Misterprepa

Culture Générale Excelia 2026 – Analyse du sujet

Sommaire
CULTURE GENERALE EXCELIA ANALYSE SUJET 2026

Découvrez sans plus attendre notre analyse du sujet Excelia 2026.

Notre équipe a réalisé un décryptage complet pour vous permettre de comprendre ce qui était attendu, ainsi que les axes de traitement possibles.

Cette analyse vous aide à comparer vos réponses avec celles proposées, et constitue également un excellent support pour ceux qui préparent les concours.

Pour arriver serein le jour J, découvrez notre kit de culture générale dédié à votre préparation.

 

L’analyse du sujet de Culture Générale Excelia 2026

Sujet 1 : Juger, est-ce un acte de courage ?

Le sujet proposé était classique, et invitait à un traitement dialectique. Il fallait donc dans un premier temps définir les termes, voir ce qui pouvait les rapprocher ou les distinguer, pour construire une opposition féconde, et finalement tenter un dépassement dans un dernier temps.

 

Analyse du sujet 

Juger semble être une activité proprement humaine : on ne cesse pas d’évaluer, d’analyser les situations et les individus qui nous entourent. Juger, c’est à la fois exercer ses facultés intellectuelles analyser, comparer, déduire et ses facultés morales distinguer le bien du mal, le juste de l’injuste. Mais juger, c’est aussi prendre position : c’est rendre une décision, comme le fait un juge, ou exprimer une appréciation, comme le critique d’art par exemple. Dès lors, juger engage le sujet : il suppose des valeurs, des présupposés moraux, et implique une responsabilité. C’est là aussi le propre du courage, lorsque cet engagement met en danger le sujet, l’expose, à la critique, au regard d’autrui, voir à la menace.

Ainsi, dans quelle mesure l’acte de juger, fondé sur des valeurs, porte-t-il en lui une ambivalence morale qui détermine s’il relève ou non d’un acte de courage ?

Nous verrons d’abord que juger engage le sujet et suppose un certain courage, avant de montrer que le jugement peut également être marqué par le conformisme ou la lâcheté, pour enfin souligner que cette ambivalence tient à la condition humaine elle-même, mais ouvre aussi la possibilité d’un perfectionnement du jugement.

 

Proposition de plan

I/ Juger : un acte qui engage le sujet et suppose un certain courage

Juger, c’est s’exposer à autrui et à soi-même par l’expression de valeurs dans un espace social et moral

Il semblait nécessaire pour aborder ce sujet de remarquer que juger, c’est s’exposer aux normes et aux attentes de la société. L’homme est un « animal social », son jugement ne se forme jamais dans un vide, mais toujours dans un contexte culturel et social particulier. Dès lors, porter un jugement, c’est risquer d’entrer en conflit avec les valeurs dominantes. C’est ce que montre la figure d’Antigone dans l’Antigone de Sophocle : en jugeant qu’il est moralement juste d’enterrer son frère, elle s’oppose à la loi de la cité incarnée par Créon. Son jugement est un acte de courage, puisqu’il la conduit à affronter l’autorité politique et à risquer sa vie.

Juger, c’est aussi prendre en risque vis-à-vis de soi-même par la remise en cause de ses propres certitudes.

On pouvait donc ensuite faire remarquer que le jugement véritable s’oppose aux opinions, dans la mesure où elle conduit à les examiner. En ce sens, il suppose une exigence intellectuelle. On peut penser à Socrate, dont la pratique du dialogue vise à interroger les opinions communes pour en révéler les contradictions. De même, dans les Méditations métaphysiques, René Descartes entreprend de suspendre tous ses jugements afin de reconstruire ses connaissances sur des bases certaines. Un tel geste exige un courage intellectuel, puisqu’il consiste à renoncer provisoirement à ses convictions les plus établies.

Ainsi, juger peut apparaître comme un acte d’engagement et de courage, tant sur le plan social que sur le plan intellectuel.

 

II/ Mais le jugement peut aussi relever du conformisme et de la lâcheté

Le jugement n’est jamais purement libre, il est déterminé par des forces sociales ou psychologiques

D’une part, le jugement peut être un simple effet de conformisme social. Loin d’être une expression libre et personnelle, il peut refléter les normes et les habitudes d’un groupe. Le jugement de goût, par exemple, semble souvent dépendre de critères socialement construits. Comme l’a montré Pierre Bourdieu, nos préférences esthétiques sont largement déterminées par notre milieu social. Dès lors, juger ne relève plus d’un acte de courage individuel, mais d’une reproduction des valeurs collectives.

Le jugement, soumis à la lâcheté ou à la peur

D’autre part, le jugement peut être motivé par la peur ou la lâcheté. Dans les régimes totalitaires, par exemple, juger devient souvent un acte d’adhésion contrainte : les individus déclarent juste ce qui est imposé comme tel, non par conviction, mais par peur. Le jugement cesse alors d’être une expression authentique pour devenir un instrument de survie.

 

III/ C’est donc une faculté ambivalente mais perfectible, liée à la condition humaine

Le jugement reflète l’ambivalence de l’homme

Cette ambivalence du jugement s’explique par la condition humaine elle-même. L’homme est un être à la fois déterminé et libre, influencé par son éducation, ses passions et son environnement, mais capable aussi de réflexion et de transformation.

Comme le souligne Blaise Pascal, dans ses Pensées l’homme est marqué par une certaine instabilité : ses jugements varient selon les circonstances, les habitudes ou les influences qu’il subit. Ce que nous jugeons bon ou juste dépend souvent de notre éducation ou de notre culture. Le jugement humain est donc relatif, fragile, exposé à l’erreur.

Mais il est, comme l’homme, perfectible.

Cela n’exclut pas la possibilité d’un perfectionnement. Au contraire, elle en est la condition. Parce que l’homme est conscient de ses limites, il peut chercher à améliorer son jugement, à le rendre plus réfléchi, plus informé, plus juste. Le jugement n’est pas une faculté figée : il se forme, se corrige, s’affine au contact de l’expérience et de la réflexion.

 

Sujet 2 : Commentez la citation suivante : « J’ai personnellement plus de plaisir à comprendre les hommes qu’à les juger. »

 

Analyse du sujet

La citation proposée était tirée des Essais de Montaigne, et invitait à distinguer (mais également à rapprocher) le fait de juger et celui de comprendre, et à les rapporter à la notion de plaisir.

On pouvait d’abord définir les termes utilisés : comprendre est une faculté analytique, qui implique aussi la sensibilité lorsqu’elle se rapporte à un sujet humain. C’est chercher à saisir les causes, les effets liés à une situation donnée. Le jugement, quant à lui, s’il suppose aussi une part d’analyse, de retrait, est davantage marqué par sa dimension active. Juger, c’est aussi émettre un avis, donner son point de vue, ou condamner une situation.

S’agissant de la notion de plaisir, de ce qui provoque bien être, reconnaissance, un sentiment de progression et de réalisation du sujet humain, on pouvait d’emblée remarquer que juger comme comprendre pouvaient tous deux procurer un certain plaisir (ex : le jugement dans la critique d’art, juger d’un bon ou d’un mauvais film).

Pour autant, dans quelle mesure l’acte de comprendre pouvait-il procurer un plaisir supérieur à celui de juger ?

 

Proposition de plan

I/Comprendre les hommes : un plaisir intellectuel et une mise en retrait du sujet humain face à autrui

Comprendre les hommes suppose d’abord une suspension du jugement immédiat. Il s’agit de se décentrer, de mettre entre parenthèses ses propres valeurs pour saisir les raisons d’agir d’autrui.

Il fallait dans un premier temps valoriser les qualités liées à l’attention, à l’écoute, à la prise en compte des valeurs et des opinions d’autrui.

On pouvait citer le texte de Simone Weil sur l’attention dans L’attente de Dieu, texte central dans sa démonstration de l’importance de la mise en retrait d’autrui pour accueillir pleinement sa singularité.

L’écoute apparaît ainsi comme un moyen de lutter contre ses propres passions, son désir d’imposer une opinion ou un jugement, et donc comme un moyen d’augmenter sa maîtrise sur soi, et donc, sa liberté, source de plaisir pour l’homme.

 

II/ Mais juger demeure une exigence morale et pratique

Cependant, renoncer à juger semble difficile, voire dangereux. Dans une société donnée le rapport à autrui suppose un certain engagement de soi, pour qu’il puisse y avoir une vraie confrontation, et donc, un vrai progrès pour chacun des individus.

Kant souligne l’importance sur le plan moral de la capacité de formuler des jugements universels sur les actions, dans la Critique de la faculté de juger. Dès lors, se contenter de comprendre pourrait conduire à une forme de passivité, voire de relativisme, où tout se vaut.

 

III. Comprendre pour mieux juger : un équilibre possible ?

L’opposition entre comprendre et juger ne devait pas rester irréconciliée dans ce sujet. Nous l’avons vu dans la partie définition : juger présuppose de comprendre, d’analyser, d’écouter, pour être un acte pertinent. En réalité, comprendre est nécessaire pour bien juger. Juger sans comprendre, c’est risquer le préjugé, la simplification ou l’injustice. À l’inverse, comprendre sans jamais juger peut conduire à l’indifférence morale. On pouvait ici retrouver les analyses sur la doxa et les préjugés dans le dialogue socratique, qui est toujours un mélange entre écoute et jugement actif de chacun des interlocuteurs, de manière à dépasser l’opinion commune. La philosophie, écoute et jugement mêlés apparaît dès son origine comme une éthique de vie.

 

Newsletter
Image de Sébastien Costa
Sébastien Costa