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Le rôle des start-up françaises dans le spatial européen

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Grâce à ses start-ups innovantes, l’Europe souhaite se placer en leader mondial de la défense spatiale.

Le besoin de développer la défense dans le domaine spatial

Les guerres et tensions internationales augmentent depuis quelques années, on le voit bien avec le début de la guerre en Ukraine en février 2022 et les conflits armés de grande ampleur entre la Palestine et Israël depuis octobre 2023. Ces tensions s’amplifient en force et s’élargissent aux pays voisins: La Russie a lancé sa plus grosse offensive aérienne contre l’Ukraine depuis le début de la guerre dans la nuit du 3 au 4 juillet dernier, et les conflits au Moyen-Orient s’étendent maintenant à l’Iran… Ce climat géopolitique tendu a poussé les puissances du monde et particulièrement celles du vieux continent à investir davantage dans leur industrie de la défense. Le premier acte concret voté par la Commission européenne a été l’établissement du fonds “SAFE” permettant la mobilisation de 150 milliards d’euros pour les 27.

Aujourd’hui, les conflits armés ne sont plus cantonnés aux opérations terriennes et aériennes, les puissances militaires du monde se préparent à des actions menées dans l’orbite basse ainsi que l’orbite haute: satellites de communications, instruments de surveillance et constellations en orbite basse sont les enjeux de la guerre de demain.

Quelques starts-up françaises

La France compte donc particulièrement sur son industrie de la défense et sur les innovations technologiques qui la tirent vers le haut. L’investissement massif dans le spatial a poussé de nombreuses start-ups à développer des technologies afin de faciliter cette nouvelle conquête du spatial, que cela soit en matière de défense, de surveillance, ou bien de transport de marchandises.

Pour ce qui est de la défense, l’entreprise française Dark, co-fondée par deux anciens missiliers de MBDA, est en train de développer un robot spatial “Interceptor”, capable de capturer, en moins de 24 heures, des débris spatiaux ou des satellites espions en orbite basse. Cela répond directement aux enjeux observés durant la guerre en Ukraine: les services de renseignements et la surveillance font partie intégrante des ressources militaires et leur contrôle offre un avantage majeur aux puissances qui les maîtrisent.

Cette surveillance est assurée par des satellites de télécommunication, de GPS et d’observation. La start-up française E-Space propose, à l’instar du réseau concurrent américain StarLink, une connectivité mondiale grâce à sa constellation en orbite basse (ensemble de satellites légers permettant l’interconnectivité et l’échange de données IoT). La souveraineté en matière de communication est primordiale: le développement de réseaux français et européens permet aux puissances européennes de s’affranchir de leurs dépendances aux autres puissances mondiales.

Enfin, le développement de telles technologies nécessite d’envoyer et de récupérer des marchandises en orbite. Les défis technologiques sont importants mais les opportunités commerciales sont nombreuses, et c’est à ces demandes que souhaite répondre l’entreprise européenne ATMOS Space Cargo, spécialisée dans la “logistique” spatiale. Cette entreprise a développé un système de retour sur Terre innovant sans consommation de carburant à l’aide de ballons gonflants décélérateurs.

La force de l’Europe

L’Europe se place donc au centre des innovations technologiques dans le domaine du spatial, en soutenant ses industries à la hauteur des enjeux. Les leaders européens du spatial, tels que Airbus Defence and Space et ArianeGroup bénéficient aussi de cet élan et lancent de nouveaux projets : on peut citer le programme de lanceurs réutilisables “MaiaSpace” d’ArianeGroup ainsi que le nouveau porteur lourd Ariane 6. En effet la multiplication des entreprises compétentes dans ce milieu est un avantage majeur pour ces grands groupes qui cherchent à déléguer la production ou le développement de certaines parties de leurs programmes. D’après Martin Sion, Président Exécutif d’ArianeGroup, l’Europe a plus à gagner en coopérant et en mutualisant ses industries plutôt qu’en mettant en concurrence ses industriels. En effet, 65% du nouveau lanceur Ariane 6 est produit par des partenaires européens, mobilisant 13000 personnes et 13 pays européens différents. Monsieur Sion insiste sur l’importance d’établir une souveraineté européenne dans la durée, réalisable uniquement par la coopération de ses membres.

 

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L’ESA (European Space Agency) a notamment lancé une compétition nommée European Launcher Challenge, qui vise à soutenir des initiatives privées dans l’espoir d’attirer de nouveaux investisseurs dans le secteur. Cette compétition européenne permet donc d’une part de lever des fonds pour permettre à des entreprises innovantes de développer des petits lanceurs à prix compétitifs mais aussi de signer des contrats pour assurer les futurs lancements de l’ESA. Cette compétition n’a pas pour objectif de remplacer les très gros porteurs tels que Ariane 6 et Vega (ancien lanceur européen dont le dernier vol a eu lieu en 2024), dont les programmes découlent d’une très longue coopération européenne, mais d’enrichir le marché des “microporteurs”.

Ainsi, le contexte géopolitique actuel pousse l’industrie européenne à investir dans le spatial et à développer des technologies qui viendront compléter l’arsenal européen actuel. Même si les motivations ne sont pas que militaires, le spatial étant avant tout un milieu à la pointe de la technologie et propice à la recherche et au développement, les gros investissements dans la défense européenne arrivant sur le marché sont une opportunité pour les start-ups françaises de se développer et de placer la France et l’Europe sur le premier plan mondial.

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