Est-ce que la guerre en Iran représente-t-elle un point de non-retour pour la présidentielle de Donald Trump ? Les erreurs et les prévisions politiques du président semblent être de plus en plus évidentes à mesure que le conflit dure et de l’impact qu’il a sur le pouvoir d’achat des nord-américains. Avec les prochaines élections de mi-mandat, des critiques au sein du parti républicain se font de plus en plus entendre. Sans compter que les pays de l’Otan font la sourde oreille devant les demandes de Donald Trump de soutien militaire. Dans cet article de Mister Prépa, on t’explique si la guerre en Iran va-t-elle créer une fracture dangereuse à la pérennité du mouvement MAGA.
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L’illusion d’une guerre éclair et l’enlisement du conflit.
Le conflit en Iran dure depuis plus d’un mois, et rien n’indique que les hostilités vont cesser. L’administration de Trump ne s’attendait pas à ce que le conflit puisse s’enliser autant. En réalité, Donald Trump, dont l’une des forces politiques majeures réside dans sa capacité à imposer sa propre réalité au monde, se heurte ici à un mur de faits concrets. Malgré la destruction massive d’infrastructures et l’élimination de figures clés ,notamment le leader spirituel Khamenei, le régime iranien survit. Plus inquiétant encore, ses stocks d’uranium hautement enrichi restent hors de portée.
La stratégie de Téhéran a pris de court Washington : loin de s’effondrer, l’Iran a propagé le conflit aux pays voisins et a activé son levier le plus puissant : le blocage du détroit d’Ormuz. De nombreux experts s’accordent à dire que les États-Unis se sont engagés dans cette voie sous la pression d’Israël, suite aux manifestations d’octobre en Iran. Pourtant, le changement de gouvernement tant espéré par Trump n’a pas eu lieu. Au contraire, l’Iran mène une guerre parallèle contre l’industrie énergétique mondiale, prouvant que le temps joue en sa faveur. Alors que les stocks de batteries d’intercepteurs américains et israéliens s’épuisent, l’Iran dispose encore d’un arsenal de drones conséquent pour harceler le trafic maritime.
Un séisme économique : l’inflation, l’ennemi intérieur
La première conséquence néfaste de cette guerre prolongée est purement comptable. Pour l’État américain, plus de 200 000 milliards de dollars (selon les ordres de grandeur évoqués par Pete Hegseth, secrétaire de la Défense) sont en jeu ou déjà alloués. Mais le coût le plus direct pour le citoyen américain se lit à la pompe à essence.
Alors que l’une des promesses phares de la campagne de Donald Trump était la lutte contre l’inflation, la guerre en Iran contribue massivement à augmenter le coût de la vie. Le prix de l’essence s’envole, ce qui se répercute immédiatement sur le prix des denrées alimentaires. Le baril de Brent a déjà franchi la barre des 110 dollars après des attaques sur des hubs gaziers au Qatar. Si le détroit d’Ormuz reste fermé, les experts prédisent un pétrole à 150 dollars.
À l’investiture, les prix du gallon de pétrole et de diesel étaient respectivement de 3,11 $et 3,72$. Aujourd’hui, ils atteignent 3,88 $et 5,09$. Pour un président élu sur la prospérité économique et le protectionnisme, ce bilan est désastreux.
Une fracture au cœur du mouvement MAGA
Il existe également un coût politique interne sans précédent. Selon le New York Times, la guerre en Iran est le conflit le moins soutenu des temps modernes : seulement 41 % des Américains y sont favorables, un chiffre dérisoire comparé aux 97 % de soutien lors de la Seconde Guerre mondiale. Cette impopularité crée une polarisation profonde au sein même du camp républicain.
Le silence du vice-président est symptomatique du malaise qui règne à la Maison-Blanche. Plus grave encore, des figures de proue du mouvement commencent à faire défection. Joe Kant a ainsi justifié sa démission par une lettre ouverte accusant Trump d’avoir déclenché une guerre pour le compte d’Israël alors que l’Iran ne représentait pas une menace imminente pour la sécurité nationale américaine. Même des voix médiatiques influentes comme Tucker Carlson parlent ouvertement de “trahison” vis-à-vis des promesses de campagne de “finir les guerres sans fin”.
Si les partisans les plus fanatiques restent fidèles au président, ce socle ne suffit plus à garantir une majorité. La domination absolue de Trump sur le Parti Républicain s’effrite à mesure que les cercueils de militaires américains (déjà 13 décès confirmés) reviennent au pays.
L’isolement diplomatique et le refus de l’OTAN
Sur la scène internationale, la rupture est consommée. La guerre en Iran n’a pas été voulue par les alliés de l’OTAN. Malgré les menaces de Trump affirmant que l’OTAN aurait un futur “très sombre” s’ils ne l’aidaient pas à rouvrir le détroit d’Ormuz, le refus a été unanime. Les alliés européens et canadiens font la sourde oreille.
Ce rejet est d’autant plus marquant que ces mêmes pays avaient envoyé des renforts massifs en Afghanistan et en Irak par le passé. Aujourd’hui, les relations sont trop détériorées par la politique tarifaire agressive de Trump et son mépris pour le multilatéralisme.
Les élections de mi-mandat : l’heure de vérité
Le calendrier politique est implacable. Le 3 novembre prochain auront lieu les élections de mi-mandat, et les indicateurs sont au rouge pour l’administration. La probabilité que les Républicains perdent le contrôle de la Chambre des représentants est désormais extrêmement élevée. Quant au Sénat, les chances de basculement vers les Démocrates ont bondi de dix points pour atteindre les 50 %.
Une défaite électorale transformerait Donald Trump en “canard boiteux” (lame duck) pour le reste de son mandat. Sans le contrôle du Congrès, il ne pourra plus mener sa politique intérieure et verra son influence sur sa propre succession s’évaporer.
Un président acculé : le risque de l’escalade
Face à l’échec, la psychologie de Donald Trump laisse craindre le pire. S’il ne peut pas gagner en Iran, il pourrait chercher une “victoire” ailleurs pour détourner l’attention, ou s’en prendre à ses ennemis intérieurs. On évoque déjà des menaces sur les licences de diffusion des médias critiques ou des pressions directes sur la Réserve fédérale pour baisser les taux d’intérêt malgré l’inflation galopante.
À l’étranger, le président pourrait choisir de se venger sur ses alliés en abandonnant définitivement l’OTAN ou en coupant l’aide à l’Ukraine pour punir l’Europe de son inaction en Iran. Si le conflit ne trouve pas d’issue rapide ,et le rétablissement des marchés pétroliers prendrait de toute façon des mois après la fin des hostilités, la présidence Trump pourrait bien s’écraser au sol, victime d’une guerre qu’elle pensait pouvoir dominer par la simple force de la volonté.










