Lyse, 19 ans, vient de l’île de Saint-Martin et a réalisé un rêve qu’elle porte depuis le collège : intégrer HEC Paris. Derrière cette réussite, il y a un parcours singulier, marqué par des défis et un lycée suivi seule, à distance, pendant trois ans. En 2023, elle quitte son île pour Paris, déterminée à réussir sa prépa ECG chez MyPrepa. Deux ans plus tard, pari tenu.
Dans cet entretien, Lyse revient sur son aventure en prépa, ce qu’elle y a appris, bien au-delà des cours, et ce qui l’a menée jusqu’aux bancs de la plus prestigieuse école de commerce de France.
Lire plus : LA méthode pour réussir son oral d’HGG à HEC Paris !
Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Lyse, j’ai 19 ans, et je viens de l’île de Saint-Martin, dans les Caraïbes. J’y ai grandi jusqu’à mes 17 ans. J’y ai vécu des expériences singulières qui m’ont forgée : je pense au cyclone Irma en 2017, qui a ravagé 97% de mon île alors que j’avais 11 ans, laissant ma famille, ainsi que les habitants dans un dénuement total ; et à mon lycée que j’ai réalisé hors des parcours classiques, en solitaire, au CNED. En 2023, je me suis rendue à Paris pour intégrer MyPrepa, avec pour objectif de rejoindre HEC deux ans plus tard. Objectif atteint !
Pourquoi as-tu choisi la filière ECG en prépa ?
J’y pensais depuis la 3ème. La filière ECG est en tous points celle qui correspondait le plus à mon profil : j’aimais les mathématiques comme les matières littéraires et désirais une ouverture intellectuelle à la fois stimulante et exigeante. Quand j’ai appris l’existence de la prépa commerce, j’ai donc eu le coup de cœur !
Comment s’est passée ton intégration en prépa ?
Vraiment très bien ! Cette intégration a été un moment charnière pour moi, car elle signait la fin de 3 ans de lycée au CNED à étudier en solitaire. En l’occurrence, à MyPrepa, je me suis tout de suite sentie très à l’aise : d’une part parce que j’étais très heureuse de rentrer en prépa, mais aussi, d’autre part, parce que la diversité des profils des étudiants avait instauré un climat de sympathie et d’échange immédiat.
Quelles ont été tes matières fortes et celles qui t’ont posé le plus de difficultés ?
Je trouve que c’est une question difficile, puisque les points forts et faiblesses varient en fonction des chapitres, des périodes de l’année, etc. Si je devais néanmoins dresser un tableau d’ensemble, je dirais que les matières qui m’ont le plus portée en prépa ont été les maths, l’ESH et la CG et que celles où j’ai rencontré le plus d’obstacles ont été les langues et la synthèse.
Comment t’organisais-tu au quotidien pour gérer la charge de travail ?
Une question à laquelle il n’y pas de réponse vraiment définie dans mon cas ! J’ai essayé différentes méthodes (pomodoro, emploi du temps, etc…), mais j’ai majoritairement fonctionné à l’instinct. Avec le CNED, j’avais déjà développé une forte capacité de travail : autonomie car absence d’encadrants externes ; exigence et perfectionnisme, car étant seule, je ne savais pas me situer par rapport aux autres, ce qui me poussait à toujours me dépasser ; forte honnêteté intellectuelle envers moi-même, car j’étais ma principale évaluatrice. Ces 3 ingrédients m’ont permis en prépa de développer un instinct de travail flexible, qui s’adaptait à mes besoins fluctuants dans les différentes matières, contrairement à un emploi du temps figé qui, par nature, ne prend pas en compte les fluctuations de la répartition de la charge de travail globale. J’avais donc en tête de grands axes, mais je travaillais surtout au jour le jour en fonction de mes besoins.
As-tu utilisé des ressources en ligne ou fait appel à un accompagnement extérieur ?
Absolument ! J’ai fait appel de manière plus ou moins prolongée à des professeurs particuliers d’ESH (et de CSH pour les oraux) et j’ai eu un suivi long en maths et en synthèse (matière que je découvrais), dès la première année. Ces professeurs m’apportaient déjà beaucoup de ressources (notamment en maths !), sachant que MyPrepa était aussi très efficace en la matière (pléthore d’exercices de maths, d’articles en langue, de sources en ESH, etc). J’ai donc limité mes ressources externes « personnelles » à des lectures d’actu étrangères, des newsletters en ESH, et quelques bonnes émissions, articles en ligne et romans/nouvelles pour la CG.
Comment as-tu géré la pression et les moments de doute ?
Des moments de doute, je n’en ai jamais vraiment eus. Toute ma promo savait dès la rentrée de 1A qu’HEC était mon unique cible verrouillée ! Certes, une telle mentalité entraîne inéluctablement une certaine pression, qui connut d’ailleurs son acmé à Noël en 2A… Mais j’ai toujours réussi à gérer le stress de sorte qu’il ne contamine pas mes performances et mes avancées, car je m’en servais avant tout comme moteur pour m’obliger à toujours aller plus loin pour le vaincre en l’écrasant.
À quel moment as-tu commencé à croire que HEC était possible pour toi ?
J’y ai cru dès que je l’ai connue, c’est-à-dire en 3ème. J’ai vu que les matières de la prépa étaient celles que je souhaitais approfondir après le lycée, et qu’HEC était le nec plus ultra de cette filière, l’école la plus difficile à intégrer. Mon raisonnement a donc été très simple : j’y rentrerai !
Les concours écrits : Comment se sont-ils passés et quelles étaient tes notes ?
Mes notes étaient suffisamment bonnes pour que je sois classée 330ème à HEC ! Psychologiquement, j’ai vécu ces écrits avec beaucoup de détermination, car ils devaient refléter toutes mes années de travail et prouver à l’école que je visais que je méritais ma place sur ses bancs.
Comment as-tu appréhendé la période des oraux ? Quelle stratégie en termes de révision ?
J’ai appréhendé cette période avec sérénité, car les oraux sont mon point fort et que j’y prends beaucoup de plaisir ! Je révisais, certes, mais je m’entrainais aussi beaucoup, et ce, de diverses manières : en plus des cours et sessions organisées par MyPrepa dans différentes matières (dont triptyque), je travaillais en petits groupes d’amis la CSH et le triptyque ; j’enregistrais des khôlles en ESH et réclamais des sessions de QSP supplémentaires avec mes professeurs de MyPrepa ; je faisais des khôlles de maths et de philo avec des professeurs particuliers ; je tenais des conversations libres de parfois plus d’une heure avec mon professeur d’Espagnol de MyPrepa ; etc. En bref, un programme bien chargé mais que j’assumais avec plaisir !
Lire plus : Oraux ESH HEC Paris : Les derniers annales des concours !
Raconte-nous ton Tour de France des Grandes Écoles de commerce !
Il n’y a pas eu de Tour de France, puisque je n’ai passé que les oraux du top 3. Je n’ai donc pas eu à beaucoup voyager, et je m’en réjouis, car cela m’a permis d’économiser mes forces pour ma cible. J’ai d’ailleurs eu un excellent tirage, qui m’a permis de monter en puissance jusqu’à mon objectif, puisque j’ai passé l’ESCP, l’ESSEC, puis… Je suis allée 3 jours à Jouy-en-Josas.
Comment expliques-tu ta « remontada » de 302 places à HEC Paris à l’issue des oraux ?
Déjà, par mon aisance à l’oral, qui naît de mon amour de l’échange direct avec autrui, puis par les notes qui en ont découlé, avec notamment : 17 en CSH, 18 en triptyque et 20 en maths. Ma posture a certainement aussi joué : je venais certes proposer un contenu, mais je ne cherchais pas à l’imposer lors des entretiens. Je restais ouverte d’esprit, je voulais construire des réflexions avec mon jury et je gardais en tête qu’un oral doit être un moment sympathique et stimulant pour l’ensemble des participants.
Si tu devais donner 3 conseils à un préparationnaire ECG, quels seraient-ils ?
Bien manger, bien dormir, et bien travailler (dans cet ordre !!). La formulation est comique, mais ces conseils n’en demeurent pas moins vrais !
Pendant ma prépa, j’ai eu le souci de prendre soin de mon cerveau, en sa qualité de principal outil de travail. Et pour en prendre soin, il faut : une alimentation équilibrée (produits de qualité et non transformés, pas d’alcool, pas de tabac,…) et un sommeil qualitativement et quantitativement suffisant et adapté aux besoins de votre corps (car travailler au détriment du sommeil vous rend improductif et vous enferme dans un cercle vicieux de difficultés stressantes et d’énervements). Je pense donc sincèrement que ce n’est qu’avec ces deux piliers que vous parviendrez à appliquer mon troisième conseil, qui est de bien travailler. Ceci se fait certes en écoutant les recommandations de vos professeurs et en suivant en parallèle votre propre instinct, mais aussi et surtout en travaillant avec passion, en y prenant du plaisir.
Quelle a été ta plus grande fierté pendant ces deux années ?
Ma plus grande fierté est très clairement mon admission HEC, puisque c’est un objectif que j’ai depuis très longtemps (avec pour bonus d’être admise dans tout le top 3).
Qu’est-ce que la prépa t’a appris au-delà des cours ?
Au-delà des cours, la prépa ne m’a pas tant appris qu’elle ne m’a permis de confirmer que, grâce à mes expériences singulières, j’avais déjà développé un tempérament et des compétences qui m’accompagneront tout au long de ma vie, au fil des projets que j’entreprendrai.










