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Comprendre le Moyen-Orient à travers le cas syrien

Sommaire

En mars 2011, dans la ville de Deraa, des manifestations éclatent contre le régime de Bachar al-Assad, héritier d’une dynastie au pouvoir depuis 1970. Réprimées dans le sang, elles marquent le début d’une guerre civile qui va rapidement dépasser les frontières syriennes.

Quinze ans plus tard, la Syrie est devenue le théâtre de l’affrontement des puissances russes, iraniennes, turques, américaines et israéliennes. Plus qu’une guerre civile, le conflit syrien constitue un véritable condensé des problématiques que traversent le Moyen-Orient : rivalités de puissance, divisions religieuse, terrorisme, et remise en cause des frontières héritées du XXᵉ siècle.

 

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La Syrie épicentre des fractures du moyen-orient

Pour comprendre le Moyen Orient à travers le cas Syrien, il faut comprendre ce que représente culturellement la Syrie.

La Syrie rassemble une mosaïque de communautés religieuses et ethniques. Majoritairement sunnite, la Syrie compte également d’importantes communautés alaouites, chrétiennes, druzes, ismaéliennes, ainsi qu’une importante minorité kurde, principalement implantée dans le nord-est du pays. Et les accords de Sykes Picot jouent alors un rôle centrale dans cette situation.

Les accords Sykes-Picot n’ont pas créé cette diversité, mais ils ont contribué à enfermer au sein des mêmes États des populations aux identités religieuses et ethniques différentes. La Syrie concentre toutes les fractures qui caractérisent le Moyen-Orient. Ce qui s’y joue depuis 2011 dépasse largement les frontières syriennes : les tensions confessionnelles, les rivalités identitaires et la faiblesse des États sont autant de dynamiques présentes dans une grande partie de la région.

À cette mosaïque confessionnelle s’ajoute une faiblesse chronique de l’État syrien, et donc un terrain particulièrement propice aux crises identitaires et politiques.

 

La Syrie, théâtre des rivalités entre puissances étrangères

Depuis l’éclatement de la guerre civile en 2011, la présence de puissances étrangères en Syrie est devenue habituelle pour les Syriens. La position géographique de la Syrie, au carrefour de l’Anatolie, du Golfe, de la Méditerranée et du Croissant fertile en fait alors un pays extrêmement stratégique, surtout pour la Russie et l’Iran.

Pour se maintenir au pouvoir l’ancien dirigeant syrien Bachar Al Assad a bien fait appelle à ses alliés russes et iraniens, qui grâce aux frappes aériennes russes depuis la base aérienne de Hmeimim et au proxy du Hezbollah a renforcé l’influence militaire, diplomatique et stratégique de Moscou et de Téhéran en Syrie.

La Turquie est également intervenue afin de combattre les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les YPG, qu’Ankara considère comme une émanation du PKK, organisation classée comme terroriste par les autorités turques. Les États-Unis et plusieurs pays européens sont également intervenus dans le cadre de la coalition internationale contre Daech, faisant de la Syrie l’un des principaux théâtres de la lutte contre le terrorisme djihadiste. Tout comme Israel, qui occupe toujours le plateau du Golan.

Très rapidement, le conflit syrien a alors cessé d’être une affaire strictement nationale. Chaque puissance y a vu l’occasion de défendre ses propres intérêts stratégiques, transformant la Syrie en l’un des espaces les plus disputés du XXIᵉ siècle, loin des espoirs de liberté originaux de la population syrienne.

 

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La Syrie, miroir de l’avenir du Moyen-Orient

La fin de la guerre civile, favorisée notamment par l’affaiblissement des alliés russes et iranien du régime syrien permet alors d’ouvrir une nouvelle page de l’histoire du pays.

La chute du régime de Bachar al-Assad, en décembre 2024, marque un tournant majeur dans l’histoire contemporaine de la Syrie. Après plus d’une décennie de guerre, l’arrivée au pouvoir d’Ahmed al-Charaa grâce à son groupe de HTS ouvre une nouvelle phase, marquée par la volonté de reconstruire un État profondément affaibli. La levée progressive d’une partie des sanctions occidentales, le retour de certaines représentations diplomatiques et les premières initiatives de reconstruction nourrissent ainsi un réel espoir pour une population meurtrie parquatorze années de conflit.

Cependant, la Syrie demeure confrontée à de nombreux défis qui reflètent, une nouvelle fois, les problématiques du Moyen-Orient. Le pays reste fragmenté entre plusieurs zones d’influence, la présence de forces étrangères perdure et les tensions communautaires demeurent vives. À cela s’ajoutent une crise économiqueprofonde, le retour encore limité des réfugiés et la nécessité de réconcilier une société profondément divisée. Si l’arrivée au pouvoir d’Ahmed al-Charaa ouvre une nouvelle page de l’histoire syrienne, elle ne marque pas la fin des défis. Plus que jamais, le cas syrien rappelle que les recompositions politiques au Moyen-Orient sont longues, complexes et dépendantes autant des dynamiques internes que des rivalités internationales.

 

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Ainsi, le cas syrien dépasse largement le cadre d’une simple guerre civile. Par sa diversité culturelle, sa position stratégique et l’intervention de nombreuses puissances étrangères, la Syrie concentre les principaux enjeux qui façonnent le Moyen-Orient. Si l’arrivée au pouvoir d’Ahmed al-Charaa ouvre une nouvelle phase porteuse d’espoir, la reconstruction du pays dépendra autant de sa capacité à surmonter ses divisions internes que de l’évolution des rapports de force mondiaux et régionaux. Comprendre la Syrie, c’est finalement mieux comprendre les défis et les recompositions qui dessinent aujourd’hui l’avenir du Moyen-Orient.

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Fouad Rebache