Les incendies massifs en France du mois de juillet 2026 mettent en exergue les conséquences du changement climatique et la nécessité de s’adapter au plus vite. Avec plus de 312 feux de forêt décrétés en France selon le Système européen d’information sur les feux de forêt (EFFIS), l’année 2026 s’impose comme un puissant signal d’alerte. Face à ces feux dévastateurs, les Français prennent conscience de la nécessité d’agir dans un monde plus chaud, plus sec et dont la végétation est, par conséquent, plus inflammable. En effet, en 2006 l’EFFIS recensait 12 incendies par an soit une augmentation de 2 500% en seulement 20 ans. Toutefois, cette situation n’est pas réduite à la France et se doit d’être analysée à toutes les échelles de la planète.
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Une planète en feux
À l’échelle européenne, ce sont 450 000 hectares touchés par les incendies selon l’EFFIS. Une surface non négligeable pour un territoire qui a été historiquement épargné par de tels scénarios. L’Espagne est, par exemple, l’un des pays les plus vulnérables en raison de sa position géographique. Après avoir été sous l’eau en 2025, l’Espagne est désormais sous les flammes et voit ses terres brûler dans les régions de Castille-et-León et de Guadalajara (à une centaine de kilomètres de Madrid). L’Espagne devient ainsi un laboratoire européen des tensions écologiques, économiques et sociales liées au réchauffement, qui touche particulièrement le bassin méditerranéen. Ce qui se passe actuellement en Espagne montre bien que désormais le combustible n’est plus seulement la forêt, mais aussi le réchauffement climatique. Malheureusement, ce phénomène ne se limite pas à l’échelle européenne, le Dixie Fire de 2021 en Californie en témoigne. Avec plus de de 300 000 hectares brûlés et 6 000 pompiers mobilisés cet incendie avait fait le tour de la planète en raison de son intensité et des conséquences économiques et sociales. En effet, il est devenu le feu le plus cher de l’histoire des États-Unis en coûtant plus de 637, 4 millions de dollars. Désormais, les pays sont prévenus, les incendies sont de plus en plus fréquents et ont des conséquences plurithématiques. Une réaction internationale semble, par conséquent, inévitable.
Une action internationale inexistante
La question des incendies devient centrale lors des meetings internationaux tels que la Conférence des parties (COP). Depuis la COP 26 de Glasgow, 145 États se sont engagés à « travailler collectivement pour arrêter et inverser la perte de forêts et la dégradation des terres d’ici 2030 », en signant la Glasgow Leaders’ Declaration on Forests and Land Use selon l’IRIS. En effet, la question des feux de forêt s’inscrit dans une démarche plus large qui n’est autre que la lutte contre la déforestation. Il s’agit en réalité d’un cercle vicieux : la déforestation alimente le réchauffement climatique qui lui-même accentue le nombre d’incendies qui brûlent les forêts. Ainsi, agir contre les incendies c’est non seulement préserver une planète à température ambiante tout en mettant fin à ce cycle nocif. L’urgence est de mise, comme en témoigne le rapport Le climat futur en France : à quoi s’adapter ? publié par Météo France le 20 mars 2025. Ce dernier met en avant que la France doit désormais se préparer non plus au climat actuel, mais à celui d’un réchauffement moyen de +4 °C d’ici 2100, conformément à la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC). Ce scénario prévoit une hausse considérable des feux de forêt avec, par exemple, pour les régions méditerranéennes un nombre de jours de risque élevé qui sera multiplié par deux. La saison de risque élevé ou modéré de feux s’allongera de 1 à 2 mois dans certaines régions. La France n’est pas un cas parmi d’autres, des mesures internationales semblent donc primordiales. Lors de la COP 30 à Belém, les pays n’ont pris aucune mesure drastique pour préserver à la fois nos forêts et freiner cette augmentation fulgurante des températures. En effet, malgré la présence remarquée des peuples autochtones, la COP s’est terminée sans avancée nette.
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Prospective scientifique
De nos jours, le réchauffement climatique n’est pas seulement un enjeu politique et scientifique, il devient un enjeu militaire. Il suffit de regarder le scénario prospectif intitulé “ Après la nuit carbonique ” élaboré par la Red Team sous l’égide du ministère des Armées, dans le cadre du programme d’anticipation stratégique lancé en 2019 par l’Agence de l’innovation de défense. Celui-ci se déroule en 2035 avec le déclenchement d’un incendie d’une ampleur majeure dans des puits de pétrole. Cette catastrophe provoque une crise mondiale et conduit les États à considérer la décarbonation comme une condition de survie. Au-delà de la fiction, ce scénario met en avant l’évolution profonde de la pensée stratégique militaire française. Cette approche confirme que le changement climatique s’impose désormais comme un enjeu majeur de sécurité et de défense.
Pour aller plus loin:
L’ouvrage Fire Weather de John Vaillant
Le livre explique que la météo en Alberta, dans le cas de l’ouvrage, était particulièrement propice au déclenchement d’un incendie. Parmi les facteurs figurent notamment les températures élevées et la sécheresse inhabituelle pour un mois de mai. Sélectionné parmi les livres marquants de 2023 par The New York Times, il met en exergue l’importance de faire face au réchauffement climatique et les dangers qu’il engendre.
