Le franc CFA est une des dernières reliques de l’impérialisme français. Il s’agit d’une monnaie créée en 1945 pour les colonies françaises. Désignant le franc des Colonies françaises d’Afrique, il a été mis en place à l’issue de la Conférence de Bretton Woods et demeure aujourd’hui une trace de l’impérialisme français en Afrique.
Histoire
Créé le 26 décembre 1945 à l’issue de la signature du Traité de Bretton Woods, le franc CFA est devenu un symbole de l’influence française en Afrique. Cette monnaie a été créée par la France dans l’optique de faciliter les échanges avec ses colonies ainsi que de garantir une stabilité monétaire. Le franc CFA a survécu aux nombreuses indépendances des années 60 et demeure aujourd’hui utilisé dans 14 pays africains. Ces 14 pays sont séparés en deux zones économiques que sont l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Au sein de l’UEMOA, huit pays utilisent toujours le franc de la communauté financière en Afrique(XOF) : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. En Afrique centrale, ils sont aujourd’hui 6 pays à utiliser quotidiennement le franc de la coopération financière en Afrique centrale (XAF) : le Cameroun, la République centrafricaine, la République du Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad.
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Fonctionnement
Concernant le fonctionnement du franc CFA, il repose sur 4 critères et principes assez simples mais qui mettent en avant la domination française. Le premier principe est celui de la parité fixe, id est que la valeur de la monnaie est fixée par rapport au franc jusqu’en 1999 puis en fonction de l’euro jusqu’à aujourd’hui. La parité fixe du franc CFA est établie à 1 euro pour 655,957 francs CFA. Ce principe permet donc une certaine stabilité pour les pays africains qui l’utilisent. Le second principe est celui de la garantie de convertibilité. Il permet aux pays d’être assurés de pouvoir convertir la monnaie en euros et garder par conséquent un certain prestige. Troisièmement, la liberté des transferts : les mouvements de capitaux sont facilités au sein des unions monétaires. Enfin, le quatrième principe est celui de la centralisation des réserves de change. Alors que durant de nombreuses années les banques centrales des zones monétaires devaient déposer une partie de leurs réserves auprès du Trésor français sur des comptes d’opérations, ce mécanisme a évolué et n’est plus d’actualité. Cette réforme a notamment mis fin à l’obligation pour la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest de déposer 50 % de ses réserves de change auprès du Trésor français. La fin de ce mécanisme est une évolution importante pour les pays africains puisque cela permet à ces derniers de devenir moins tributaires de la France économiquement parlant.
Remise en question
Aujourd’hui, le franc CFA fait face à de nombreuses remises en question de la part de ses détracteurs en Afrique. Certains parlent même de la monnaie de la servitude et donc de la continuation de l’impérialisme français en Afrique. Toutefois, il faut constater quelques avancées et changements ces dernières années au profit des pays africains. Le 21 décembre 2019, Emmanuel Macron et Alassane Ouattara ont annoncé à Abidjan la disparition à terme du franc de la Communauté financière africaine. Le président de la République française a également annoncé certaines évolutions. Par exemple, le départ des représentants français des instances de décision de l’UMOA. La présence française dans ces institutions africaines était perçue comme une domination par les politiques africains. Plus récemment, la Commission de la CEDEAO a convoqué, le 7 septembre 2026, la 14e session du Conseil de convergence afin de faire le point sur les progrès réalisés en vue de la mise en place de la monnaie unique de la CEDEAO, l’Eco, dont le lancement est envisagé pour 2027.
Ainsi, bien que le franc CFA fasse toujours débat, on constate une remise en question de ce dernier avec certaines avancées qui profitent aux pays africains et qui leur permettent d’obtenir davantage d’indépendance. Ces dernières sont d’ailleurs le signe du déclassement de l’influence française en Afrique.
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Pour aller plus loin :
L’ouvrage : L’arme invisible de la Françafrique
À travers cet ouvrage publié en 2018, la journaliste française Fanny Pigeaud et l’économiste sénégalais Ndongo Samba Sylla proposent une lecture critique du franc CFA et de ses conséquences. Le livre décrit comment la France a réussi à imposer une nouvelle forme de dépendance économique et monétaire malgré le processus de décolonisation politique. Fanny Pigeaud met en avant le manque de souplesse et critique la parité fixe. Les auteurs considèrent ainsi que le système monétaire limite la souveraineté des États africains concernés et leur capacité à mener une politique économique pleinement autonome. Ils questionnent également le rôle toujours important de la France dans ce système et présentent le franc CFA comme un héritage persistant de la période coloniale.