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Comprendre la désindustrialisation : causes, théories et impacts sur l’économie française

Sommaire

Depuis quarante ans, la France fait face à une désindustrialisation profonde. Le phénomène n’est pas nouveau, mais ses conséquences sont de plus en plus visibles : perte d’emplois, difficultés d’exportation, recul de la productivité, dépendances stratégiques. Pour comprendre comment la France en est arrivée là, il faut analyser les mécanismes économiques, les choix politiques, mais aussi les théories qui expliquent (ou éclairent) les mutations structurelles du secteur industriel.

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La désindustrialisation s’accélère avec la mondialisation

 

La désindustrialisation désigne la baisse durable de l’emploi dans le secteur secondaire. Elle résulte d’une combinaison de facteurs économiques, politiques et technologiques. En France, l’un des premiers tournants a été la suppression progressive des conglomérats. Beaucoup d’entre eux regroupaient des activités hétérogènes, dont certaines peu rentables mais essentielles pour maintenir une base productive. Leur démantèlement a permis de rationaliser les entreprises, mais au prix de fermetures d’usines, de pertes de compétences et d’une hausse des importations pour compenser la production perdue.

La mondialisation des échanges a amplifié cette dynamique. La concurrence des pays émergents (plus compétitifs sur les prix et parfois sur la réglementation environnementale) a entraîné une série de délocalisations. Les normes plus strictes et la fiscalité plus élevée en Europe ont renforcé l’attrait de ces pays pour les entreprises cherchant à rester compétitives.

 

L’impact des politiques macroéconomiques de la France sont centrées sur demande interne. 

 

La désindustrialisation française ne s’explique pas seulement par des facteurs externes. Les choix macroéconomiques ont également joué un rôle, notamment les politiques expansionnistes. En soutenant la demande interne par la dépense publique, l’État a stimulé la consommation. Mais dans une économie où la capacité de production industrielle est affaiblie, cette hausse de la demande se traduit mécaniquement par une hausse des importations. L’industrie nationale, trop réduite, ne peut pas répondre à l’ensemble des besoins internes. Résultat : la balance commerciale se creuse et la dynamique d’industrialisation s’érode.

Ce mécanisme crée un cercle vicieux. Plus la demande s’oriente vers des biens importés, plus les industries locales perdent des parts de marché, ce qui affaiblit encore la capacité du pays à produire, et renforce la dépendance à l’étranger.

 

Productivité, emplois, souveraineté : les effets d’une base productive affaiblie

 

Les conséquences sont profondes. L’industrie est le moteur historique de la productivité : elle progresse de près de 3 % par an en moyenne, contre 1,3 % pour les services. En perdant des capacités industrielles, la France perd une partie de son potentiel de croissance. Le pays se retrouve aussi confronté à une destruction d’emplois industriels, désormais réduits à environ 10% de l’emploi total.

La baisse de l’industrie accentue également les déficits commerciaux, car le pays importe davantage qu’il n’exporte. Et lorsque des crises surviennent (pandémie, tensions géopolitiques, ruptures d’approvisionnement) la dépendance à l’étranger devient un problème stratégique majeur.

Lire plus: La théorie de la segmentation du marché du travail : une perspective néoclassique Garry S. Becker

 

Les théories qui applicables quand on parle de désindustrialisation

 

Plusieurs théories permettent de comprendre les mutations structurelles du secteur industriel.

 

Schumpeter et la destruction créatrice :

 

L’économiste autrichien affirmait que le progrès technique implique de détruire les activités obsolètes pour en développer de nouvelles, plus productives. Ce mécanisme est sain à long terme, mais il peut être brutal lorsque les destructions l’emportent sur les créations, comme cela s’est produit dans certains secteurs français.

Alfred Sauvy et la théorie du déversement :

Sauvy expliquait que la main-d’œuvre se déplace des secteurs où la productivité augmente vers ceux où elle est plus faible. Au XIXe siècle, la transition s’est faite du primaire vers l’industrie ; aujourd’hui, le déversement va de l’industrie vers les services. Mais ce basculement ne garantit pas la création de valeur si le secteur tertiaire absorbant n’est pas suffisamment productif.

 

L’effet de composition (Grossman & Krueger) :

 

Les entreprises délocalisent souvent dans des pays dont les normes environnementales sont plus laxistes, ce qui réduit leurs coûts. Ce mécanisme explique une partie de la désindustrialisation européenne.


La myopie du marché chez Keynes :

 

Pour Keynes, les agents économiques ne tiennent pas compte des externalités lorsqu’ils prennent des décisions individuelles. Les délocalisations peuvent donc être rationnelles pour une entreprise mais destructrices à l’échelle nationale.


L’évacuation des surplus domestiques :

 

Cette idée, illustrée par le cas de l’Espagne de 2009 à 2013, rappelle qu’une demande interne trop forte peut réduire la compétitivité en alimentant l’inflation. À l’inverse, une demande interne en baisse peut parfois favoriser les exportations en réduisant les coûts.


Les choix politiques français : nationalisations, privatisations et absence de stratégie cohérente

 

L’histoire politique récente éclaire aussi la désindustrialisation. En 1982, la France a nationalisé de nombreux secteurs stratégiques. Quatre ans plus tard, en 1986, une vague de privatisations a inversé la tendance. Ces oscillations ont créé une instabilité stratégique. Plutôt qu’une trajectoire pensée dans la durée, le pays a alterné entre deux modèles sans construire une politique industrielle continue.

 

« In Fine » (mot que j’utilisais pour conclure)

 

La désindustrialisation n’est pas une fatalité. Ses causes sont multiples : technologiques, politiques, sociales, géopolitiques. Mais son impact est clair : moindre productivité, pertes d’emplois, déficit commercial, perte de souveraineté. La suite dépendra de la capacité du pays à repenser son modèle, à réorienter ses politiques publiques et à accepter que la réindustrialisation nécessite du temps, de la coordination et un certain degré de risque.

 

Lire plus: Déficit commerciaux, désindustrialisation et demande 

 

Et voilà maintenant bon courage pour tes révisions tu vas y arriver !

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Théo Planaguma
J'ai 20 ans, j'ai intégré l'EDHEC après une classe préparatoire ECT. Je suis également entrepreneur à mes heures perdu et dispo pour parler de n'importe quel sujet qui pourrait s'y rattacher.