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Saint-Augustin : la Cité de Dieu

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Saint-Augustin : la Cité de Dieu

Augustin d’Hippone ou Saint-Augustin, né le 13 novembre 354 dans la province romaine d’Afrique et mort le 28 août 430 à Hippone, est un philosophe et théologien chrétien romain. Il est l’un des quatre premiers Pères de l’Église latine à se voir conférer le titre honorifique de docteur de l’Église.

Il est le penseur le plus influent du monde occidental jusqu’à Thomas d’Aquin, qui, huit siècles plus tard, donnera un tour plus aristotélicien au christianisme. Malgré tout, sa pensée conserve une grande influence et inspire les théodicées de Malebranche et Leibniz.

 

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Les Confessions

Les Confessions est une œuvre autobiographique de Saint-Augustin, où il raconte sa quête de Dieu. Il a un double but, avouer ses péchés et ses fautes directement à Dieu, mais aussi proclamer la gloire de Dieu.

Saint-Augustin évoque ses premières années, ses premiers péchés et son rejet de l’école. Il revient sur ses débauches et ses désordres à l’adolescence, notamment le vol de poires.

Augustin relate ses amours impures, sa découverte du manichéisme et sa relation avec une concubine. Il examine ses années de vice jusqu’à l’âge de 28 ans, sa passion pour l’astrologie et la mort d’un ami.

Après avoir découvert le néoplatonisme, Augustin approfondit sa réflexion sur le bien et le mal, et revisite son appréciation du Christ.

Il se tourne vers la foi chrétienne, se prépare au baptême et fait le deuil de sa mère. Il médite sur la confession, la mémoire et la louange, et se tourne vers le Christ comme seul médiateur.

Augustin explore le temps et la création ex nihilo, et cherche à comprendre le rôle de la mémoire. Il réfléchit sur les interprétations des Écritures et la profondeur de la création, guidé par l’Esprit-Saint.

Pour finir, il interprète la création comme une manifestation de la bonté divine et compare la création à l’Église.

 

La Cité de Dieu

Augustin répond aux critiques païennes qui blâmaient les chrétiens pour la chute de Rome en 410 après J.-C. Il souligne que la chute de Rome était due à des facteurs historiques complexes plutôt qu’à une défaillance morale des chrétiens.

Tout au long de cette œuvre, Saint-Augustin envisage deux cités, l’une terrestre, l’autre céleste :

Ce que désigne Augustin en parlant de cité terrestre est sans doute le monde tel qu’il va, avec ses institutions, son histoire, ses gouvernants, ses bonheurs et ses malheurs. Cette cité terrestre est bâtie sur l’amour de soi comme idolâtrie. Ce n’est donc pas seulement une cité comme une ville où un gouvernement, mais une disposition intérieure.

La cité de Dieu est plus difficile à saisir. Elle se rapporte à la sagesse, la paix, au culte unique de Dieu, aux saints du ciel, à l’Église, à la providence divine. La cité de Dieu est présente sur la terre, mais elle y est en exil.

Les deux cités sont donc à la fois distinctes et mélangées, jusqu’à la fin des temps. Cela veut dire qu’il ne sera jamais possible de mettre en place un pouvoir civil qui puisse se confondre avec la cité de Dieu.

Toutefois, la cité terrestre aspire à la paix. Elle est effectivement capable de l’atteindre par ses lois, par ses institutions ainsi que par une sagesse qui y est présente. La cité céleste est autonome par rapport à la cité terrestre, mais elle n’y est pas indifférente. Les deux cités luttent entre elles, mais elles sont appelées à vivre dans la concorde.

Le rapport entre les deux cités vise à distinguer le temporel et le spirituel, le trône et l’autel, l’Église et l’État, ou ce que nous appellerions aujourd’hui le religieux et le politique. Augustin a voulu potentiellement unir ce qui était séparé, les deux pouvoirs.

Néanmoins, le fait d’être citoyen de la cité céleste n’exempte pas des devoirs de citoyens de la cité terrestre. « La cité de Dieu ne confère à ses ressortissants l’immunité diplomatique« .

Augustin utilise la Cité de Dieu pour illustrer comment les chrétiens doivent vivre dans le monde, tout en reconnaissant que le monde est imparfait et soumis au péché. En d’autres termes, les hommes doivent chercher à vivre dans la Cité de Dieu tout en résidant dans la cité terrestre. Ils doivent comprendre qu’on ne peut atteindre la perfection qu’après la mort.

Plus qu’une théorie politique destinée à donner forme aux institutions de ce monde, Augustin évoque un combat qui a lieu au plus intime de chacun, pour la primauté de l’amour de Dieu ou de l’amour de soi.

 

De la Trinité

L’auteur a pour objectif de combattre les erreurs de la raison qui corrompent la foi et de montrer la vérité de la trinité des personnes en un seul et vrai Dieu.

Augustin veut convaincre les philosophes païens de la nécessité d’un médiateur divin. Il veut également convaincre ses lecteurs que la rédemption et la croissance spirituelle dépendent de notre capacité à se voir comme image d’un Dieu trine.

À la question pourquoi seul le Fils s’est fait homme, Augustin répond que le Christ s’est incarné pour communiquer avec les hommes et leur offrir un exemple à imiter.

Pour lui, à la différence des néo-platoniciens, Plotin et Porphyre, les hommes ne connaissent pas Dieu par union avec lui. Ils doivent passer par l’intermédiaire du médiateur qu’est le Christ, dont le sacrifice défait le mal sans qu’il soit besoin de passer par les rites des néo-platoniciens. Augustin se différencie ainsi des néo-platoniciens qui envisagent le temps comme milieu immobile, immuable.

Augustin développe l’idée que l’homme n’est pas créé à la ressemblance du Fils seul, mais de la Trinité. Il identifie vérité et bonté à Dieu et lie connaissance, compréhension et amour humain à Dieu. Il développe des trinités analogiques inspirées par l’Évangile de Jean, telles que la trinité de l’aimant, de l’aimé et de l’amour. 

Pour Augustin, l’être humain est un être en relation. Pour se connaître, il ne doit pas seulement avoir conscience de soi et se penser, mais aussi se comprendre.

Augustin insiste pour montrer que Dieu est hors des catégories humaines. La reconnaissance de cette transcendance ne s’accompagne pas d’un refus de savoir. Elle est au contraire une reconnaissance de la finitude humaine face à l’infini.

Informations complémentaires

 

Le Bien et le Mal

Augustin joue un rôle de premier plan dans l’évolution de la notion de justice. De son passé manichéen, il garde une forte distinction entre le Bien et le Mal. Toutefois, le néoplatonisme, qui a fortement influencé sa conversion, l’a amené à une conception d’un Dieu fort. Ce Dieu, à l’inverse du Dieu faible des manichéens, assure qu’à la fin le Bien l’emporte. Le Dieu d’Augustin est à la fois au-dessus des êtres humains et au plus profond d’eux-mêmes.

La supériorité de Dieu

Il est le théologien qui insiste le plus sur la transcendance divine. En effet, pour lui, les pensées de Dieu ne sont pas les pensées des hommes. Selon lui, la croyance inverse constitue précisément le péché originel. Le poids et l’habitude du péché sont tels que, sans la grâce divine, l’homme ne peut pas se sauver.

Augustin met malgré tout l’accent sur la capacité que confère la raison à l’homme de s’approcher de la vérité des choses. La vérité absolue n’étant pas de ce monde.

Le gouvernement selon Saint-Augustin

L’approche du politique chez Augustin est marquée par le réalisme. S’il reconnaît la nécessité du gouvernement, il ne lui accorde qu’une place seconde face à la morale. Il estime qu’il faut éviter de choisir les gouvernants parmi les êtres égocentriques et irrationnels. Les dirigeants restent toujours responsables de leurs actes.

 

L’harmonie du cosmos

Saint-Augustin affirme que le monde n’est pas le résultat du hasard, il suit des cycles. Le monde est la création de Dieu.

À cette affirmation, un athéiste pourrait répondre : pourquoi Dieu qui est tout-puissant crée des catastrophes ? Saint-Augustin avait prévu cette interrogation et atteste que Dieu n’a pas voulu le mal, mais l’a permis pour éviter un mal plus grand. Ce principe est celui du « moindre mal ».

Hans Jonas n’y croit pas, car Dieu tout-puissant éviterait le moindre mal. Dieu comme l’homme à ses fragilités pour lui.

 

Lire plus : Sigmund Freud : pouvons-nous nous contrôler ?

 

Je vous donne ci-dessous plusieurs sources que je consultais en prépa pour me cultiver en philosophie :

Les Bons Profs (chaîne YouTube)

Digischool (site Internet / chaîne YouTube)

Cyrus North (chaîne YouTube)

Le Précepteur (chaîne YouTube)

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Stéphane Westermann
Après deux années de prépa ECG au Lycée Georges de la Tour à Metz, j'ai pu intégrer Neoma avec pour objectif d'assister les étudiants dans l'excellence de leur Culture Générale et de leur langue allemande !