple) en raison de son moindre effet récessif. En effet, diminuer l’endettement par la hausse des impôts risque de provoquer de forts effets récessifs et surtout des mouvements sociaux importants dans des pays où la pression fiscale est déjà forte (courbe en S de Ghosh).
  • Cette mesure est proposée par A. Alesina dans « Austerity » (2019) en montrant qu’il existe une bonne austérité (baisse des dépenses) et une mauvaise austérité (hausse des impôts).
  • Enfin, dans une logique très « nouveaux-classiques », il est possible de considérer que la politique budgétaire doive être confier à une autorité indépendante du politique à la manière d’une Banque centrale budgétaire comme proposé par E. Combe dans « Dette publique : arrête-moi si tu peux » (2024). Pour autant, est-ce possible sur un plan purement démocratique ?
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Léo Bedenc
Diplômé emlyon et SciencesPo Lyon après une prépa ECE à Bordeaux, je suis également agrégé en S.E.S et j'interviens régulièrement sur Mister Prépa en ESH.