Les élections législatives anticipées qui se sont tenues en Allemagne le 23 février 2025 ont marqué un tournant significatif dans le paysage politique du pays. Les résultats ont non seulement confirmé la prédominance des conservateurs de la CDU/CSU. Mais elles ont également mis en évidence la montée en puissance de l’extrême droite avec l’Alternative für Deutschland (AfD) réalisant un score historique. Ces élections ouvrent la voie à de nouvelles configurations politiques, de possibles nouvelles coalitions. Elles soulèvent des questions cruciales sur l’avenir de la démocratie allemande.
I. Les résultats
Les conservateurs de la CDU/CSU, dirigés par Friedrich Merz, ont remporté les élections avec 28,6 % des voix, consolidant ainsi leur position de premier parti au Bundestag.
L’AfD, parti d’extrême droite, a créé la surprise en se hissant à la deuxième place avec 20,8 % des suffrages. Elle double ainsi sa part de voix par rapport aux précédentes élections.
Le Parti social-démocrate (SPD), mené par le chancelier sortant Olaf Scholz, a subi une défaite historique en n’obtenant que 16,4 % des voix. Ceci est son plus mauvais résultat depuis 1987.
Les Verts ont également enregistré une performance décevante avec environ 11,6 % des suffrages.
Le Parti libéral-démocrate (FDP) et le parti de gauche populiste BSW n’ont pas réussi à franchir le seuil des 5 % nécessaire pour entrer au Bundestag.
| Partis | Résultats | Nombre de sièges au Bundestag |
|---|---|---|
| CDU/CSU | 28,5 % | 208 |
| AfD | 20,8 % | 152 |
| SPD | 16,4 % | 120 |
| Grüne | 11,6 % | 85 |
| Die Linke | 8,8 % | 64 |
| BSW | 4,97 % | 0 |
| FDP | 4,33 % | 0 |
| SSW | 0,15 % | 1 |
| Autres | 4,44 % | 0 |
Cette barre des 5% fait ainsi disparaître l’un des partis historiques de l’Allemagne du Parlement allemand. En effet, le FDP, bien que moins influent ces derniers années, est un parti très important. Il a participé à un grand nombre de coalitions depuis le début du siècle, dont celle du gouvernement Scholz.
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II. Les possibles coalitions suite aux élections législatives
La victoire de la CDU/CSU, bien que significative, ne leur assure pas une majorité absolue au Bundestag, rendant nécessaire la formation d’une coalition pour gouverner. Plusieurs scénarios sont envisageables :
1. Grande coalition (CDU/CSU et SPD)
Une alliance entre la CDU/CSU et le SPD, souvent appelée “grande coalition”, est considérée comme l’option la plus probable. Ensemble, ces deux partis disposent d’une majorité suffisante pour gouverner. Cependant, cette coalition pourrait être perçue comme une répétition des gouvernements précédents, ce qui pourrait décevoir une partie de l’électorat en quête de renouveau politique. En effet, cette coalition était celle en vigueur sous les gouvernement Merkel.
2. Coalition “Jamaïque” (CDU/CSU, Verts et FDP)
Bien que le FDP n’ait pas réussi à entrer au Bundestag lors de ces élections, une coalition entre la CDU/CSU et les Verts pourrait être envisagée. Cependant, des divergences programmatiques, notamment sur les questions environnementales et économiques, pourraient compliquer les négociations. La question environnementale avait été le principal point de conflit entre les Verts et le FDP lors du précédent gouvernement. En effet, le nucléaire est le principal point d’achoppement entre ces partis car les Verts sont contre celui-ci contrairement aux deux autres partis.
3. Coalition “Mûre” (CDU/CSU, SPD et Verts)
Une autre possibilité serait une coalition tripartite incluant la CDU/CSU, le SPD et les Verts. Cette configuration offrirait une large majorité parlementaire. Elle pourrait permettre de concilier des positions conservatrices, sociales et écologistes. Néanmoins, la formation d’un tel gouvernement nécessiterait des compromis substantiels entre les partis concernés. Cependant, l’Allemagne n’a pas besoin comme lors des précédentes élections que les négociations prennent plusieurs mois à se faire.
Il est important de noter que, malgré son score historique, l’AfD reste isolée sur la scène politique allemande. Les principaux partis ont réaffirmé leur refus de coopérer avec l’extrême droite, excluant ainsi toute possibilité de coalition impliquant l’AfD.
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III. Émergence historique de l’AfD
L’Alternative für Deutschland (AfD) a réalisé une percée sans précédent lors de ces élections, obtenant 20,8 % des voix et devenant ainsi la deuxième force politique du pays. Cette progression spectaculaire reflète une évolution notable du paysage politique allemand. Mais pour beaucoup, elle soulève plusieurs questions quant aux raisons de cette montée en puissance.
Une montée en puissance notamment dans les Länder de l’Est
La crise économique persistante, marquée par une récession et une inflation élevées, a exacerbé le mécontentement de certaines franges de la population. L’AfD a su capitaliser sur ce climat en proposant des solutions radicales et en se positionnant comme le défenseur des “oubliés” de la mondialisation. Mais aussi, les débats autour de la politique migratoire et les incidents sécuritaires ont également alimenté les discours de l’AfD. Le parti a adopté une rhétorique ferme sur l’immigration, attirant ainsi un électorat préoccupé par ces questions. Notamment, ces dernières semaines après les différentes attaques survenus dans le pays et en Europe qui a renforcé leur discours.
L’AfD, comme alternative à d’autres partis
L’AfD prend de plus en plus de voix des partis populistes comme le nouveau parti BSW. En effet, lors des élections législatives allemandes du 23 février 2025, le parti Bündnis Sahra Wagenknecht (BSW) a obtenu à peine 5,0 % des voix. Ceci ne lui a donc pas permis de franchir le seuil nécessaire pour entrer au Bundestag. Ce résultat est légèrement inférieur aux prévisions de certains sondages précédant le scrutin.
De plus, l’AfD a récupéré une partie des voix historiques de la CDU et de la CSU dans les Länder de l’Est.
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En conclusion, les élections législatives allemandes de février 2025 ont redessiné le paysage politique du pays. La victoire de la CDU/CSU, la déroute historique du SPD et l’ascension fulgurante de l’AfD témoignent d’une recomposition du paysage politique.


