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La défaite de Javier Milei face aux péronistes

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Banque centrale Argentine

Début septembre 2025, le parti de Javier Milei, La Libertad Avanza, a été battu par l’opposition péroniste lors des élections législatives provinciales dans la plus grande circonscription électorale du pays, c’est-à-dire à Buenos Aires. Les péronistes ont réussi à s’imposer avec 47,25 % des voix par rapport aux 33,72 % de La Libertad Avanza. 

« Sans aucun doute, sur le plan politique, nous avons aujourd’hui subi une défaite claire », a reconnu le leader libertarien après l’annonce des premiers résultats. Et bien qu’il ait adopté un ton autocritique, il a aussi averti que « la direction pour laquelle nous avons été élus en 2023 ne sera pas modifiée, mais redoublée ». La victoire péroniste a profité à Axel Kicillof, l’actuel gouverneur de Buenos Aires, place Javier Milei dans une position affaiblie et pourrait représenter u point de bascule pour le gouvernement argentin. Dans cet article de Mister Prépa, on t’explique les raisons de la défaite de Javier Milei et les possibles incidences sur les élections présidentielles de 2027.

 

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Échec de la stabilisation de l’économie

La principale promesse de Milei avant d’arriver à la Casa Rosada en 2023 était de récupérer et stabiliser l’économie argentine. Quand bien même il a réussi à contrôler l’inflation et à stabiliser dans une certaine mesure le taux de change, les Argentins soint moins pessimistes. En effet, la pauvreté a atteint un niveau record en 2024 (54,8%). Selon le Zuban Córdoba de juillet dernier, 50,3 % des Argentins ont peur de perdre leur emploi et que 63,7 % affirment qu’il leur est de plus en plus difficile dans la vie quotidienne. Une grande partie de l’Argentine considère que la situation économique s’est détériorée.

Mise à mal des entreprises et du marché

Les mesures prises par le président pour ouvrir les marchés ont durement frappé les industries locales. Depuis que Mieli a pris ses fonctions, la province de Buenos Aires a vu perdre plus de 44 000 emplois dans le secteur privé. De plus, pour éviter la dollarisation des portefeuilles, Milei a relevé les taux d’intérêt en pesos jusqu’à 70 %, puis augmenté les réserves obligatoires, réduisant la circulation de la monnaie locale.

Une semaine avant le scrutin, le gouvernement a annoncé la fin du système de bandes de change convenu avec le FMI, tout en vendant des dollars du Trésor.  Le président a attribué l’instabilité à ce qu’il a appelé « le risque kuka », en référence à une crainte supposée des marchés et investisseurs d’un retour du kirchnérisme à l’issue du vote.

En effet, à la suite des élections, les marchés se sont réveillés avec une hausse du dollar, tandis que les actions argentines cotées à Wall Street ont enregistré de lourdes pertes.


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Javier Milei : Le scandale de corruption

À moins d’un mois du scrutin, un scandale de corruption a frappé son entourage personnel et politique. Le 20 août, une série d’audios a été révélée, liant prétendument sa sœur et secrétaire présidentielle, Karina Milei, à un système de pots-de-vin dans l’Agence nationale du handicap.

Bien que Milei et son gouvernement aient rejeté la véracité des accusations et les aient qualifiées de manœuvre politique du péronisme, le scandale a déclenché une crise à l’intérieur de la Casa Rosada et suscité des doutes sur le cercle rapproché du président.
Un coup dur, sachant que son discours de campagne en 2023 promettait précisément de mettre fin à la « caste » des fonctionnaires corrompus profitant de l’État.

De plus l’image de Milei avait déjà été affectée par d’autres polémiques, comme l’affaire $LIBRA, la cryptomonnaie que le président avait promue sur ses réseaux sociaux.

Même avant ce scandale, la popularité de Milei était déjà en baisse. En effet, l’Indice de confiance dans le gouvernement a atteint son plus bas niveau en août, passant de 2,45 points à 2,12 en un mois, soit une chute de 13,6 %.

Les tensions au Congrès

Les conflits politiques de Milei se faisait déjà sentir au Parlement. Bien que l’exécutif n’ait pas la majorité, il avait réussi jusque-là à faire passer plusieurs projets. Mais, dans les semaines précédant le scrutin, il a subi plusieurs défaites importantes.

En septembre, le Congrès a annulé son veto à une loi déclarant l’urgence en matière de handicap et attribuant davantage de fonds au secteur, réaffirmant une norme que Milei avait tenté de bloquer. De plus, le Sénat a rejeté une série de décrets présidentiels destinés à réduire le budget de l’État, approuvant à la place une augmentation des dépenses pour l’éducation et la santé.

À la suite de sa victoire, Axel Kicillof avait prononcé que les urnes avaient indiqué que Milei ne peut pas arrêter les travaux publics ni aux retraités, à la santé et à l’éducation.

C’est dans ce contexte parlementaire difficile que les législatives d’octobre deviennent cruciales pour Milei : il doit élargir sa base au Congrès pour assurer la gouvernabilité.

Malgré leurs profondes différences, les divers courants du péronisme ont réussi à s’unir pour ce scrutin provincial. Ce résultat, selon la presse locale, a impliqué une dose importante de pragmatisme.

Le 9 juillet, les trois dirigeants ont conclu un pacte qui a favorisé leur victoire dans les urnes, face à l’alliance réduite de Milei. Malgré son équilibre précaire, cette alliance devra rester soudée pour affronter les élections du 26 octobre.

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Piotr Sienicki