En 2024, ce sont 4,5 milliards d’euros qui ont été dépensés en lobbying… Le lobbying met-il en danger la démocratie américaine ?
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Comment définir le lobbying ?
La meilleure manière d’appréhender cette notion est de se référer à l’Iron Triangle conceptualisé par Gordon Adams en 1981.
Les Interest Groups sont des acteurs fortunés qui financent des “lobbies” afin de défendre leurs intérêts auprès des “representatives” et des “senators” siégeant au Congrès et chargés d’adopter les lois. Comment obtiennent-ils leur soutien ? Notamment en finançant leurs campagnes électorales.
Les lobbies sont des organisations 527, c’est-à-dire des organizations exonérées d’impôts. Ces lobbies peuvent notamment, grâce à la décision de la Supreme Court of United States Citizens United v.Federal Election Commission de 2010, engager des dépenses politiques illimitées (à condition qu’elles ne ciblent pas un candidat en particulier). Une telle décision a entraîné une explosion du nombre de Super PACs (Super Political Action Committee). Concrètement, un Super PAC peut financer des campagnes publicitaires en faveur d’un candidat, mais pas verser directement d’argent à ce candidat.
ProPublica, une organisation indépendante américaine, a développé un outil (527 ProPublica) permettant de suivre les flux financiers et les financements des lobbies, Super PACs aux US, afin d’accroître la transparence.
Je prends pas mal de temps pour définir ce qu’est le lobbying. Je pense que c’est important de prendre du temps sur les définitions car c’est un excellent point de départ pour les commentaires en khôlle qui est souvent négligé.
Des exemples de lobbying
Les lobbies et billionaires cherchent même à influencer le pouvoir judiciaire. Par exemple, Clarence Thomas, un juge de la Cour suprême, s’est vu offrir des “gifts” par des milliardaires, tels que des séjours de luxe, etc., afin qu’il mette en avant “l’agenda”, c’est-à-dire les intérêts des milliardaires.
Linda McMahon a été une importante donatrice de la campagne de Trump en 2016. Elle a versé au total 7,2 millions de dollars à deux super PAC pro-Trump, Rebuilding America Now et Future45. Et, lorsque Trump a été élu, il l’a nommée au sein de son administration. Tiens, tiens, n’y aurait-il pas ici une préférence pour les milliardaires donateurs ? Musk n’était qu’une McMahon version 2 ?
L’oligarchie, l’ennemie jurée de Bernie Senders
Bernie Senders est un sénateur américain démocrate. S’il y a bien une chose qu’il ne supporte pas, c’est l’idée que les US seraient en train de devenir une oligarchie (an oligarchy).
En février 2025, il lance le “Fight Oligarchy Tour”. Lors de l’un de ses “political rally”, il décrira le gouvernement fédéral comme, je cite : “a government of the billionaires class, by the billionaire class, for the billionaire class”
Ce sont bien là des dangers pour la Démocratie, le gouvernement fédéral n’est plus “of the people, by the people, for the people”.
Bernie Senders n’est pas le seul à tirer le signal d’alarme (“to sound the alarm”). Joe Biden, le précédent président (“former president”), mettait lui aussi en garde contre les dangers de l’oligarchie dans son discours de départ, appelé “farewell speech”. Je cite : “Today, an oligarchy is taking place in America of extreme wealth, power and influence that literally threatens our democracy”.L’influence à laquelle il fait référence est celle des lobbys dans la législation américaine.
Cependant, ils ne sont pas les premiers à formuler de tels avertissements. Dans les années 60, en pleine guerre froide, l’industrie de la défense exerçait déjà une influence considérable sur le gouvernement, tant sur le pouvoir législatif qu’exécutif. Le président Eisenhower alertait sur ce danger dans son “farewell speech” de 1961 : “we must guard against the acquisition of unwarranted influence […] by the military industrial complex”.
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La Big Tech et Trump
Aujourd’hui, ce n’est plus le complexe militaro-industriel qui suscite l’inquiétude, mais la “Big Tech”, les GAFAM et les billionaires qui dirigent les grandes entreprises technologiques telles que Oracle, Palantir, Google, OpenAI, etc. Certains milliardaires semblent s’aligner sur Trump et prendre des décisions visant à s’attirer sa faveur.
Par exemple, sur les réseaux sociaux, durant le premier mandat de Trump, alors que celui-ci menait une politique restrictive à l’égard des immigrants entrant sur le territoire américain, Mark Zuckerberg déclarait : “millions of undocumented folks who don’t pose a threat will live in fear of deportation.”
Facebook avait “ban” Trump du réseau Facebook en 2021, à la suite de l’insurrection du Capitol le 6 janvier 2021
Pourtant, depuis la réélection de Trump en 2025, Zuckerberg semble avoir changé d’attitude et a cherché à apaiser ses relations avec lui en adoptant des mesures en alignement avec ses convictions : par exemple, supprimer le factchecking des services de Meta. Dans un podcast avec Joe Regan, un fervent supporteur de Trump, il affirmait souhaiter davantage d’énergie masculine, un propos qui résonne de manière troublante avec les positions anti-DEI de Trump.
(DEI = Diversity, Equity and Inclusion)
Dans la Big Tech, un lobby qui marche bien : Invariant LLC un lobby pro-technologie, pro-IA qui aura généré en 2024 plus de 43 millions de chiffres d’affaires.
À ce sujet, je vous conseille Why Zuckerberg’s rebrand is so suspicious de More Perfect Union.
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