Elle compte 4 tentatives, dont 3 échecs et finalement la victoire. La candidate Keiko Fujimori est devenue la nouvelle présidente du Pérou. Elle est la neuvième présidente du pays en seulement dix ans.
Keiko Fujimori, fille du controversé ancien président Alberto Fujimori, est finalement devenue présidente grâce à une victoire gagnée de justesse. Keiko va ainsi diriger un Pérou fortement divisé, ce qui ne lui présage pas un avenir très différent de celui de ses prédécesseurs.
En effet, le Pérou traverse une crise sécuritaire et économique, sans compter le chaos politique qui règne dans le pays et la méfiance grandissante de la population envers la classe politique.
Dans cet article de Mister Prépa, on t’explique qui est Keiko Fujimori et pourquoi le Pérou l’a choisie comme présidente malgré le passé controversé de son père.
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Le père : Alberto Fujimori
Keiko Fujimori est née à Lima en 1975. Sa vie va changer drastiquement lorsqu’à l’âge de 15 ans, en 1990, son père devient président du Pérou. À cette époque, le pays est en pleine crise. Durant son mandat, Alberto Fujimori a conduit des politiques radicales, notamment pendant la période appelée le « Fujimorazo », en 1992. Cet événement consiste notamment à fermer le Congrès et à modifier l’équilibre des pouvoirs dans le pays.
Après le retrait de sa femme, c’est Keiko qui devient la première dame durant le mandat de son père. D’un côté, cela lui permet d’obtenir une expérience hors du commun dans le monde de la politique dès ses 19 ans. Mais de l’autre côté, la population reste profondément divisée sur le bilan de son père.
Ses partisans expliquent que la politique de la main de fer d’Alberto Fujimori a permis de mettre un terme à la violence du groupe Sendero Luminoso et de rétablir un certain équilibre économique dans le pays. Mais certains lui reprochent d’avoir mis à mal les droits humains et les institutions démocratiques. Dans les années 2000, les accusations le concernant augmentent et la justice accentue la pression sur lui. Finalement, il démissionne et s’exile au Japon. Néanmoins, par la suite, il est arrêté lors d’un voyage au Chili et condamné en 2009 pour corruption. En 2024, il obtient une dérogation lui permettant de sortir de prison et, peu de temps après, il meurt.
Mais bien avant sa mort, le fujimorisme a essayé sans relâche et sans succès de revenir au pouvoir. Keiko Fujimori va progressivement devenir la principale représentante de cette volonté de retour politique.
La fille : Keiko Fujimori, un nouvel espoir pour le mouvement ?
Dès le retrait de son père de la scène politique, Keiko Fujimori est considérée comme la principale figure du mouvement. En 2006, elle entre au Congrès et, peu après, elle crée son propre parti, « Fuerza Popular ». Elle souhaite continuer l’héritage politique de son père tout en essayant de s’éloigner de certaines polémiques. L’une de ses mesures phares est notamment de rétablir l’ordre et de renforcer la sécurité dans le pays.
Néanmoins, malgré ses efforts, son parcours politique n’a pas été épargné par les controverses. En effet, elle a été placée en détention préventive pendant 16 mois, entre 2018 et 2020, dans le cadre d’une enquête concernant le recours à des financements illégaux durant une campagne politique. Malgré cela, elle a pu se présenter aux élections nationales, alors que le mouvement de Fujimori avait pourtant significativement perdu en popularité.
Comment Keiko Fujimori a-t-elle pu remporter les dernières élections ?
Le Pérou fait face à une véritable crise de représentativité politique. En effet, Keiko Fujimori est la neuvième présidente du pays en une décennie. Durant les élections présidentielles, plus de 35 candidats se sont présentés. Face à des candidats parfois peu connus du grand public, une partie de la population a voté pour Keiko Fujimori.
En effet, pour les votants, Keiko Fujimori était l’un des seuls visages véritablement reconnaissables de cette élection. Sa notoriété, construite depuis plusieurs années, lui a donc permis de se qualifier pour le deuxième tour. Son nom de famille a également joué un rôle important dans une élection où de nombreux candidats étaient encore inconnus de la population.
Pour autant, elle doit sa victoire définitive à seulement 49 700 votes, soit 0,27 % des votants. Cette victoire lui apporte donc une position particulièrement fragile. Elle devra prendre en compte les partisans de gauche de son adversaire et tenter de rassembler une population profondément divisée si elle ne souhaite pas perdre son poste comme plusieurs de ses prédécesseurs.
