La rentrée approche et le temps de commencer à travailler pour le concours, si cela n’a pas déjà été amorcé durant l’été. Le début de l’année est aussi un bon moment pour profiter du fait ne pas être dans l’empressement et, tout en se divertissant, d’approfondir sa culture générale, notamment en vue de l’épreuve.
C’est pourquoi dans cet article nous te proposons une sélection de films à regarder en lien avec le thème de cette année, “juger”. Nous proposerons également des analyses de ces films afin que tu puisses les mobiliser au mieux le jour du concours.
Fritz Lang – M, le Maudit (1931)
Dans une grande ville allemande, un tueur d’enfants sème la terreur. La police le recherche, mais les criminels eux-mêmes, gênés par l’intensification des enquêtes, finissent par le capturer et l’organiser un “procès” clandestin.
Ce film est essentiel pour préparer l’épreuve de culture générale. En effet, le film pose une question vertigineuse : qui a le droit de juger ? Lang met en parallèle la justice officielle et la “justice” des criminels, toutes deux marquées par une volonté de punir plutôt que de comprendre. Le meurtrier, incarné par Peter Lorre, supplie d’être reconnu malade plutôt que coupable. Le jugement devient ainsi un miroir des pulsions collectives de vengeance, interrogeant la frontière entre justice et lynchage public. On peut le mettre en parallèle avec le livre La lettre écarlate.
Akira Kurosawa – Rashômon (1950)
Dans le Japon médiéval, un samouraï est retrouvé mort. Son épouse, un bandit et d’autres témoins livrent tour à tour leur version contradictoire des faits. Le film ne donne jamais de vérité définitive“Juger”, dans ce film est impossible : chaque récit partiel et subjectif empêche de reconstituer les faits.
Kurosawa explore la relativité de la vérité et l’impuissance des tribunaux face à la complexité humaine. Le film suggère que juger, c’est toujours arbitrer entre des récits, mais qu’aucun verdict ne peut abolir l’incertitude. Rashômon révèle ainsi la fragilité de la justice, prisonnière des limites de la perception et du langage.
Joseph Losey – Monsieur Klein (1976)
Dans la France occupée, Robert Klein, un bourgeois profiteur, découvre qu’un homonyme juif vit à Paris. Soupçonné d’usurpation d’identité, il est pris dans un engrenage où sa confusion avec “l’autre Klein” le conduit à être déporté.
Le film illustre la violence d’un jugement arbitraire, nourri par le climat antisémite et bureaucratique de Vichy. Klein est victime d’une machine administrative qui le désigne coupable par simple confusion d’identité. Losey met en lumière l’absurdité d’une justice dévoyée par l’idéologie et l’obsession du contrôle. Juger, dans ce contexte, n’est plus rendre la justice mais produire mécaniquement des victimes, en particulier toute personne perçue comme juive. Il est également intéressant pour étudier comment l’Homme réagit au jugement, même absurde.
Sidney Lumet – Douze hommes en colère (1957)
Dans une salle de jury new-yorkaise, douze hommes doivent décider du sort d’un jeune accusé de meurtre. Alors que la majorité est prête à le condamner, un seul juré émet des doutes et oblige ses pairs à réexaminer les faits.
Le film célèbre le jugement comme processus collectif, mais aussi comme devoir de doute et de responsabilité. Lumet montre que juger ne peut se réduire à des préjugés ou à une hâte expéditive. C’est au contraire un exercice patient d’écoute, de confrontation et de raisonnement. Le film réhabilite ainsi l’idéal démocratique de la justice : juger équitablement, c’est résister aux passions et chercher la vérité avec rigueur. Il permet ainsi de réfléchir à la définition de “juger”.
Stanley Kramer – Jugement à Nuremberg (1961)
Après la Seconde Guerre mondiale, un tribunal militaire américain juge des magistrats allemands accusés d’avoir collaboré avec le régime nazi et couvert ses crimes. Le procès interroge leur responsabilité individuelle dans un système totalitaire.
Le film questionne la légitimité du jugement des vainqueurs, tout en rappelant la nécessité d’une justice internationale face aux crimes contre l’humanité. Juger, ici, signifie confronter des individus à leurs choix, mais aussi établir des principes universels de droit. Kramer montre la difficulté d’articuler justice historique et justice juridique, et souligne la portée morale d’un jugement qui dépasse les frontières nationales. Il permet ainsi d’étudier la notion de “juger” d’un point de vue historique.
Stephen Daldry – The Reader (2008)
Dans l’Allemagne d’après-guerre, un étudiant découvre que son ancienne amante, Hanna, est jugée pour crimes nazis. Il réalise qu’elle est analphabète et qu’elle a accepté une condamnation aggravée pour ne pas révéler son secret.
Dans ce film, le jugement prend une dimension intime et tragique. Hanna est coupable, mais son silence révèle une autre forme de vulnérabilité. Daldry interroge la complexité de la responsabilité individuelle : juger quelqu’un ne revient pas seulement à peser ses actes, mais aussi à comprendre les déterminismes et les fragilités qui l’ont façonné. Le film souligne l’ambiguïté du jugement, partagé entre nécessité de condamner et impossibilité de tout expliquer. Ce livre permet ainsi d’étudier la notion de “juger” du point de vue de la personne même qui est amenée à juger.
Robert Mulligan – To Kill a Mockingbird (Du silence et des ombres, 1962)
Dans l’Alabama des années 1930, Atticus Finch, avocat intègre, défend un homme noir accusé à tort de violer une femme blanche. Malgré l’évidence de son innocence, le jury, dominé par les préjugés racistes, le condamne.
Le film illustre la corruption du jugement par les discriminations sociales et raciales. Atticus incarne l’idéal de justice, mais il se heurte à une communauté dont les préjugés valent plus que les preuves. Mulligan montre que juger n’est pas seulement appliquer une loi, mais confronter des valeurs. Ici, la justice échoue, révélant les inégalités structurelles d’une société où le tribunal reflète avant tout ses injustices.
Conclusion
Cette sélection de films sur le thème “juger” te permet ainsi d’interroger de multiples façons cette notion, tout en te divertissant. Elle te permet ainsi de développer tes propres analyses, ou bien de lier toi-même ces films aux analyses entendues en cours, afin de présenter le jour du concours des exemples pertinents et originaux.





