Crise au Congrès des États-Unis

Kevin McCarthy : trahi par les siens ?

Il y a quelques semaines le speaker (= le leader de la Chambre des représentants) Kevin McCarthy se faisait destituer de ses fonctions…trahi en quelque sorte par son propre clan ie les Républicains. Il s’agit d’un évènement historique puisque que c’est la première fois dans l’histoire du Congrès des États-Unis que le président de la Chambre des représentants est destitué à la suite d’un vote -porté par son propre parti- des députés. Rappelons toutefois que Kevin McCarthy avait été élu Speaker à la suite de 15 tours de scrutin. Nous pouvons ainsi souligner que son élection ou encore sa destitution souligne une fragmentation chez les Républicains. En effet, ceux qui ont majoritairement été « contre » McCarthy étaient les Républicains proches de Trump. Ces derniers sont souvent surnommés les « MAGA » : en référence au slogan de campagne de D. Trump « Make America Great Again ». Ainsi, deux clans s’opposeraient  : les « MAGA » et les Républicains plus modérés -ce que représente McCarthy-.

À un an des élections aux États-Unis, nous pouvons voir que le nom « Trump » semble être omniprésent au sein de la vie politique. Certains tels que Troy Nehls -élu républicain du Texas- ont fait savoir qu’ils comptaient mettre D. Trump comme président de la majorité républicaine de la Chambre. Notons également que ce dernier est actuellement à New York City pour son procès.

Lire plus : Trump : bientôt la prison ?

 

Crise interne chez les Républicains, crise externe au Congrès ?

Si cette crise interne en dit long sur l’état actuel du parti Républicains, sans speaker c’est la chambre des représentants et le Congrès en général ( Sénat + Chambre des Représentants) qui sont paralysés. En ces temps de guerre que ce soit en Ukraine ou encore avec le conflit israélo-palestinien, les institutions ne peuvent plus fonctionner de manière optimale. Pour illustrer cela nous peut reprendre les termes du chef démocrate Hakeem Jeffies : « La guerre civile des républicains à la Chambre continue de paralyser le Congrès ». Cette citation illustre parfaitement une triple crise : crise chez les républicains, crise à la chambre des Représentants et crise au Congrès.

Pour résoudre cette crise les républicains s’étaient mis d’accord sur le nom de Tom Emmer pour reprendre le rôle de speaker. Toutefois, les « trumpistes » n’ont pas vu cela d’un bon œil, considérant que ce dernier n’était pas fidèle à son parti. La raison ? Tom Emmer fait partie des Républicains ayant voté pour la certification de la victoire du président Joe Biden en 2020.

Lire plus : Les grands moments du mandat de Donald Trump

 

Quelle (ré)solution de crise ?

C’est finalement l’élu de Louisiane Mike Johnson qui a été élu speaker de la Chambre des représentants le 25 octobre, après trois semaines de crise. Mike Johnson est un fidèle de Trump, avocat et défendantles valeurs « religieuses », il incarne l’élu conservateur trumpiste pour certains. À peine speaker, ce dernier a décidé de condamner l’attaque du Hamas envers Israel, voter des aides humanitaires pour l’Ukraine et Israel et Joe Biden lui a demandé de tout faire pour que le budget soit adopté d’ici mi-novembre afin d’éviter un « shutdown ».

Alors qu’il vient tout juste d’être nommé speaker, beaucoup ont eu à cœur de rappeler que Mike Johnson est « radicalement » pro-life (ie contre l’avortement) et hostile aux libertés des LGBT+. Ce dernier ayant même travaillé pour Alliance Defending Freedom : une organisation ultraconservatrice chrétienne.

Nous pouvons ainsi conclure en soulignant le fait qu’à travers la figure de Mike Johnson, c’est le trumpisme et en général Trump qui gagne en influence sur la scène et la vie politique américaine.

Lire plus : l’histoire de l’avortement aux États-Unis

Vous pourriez aussi aimer