L’endettement est-il toujours un frein à la croissance économique ?

Comme vu dans cet article, il faut impérativement s’entraîner à la dissertation pour l’ESH et ne pas se contenter d’accumuler des quantités de connaissances. C’est pourquoi je vous propose un plan détaillé pour le sujet : L’endettement est-il toujours un frein à la croissance économique ? 

Évidemment, il s’agit seulement d’une idée, ce n’est pas LE corrigé mais UN corrigé, j’espère qu’il vous servira !

Introduction 

Définissons dans un premier temps la dette, c’est un ensemble d’engagements financiers pris sous forme d’emprunts. Elle peut être publique mais aussi privée : 

  • La dette publique représente celle de l’État, des APU (Administrations PUbliques) et de la sécurité sociale.
  • La dette privée est celle des ménages et des entreprises.

La soutenabilité de la dette est la capacité de la croissance à faire face à la dette. Par exemple, la dette du Japon s’élève à 240% pourtant elle reste soutenable car le Japon a les capacités d’y faire face notamment grâce à ses taux d’intérêts faibles. 

On peut notamment préciser que pour beaucoup, d’économistes ce ratio de la dette par rapport au PIB est important mais insuffisant car il s’agit de comparer un flux (dette) à un stock (PIB). 

Vous pouvez évidemment mentionner l’ancrage actuel des débats sur la soutenabilité de la dette mais aussi historique en montrant que pendant les Trente Glorieuses, l’économie reposait en grande partie sur l’endentement des ménages et des entreprises. 

 

Développement  

(I) Dans certaines mesures, l’endettement a pu être une condition de la croissance économique et l’est encore aujourd’hui. (A) En effet, on observe un cercle vertueux entre endettement et croissance. Dans cette partie, nous allons nous intéresser aux bienfaits de l’économie de l’endettement. En effet, l’endentement faciliterait la croissance économique dans la mesure où il sert à financer l’investissement et que l’on considère l’investissement comme vecteur de croissance. Nous pouvons illustrer cette idée par l’effet Wicksell. Il s’agit d’un phénomène qui explique que lorsque le taux de rentabilité économique est supérieur au taux d’intérêt réel alors s’enchaîne une période d’expansion permise par l’investissement et donc l’endettement. On est alors dans un contexte d’anticipations positives et les perspectives de rentabilité des entreprises augmentent. On fait alors face à un phénomène cumulatif vecteur de croissance facilité par l’endettement. Ce phénomène est amplifié dans une perspective inflationniste car l’inflation permet un remboursement plus faible en terme de coûts réels du crédit. Nous pouvons prendre l’exemple des Trente Glorieuses qui représentent une période de croissance reposant en partie sur le crédit versés au entreprises et aux ménages.

(B) Aujourd’hui notre économie mondiale repose sur un mode de régulation par l’endettement. Tout d’abord, l’ouverture des économies aux marchés financiers crée les conditions du financement de la croissance mondiale. De plus, si nous faisons le lien entre les niveaux d’endettement d’une économie et sa situation économique, l’endettement a priori ne semble pas antinomique à la croissance. Par exemple, les États-Unis représentent la première puissance économique mondiale, pourtant leur taux d’endettement est extrêmement élevé (± 140%). Les économies endettées ne sont pas celles qui connaissent la croissance la plus faible, c’est pourquoi rationner le crédit risque de ralentir la croissance économique.

(II) Pourtant l’endettement peut aussi représenter un frein à la croissance dans la mesure ou il fait peser des risques sur les croissances futures. (A) L’endettement peut avoir des effets néfastes sur la croissance économique, cela se traduit par divers mécanismes : 

  • L’effet de massue (ou effet boomerang) est un retournement de l’effet Wicksell. Quand la rentabilité économique devient inférieure au taux d’intérêt réel alors l’investissement et la croissance sont limités et l’économie entre alors dans un cercle vicieux. Dés lors, l’endettement n’apparait plus comme un levier de croissance.
  • Il y a notamment des effets d’éviction multiples et conséquents. Il s’agit de conséquences négatives de l’extension de l’activité du secteur public au détriment du secteur privé. En effet, des capitaux sont nécessaires pour financer la dépense publique. Ainsi, quand elle augmente en proportions importantes, on assiste à un détournement d’une partie de l’épargne qui aurait servi autrement à financer des projets d’investissements privés. 
      • Il y a l’effet d’éviction qui provient du déficit budgétaire. Pour financer son déficit budgétaire l’Etat émet des bons du trésors et ainsi, l’épargne qui se porte sur les bons du trésors ne vont plus vers l’investissement privé.
      • Le théorème des équivalences Ricardo-Barro montre que les agents anticipent une hausse des recettes fiscales lorsque les dépenses publiques augmentent donc ils réduisent leur consommation pour mobiliser leur épargne dans une perspective de hausse des impôts.
      • Finalement, le paradoxe de Lucas montre qu’il y a une fuite de l’épargne vers les pays développés et non vers les pays à besoin de financement tels que les pays en développement, limitant ainsi leurs perspectives de croissance. En Europe, par exemple l’épargne allemande s’oriente vers les États-Unis plutôt que vers les Pays d’Europe Centrale et Orientale (PECO) ou l’Italie par exemple. 

(B) Un endettement trop conséquent et structurel pèse sur la croissance d’où la nécessité de la limiter. La dette d’aujourd’hui ne fait pas la croissance de demain, si le service de la dette est trop important (aujourd’hui ± 30% de la date publique) il y a un risque de s’endetter pour rembourser la dette. Dés lors, l’économie est menacée de rentrer dans un cercle vicieux, c’est à dire que l’endettement devienne un surendettement. L’endettement ne sert donc plus l’économie. De plus, l’endettement massif et croissant représente des risques majeurs tel que la déflation par la dette théorisé par Irvin Fisher par exemple.

Conclusion 

Une dette soutenable est vectrice de croissance économique mais pour qu’elle le soit et qu’elle serve réellement l’économie il faut qu’elle soit encadrée et qu’elle réponde à certaines conditions. À l’inverse, une dette importante, croissante et structurelle représente un danger pour l’économie.

Lire aussi : S’entrainer à la dissertation d’ESH : le libre échange est-il facteur de croissance ? 

Justine Lautridou

Étudiante en 1ère année à l'emlyon, Mister Prépa m'a beaucoup aidé étant préparationnaire c'est pourquoi j'ai à coeur de transmettre à mon tour mes connaissances et mes astuces !

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