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Dyptique Marilyn : l’image à l’ère de la société de consommation

Sommaire

Les concours approchent bientôt. C’est pourquoi nous t’enjoignons à profiter de cette période pour débuter ton travail sur les oeuvres qui pourraient t’aider pour l’épreuve de culture générale. Pour rappel, le thème de l’année 2024-2025 est « l’image ». 

S’interroger sur les images, c’est aussi questionner les images qui nous entourent dans la société de consommation mais aussi celles des stars, qui vivent à travers leur image. S’intéresser à l’oeuvre d’Andy Warhol est alors pertinent, et notamment Marilyn Diptych qui est l’une des nombreuses toiles qu’Andy Warhol consacre à Marilyn Monroe en 1962. Conservée aujourd’hui à la Tate Gallery de Londres, cette œuvre est composée de deux panneaux réalisés en sérigraphie, chacun reproduisant vingt-cinq fois le visage iconique de Marilyn Monroe. À travers cette œuvre, Warhol interroge le statut de l’image dans une société saturée de représentations médiatiques et explore le processus par lequel une figure publique devient une icône.

 

L’image répétée : entre icône et illusion

L’œuvre est un diptyque qui joue sur le contraste entre la couleur et le noir et blanc. Sur le panneau de gauche, les portraits sont vivement colorés : un fond orangé, un visage rose vif, des lèvres rouges éclatantes et un fard turquoise sur les paupières. Ces couleurs vives, presque artificielles, donnent à Marilyn une apparence irréelle, soulignant l’idée d’un masque médiatique. À l’inverse, sur le panneau de droite, les images s’estompent progressivement en noir et blanc, comme une pellicule cinématographique en train de se décomposer, illustrant la fragilité et l’éphémérité de son image.

Cette répétition mécanique interroge le fonctionnement de l’image dans la culture populaire. Warhol aligne Marilyn Monroe comme un produit de consommation, suggérant que les célébrités sont transformées en marchandises visuelles. L’image de la star n’est plus unique, elle est démultipliée, déclinée, vendue et consommée à l’infini.

 

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La sérigraphie : un procédé révélateur du statut de l’image

Warhol utilise la sérigraphie, une technique d’impression qui permet de reproduire mécaniquement une image en série. Il décrit ainsi ce procédé :

« Avec la sérigraphie, on prend une photographie, on l’agrandit, on la transfère sur un écran de soie avec de la colle, et ensuite on passe l’encre par-dessus et l’encre traverse la soie là où il n’y a pas de colle. De cette façon, on a toujours la même image, légèrement différente à chaque fois. »

Ce processus met en évidence le fonctionnement des images dans une société de consommation : elles sont multipliées et diffusées jusqu’à perdre leur unicité. Mais chaque variation subtile révèle aussi la fragilité du médium. Warhol ne produit pas une image parfaite, il laisse apparaître des imperfections, des bavures, des dégradations qui rappellent le caractère éphémère de l’icône.

 

L’image médiatique et la disparition de l’individu

Le portrait utilisé par Warhol est issu d’une photographie promotionnelle de 1953 pour le film Niagara. Marilyn Monroe n’est pas représentée en tant que personne, mais en tant qu’image préexistante, déjà diffusée et reproduite massivement. Warhol ne cherche pas à révéler une vérité intime sur l’actrice, mais à questionner le rôle de l’image dans la construction de sa légende.

Cette standardisation de l’image pose la question de la disparition de l’individu derrière son propre visage médiatique. Marilyn Monroe devient ici une figure sans intériorité, une surface lisse qui se dégrade progressivement. Le panneau en noir et blanc symbolise la dissolution de son image, rappelant son destin tragique et sa disparition précoce.

 

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Image et consommation : une critique du star-system

En 1962, année où Warhol réalise cette œuvre, il expose aussi ses célèbres Boîtes de soupe Campbell, affirmant ainsi sa fascination pour la reproduction industrielle. Marilyn Diptych fonctionne de manière similaire : Warhol traite le visage de Marilyn comme un produit de consommation, reproductible à l’infini, standardisé, et pourtant altéré par son usage.

L’artiste met en lumière le paradoxe de la célébrité : une icône devient immortelle précisément parce qu’elle est figée dans une image qui lui survit. Mais cette immortalité est aussi une forme de perte d’identité, où l’individu disparaît derrière une marque. Marilyn Monroe est ainsi à la fois glorifiée et réduite à un simple cliché.

 

Andy Warhol, Campbell’s Soup Cans (Trente-deux boîtes de soupe Campbell), 1962

 

Conclusion

Avec Marilyn Diptych, Andy Warhol interroge la puissance et la fragilité de l’image dans une société de consommation. Il révèle comment une photographie anodine devient une icône, comment une star se transforme en produit médiatique, et comment l’image, en étant répétée, finit par perdre sa substance. Cette œuvre majeure du Pop art nous invite à réfléchir sur la place des images dans notre culture, sur leur impact et sur leur capacité à façonner notre perception du monde. Cette réflexion, que tu pourrais mobiliser en copie, peut être mise en lien avec l’image dans notre société contemporaine.

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Image de Corentin Viault
Corentin Viault