Lors du Forum économique mondial de Davos, Donald Trump a une nouvelle fois créé la surprise en affirmant qu’il serait possible, « ensemble », de bâtir une paix durable au Moyen-Orient. Dans un contexte international marqué par la multiplication des conflits armés, des tensions géopolitiques et un affaiblissement des institutions multilatérales traditionnelles, ce type de discours trouve un écho certain auprès de nombreux dirigeants et opinions publiques. Pourtant, derrière cette promesse ambitieuse, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer ce qui serait moins un projet de paix qu’une tentative supplémentaire de Donald Trump de remodeler l’ordre international à son profit.
Pour plusieurs experts en relations internationales, le « Board of Peace » s’inscrirait dans une logique plus large visant à remettre en cause l’ordre mondial hérité de l’après-Seconde Guerre mondiale. Les institutions comme l’ONU, conçues pour garantir un équilibre entre les États et prévenir les conflits majeurs, seraient progressivement remplacées par des structures informelles, dominées par la puissance américaine et, surtout, par l’influence personnelle de Donald Trump. Une vision qui divise profondément la communauté internationale.
Les réactions politiques ne se sont d’ailleurs pas fait attendre. En Europe, le Premier ministre polonais Donald Tusk a rapidement exprimé son opposition, déclarant sur les réseaux sociaux que la Pologne ne se laisserait pas manipuler par une initiative qu’elle ne maîtrise pas. À l’inverse, Viktor Orbán, Premier ministre hongrois, a salué le projet et félicité Donald Trump, confirmant une nouvelle fois sa proximité idéologique avec le président américain.
Dans cet article de Mister Prépa on t’explique quelles sont les intentions de Donald Trump par rapport au « Board of Peace » ? Se peut-il qu’il puisse remplacer l’ONU ?
Le rôle central de Donald Trump dans le « Board of Peace »
L’idée du « Board of Peace » a émergé au cours de l’année dernière, dans le contexte de la guerre à Gaza. Initialement perçue comme une proposition parmi d’autres, elle a progressivement gagné en ampleur pour devenir un projet structurant de la vision diplomatique de Donald Trump. Selon les informations disponibles, ce dernier en serait le président à vie, y compris après la fin de tout mandat présidentiel aux États-Unis. Une caractéristique qui alimente déjà de nombreuses critiques sur la personnalisation extrême du pouvoir au sein de cette nouvelle institution.
Les prérogatives attribuées au président du Board seraient particulièrement étendues. Donald Trump disposerait du pouvoir exclusif d’inviter ou d’exclure des États, de créer ou de démanteler des programmes d’aide internationale, et de décider des priorités diplomatiques. Pour devenir membre permanent du conseil, un pays devrait s’acquitter d’une contribution de 1 000 millions de dollars, un montant qui limite de facto l’accès aux États les plus riches et renforce l’idée d’une diplomatie fondée sur la capacité financière plutôt que sur l’égalité souveraine.
Dans le même temps, plusieurs événements ont contribué à accentuer les tensions internationales. L’arrestation du dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis, ainsi que les menaces américaines à l’encontre de l’Iran et même du Groenland, ont provoqué un véritable choc diplomatique, notamment en Europe. Lors de la conférence de Davos, une dizaine de pays ont néanmoins exprimé leur volonté de rejoindre le Board of Peace, parmi lesquels l’Argentine. À l’inverse, de nombreux États ont refusé d’y participer, craignant une perte de souveraineté ou une instrumentalisation politique.
Certains pays, comme le Royaume-Uni, se montrent particulièrement inquiets face à la possibilité d’une coopération étroite entre les États-Unis et la Russie dans le cadre de discussions de paix menées en dehors des cadres multilatéraux traditionnels.
Pour les pays les plus réticents, le « Board of Peace » apparaît avant tout comme un projet vaniteux, nourri par l’obsession de Donald Trump d’obtenir le prix Nobel de la paix. Une distinction attribuée en 2009 à Barack Obama, dès le début de son premier mandat, et que Trump n’a jamais caché envier. Face aux refus, l’ancien président américain n’a pas hésité à user de la menace économique, promettant notamment une augmentation drastique des droits de douane. Emmanuel Macron a ainsi été ciblé par des menaces pouvant aller jusqu’à 200 % sur les vins et champagnes français.
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Un véritable remplaçant de l’ONU ?
L’Organisation des Nations unies compte aujourd’hui 193 États membres, mais son rôle de garant principal de la paix internationale est largement contesté. Malgré les déclarations et les engagements répétés de son secrétaire général, António Guterres, l’ONU peine à empêcher les conflits, en grande partie parce que certains de ses membres continuent de financer ou d’alimenter des guerres.
Cependant, de nombreux spécialistes mettent en doute la capacité réelle de Trump à instaurer une paix durable. Celui-ci affirme avoir mis fin à huit guerres, mais dans les faits, il s’est le plus souvent agi de cessez-le-feu temporaires. Dans plusieurs cas, les hostilités ont repris rapidement, comme entre le Rwanda et la République démocratique du Congo. Au Moyen-Orient, la perspective d’une paix durable semble tout aussi fragile, notamment en raison de la participation de Benyamin Netanyahou, qui a clairement annoncé son opposition à toute création d’un État palestinien.
La guerre entre l’Ukraine et la Russie illustre également les limites du projet. Volodymyr Zelensky refuse catégoriquement de s’asseoir à la même table que Moscou sous l’égide d’un dispositif qu’il juge biaisé, ce qui rend toute médiation extrêmement complexe.
Malgré tout, le bouleversement provoqué par Donald Trump pourrait avoir un effet indirect : pousser l’ONU à se réformer en profondeur. Alors qu’António Guterres arrive à la fin de son second mandat, des discussions sont déjà en cours pour imaginer ce que pourrait être « l’ONU de demain », plus adaptée aux réalités géopolitiques contemporaines.


