Parlons peu, parlons bien #1#
Vous le savez probablement, mais il est bon de le répéter : les fautes d’orthographes comptent désormais dans la notation en dissertation CSH et un barème leur est dédié (ce choix a été dévoilé dans le rapport du jury de CSH en 2025 suite au constat de l’augmentation du nombre de fautes dans les copies). Et bonne nouvelle pour vous, l’orthographe et la langue française cela se travaille comme n’importe quelle autre matière. De surcroît, vous vous en doutez, même lorsque les fautes de langue ne font pas l’objet d’un barème officiel, l’orthographe et la grammaire sont bien évidemment évaluées – ne serait-ce qu’implicitement. Il vaut mieux pour vous de ne pas rater l’école de vos rêves après ces heures de sacrifices et de travail acharné pour une faute que vous auriez pu éviter.
Voilà pourquoi MisterPrépa vous proposera cette année de vous plonger dans les fautes les plus courantes et souvent ignorées des candidats, mais qui ne manqueront pas d’énerver votre correcteur si vous les commettez. Le travail de la langue est facile et demande peu de temps alors, sincèrement, prenez ne serait-ce que 5-10 par semaine pour lire un article MisterPrépa sur cinq fautes classiques et vous réduirez les risques d’être sanctionnés. Vous n’avez qu’à lire ces cinq fautes chaque semaine, les mettre sur anki et au moment des concours vous aurez vu plus 200 fautes sans efforts.
Lire plus : La méthode ultime pour exceller en culture générale
1) Faut-il une majuscule au nom des habitants ?
Cette faute est de loin la faute la plus commise à l’arrivée en prépa alors faites très attention, notamment en synthèse où l’oubli de la majuscule compte pour une faute.
Les peuples s’écrivent avec la majuscule, mais avec une minuscule quand ils deviennent des adjectifs. Dit autrement, on met TOUJOURS une majuscule au gentilé (le nom donné aux habitants d’une région, d’un pays…), mais JAMAIS aux adjectifs. La règle est d’ailleurs la même en anglais, donc évitez de perdre des points pour cela.
Ex : Les Français ont un mauvais accent anglais.
→Ici le gentilé « Français » est muni de sa majuscule →On écrit « anglais » car il s’agit d’un adjectif qui qualifie le nom accent.
Ex : Les Grecs, les hommes grecs.
De surcroît une langue s’écrit sans majuscule.
Ex : Les Français parlent français. Ex : Le mandarin est une langue difficile.
2) « Quant à … »
Bon d’abord on n’écrit jamais « quand à … » qui est un barbarisme de haut niveau. Mais ce n’est pas la faute que je voulais expliquer ici.
Il ne faut jamais oublier que quand on écrit « Quant à [PATATE] », il ne peut y avoir ensuite qu’une proposition commençant par un sujet reprenant [PATATE]. Exemplifions ce charabia:
On n’écrit pas : « Quant à Nietzsche, les faibles sont vus prosélytes ».
On écrit : « Quant à Nietzsche, il voit les faibles prosélytes ».
Ainsi le schéma sera toujours le suivant : Quant à + Sujet + virgule + sujet + reste
Prenons un autre exemple :
On n’écrit pas : « Quant à Platon, les poètes sont considérés comme devant être exclus de la cité ».
On écrit : « Quant à Platon, il considère qu’il faut exclure les poètes de la cité. »
3) Les fautes concernant les questions
C’est la deuxième faute la plus commise, si ce n’est la première, après la faute de majuscule. Or, la phrase interrogative est au programme de sixième alors ne vous ridiculisez pas en vous trompant. Nous allons voir trois points distincts.
Premièrement, dans une question en français on double le sujet. Ne pas doubler le sujet est une faute. Et quand le verbe conjugué ne finit pas par « t » ou « d » on ajoute un « – t – » intercalé.
Ex :Cosette est fatiguée ? → Cosette est-elle fatiguée ?
Ex :Dans quelle mesure la démocratie est le fondement de la liberté et de la morale ? → Dans quelle mesure la démocratie est-elle le fondement de la liberté et de la morale ?
Deuxièmement, on ne double pas le sujet quand la question commence par « est-ce que ». Mais bon, je déconseille globalement l’usage de « est-ce que » car il est un peu enfantin. D’autant plus qu’en synthèse « est-ce que » utilise des mots inutilement.
Ex : On n’écrit pas « Est-ce que la guerre civile est-elle légitime ? » mais « Est-ce que la guerre civile est légitime ? » ou mieux encore, « La guerre civile est-elle légitime ? »
Ne pas mettre de point d’interrogation quand on pose une question indirecte
Ex : Nous pourrons nous demander si le budget est un bon outil de politique économique ? → Nous pourrons nous demander si le budget est un bon outil de politique économique.
Mais le mieux reste de poser une question directe : Le budget est-il un bon outil de politiques économiques ?
4) Pas de phrases non verbales
Une phrase comporte nécessairement un verbe. Une phrase sans verbe est une faute.
Ex : Les rebelles n’avaient qu’un seul objectif. La victoire.
→ Les rebelles n’avaient qu’un seul objectif : la victoire.
5) « De par » est un barbarisme
La locution « de par » n’existe tout simplement pas et est toujours une faute. En effet, en français, on ne peut pas coller deux conjonctions. La sanction est double quand on écrit « de par » : on commet une faute et on est ridicule puisque « de par » est utilisé pour faire montre de bien parler.
Ex : Il est intelligent de par sa famille. → Il est intelligent de famille/ par sa famille…
La seule exception à l’utilisation de « de par » est l’expression figée « de par le roi » que vous n’utiliserez jamais donc bannissez « de par ». L’expression « de par le monde » est donc elle aussi erronée.
Lire plus: “De par” selon l’Académie française
6) Quelques fautes courantes
avoir tord → avoir tort
à l’intention de → à l’attention de
aux dépends → aux dépens
je vous serai gré → je vous saurais gré
beunet → benêt
7) Quelques mots/expressions à apprendre pour enrichir son vocabulaire
Pittoresque = qui dépeint bien de façon imagée. Cet adjectif vient de l’italien pittore qui veut dire « peintre »
Proroger = maintenir une situation donnée après la date à laquelle elle devait ou cesser ou disparaître. Synonymes : ajourner, reporter, prolonger
La chienlit = anarchie sociale et politique
Peu ou prou = à peu près
Ipso facto = expression latine qui signifie « par voie de conséquence » qui permet de remplacer le très controversé « du coup » qui est à éviter.
Utopie = vient du grec oú tόpos qui signifie littéralement « qui n’est en aucun lieu ». Idéal, vue politique ou sociale qui ne tient pas compte de la réalité. Faites donc attention dans les sujets qui utilisent le terme d’utopie à ne pas considérer l’utopie comme un fantasme, mais comme un idéal fictionnel qui permet d’interroger la réalité, le présent.
Uchronie = vient du grec oú khronos qui signifie « non-temps » ou « qui n’est en aucun temps ». C’est un récit d’événements fictifs à point de départ historique.
Lire plus : Comment réussir la synthèse de textes au concours BCE ?
Voilà, c’est tout pour cette première leçon de « Parlons peu, parlons bien », n’hésitez pas à mettre les fautes ou les règles de grammaire/syntaxe qui vous intéressent sur anki et ne vous démoralisez pas, le travail de la langue est à l’image de votre travail en prépa, c’est un travail de longue haleine.
