L’OMS définit l’obésité comme étant “une maladie chronique complexe qui se traduit par un dépôt excessif de tissus adipeux pouvant nuire à la santé”. Une personne sur huit était obèse dans le monde en 2022 — proportion ayant doublé depuis 1990. Quatre régions se démarquent par leur grande part de population en situation d’obésité ; dans l’ordre décroissant : les îles du Pacifique, l’Amérique du Nord, le Moyen-Orient et les pays arabes, et l’Amérique latine.
Le Pacifique connaît une situation exceptionnelle atteignant des taux très élevés. Neuf des dix territoires les plus touchés par l’obésité sont des îles du Pacifique (selon le classement Global Obesity Observatory). Les nations insulaires du Pacifique sont traditionnellement divisées en trois ensembles d’îles : la Mélanésie (“îles noires”), la Micronésie (“petites îles”) et la Polynésie (“îles nombreuses”). La situation est si dramatique que des médias parlent d’”épidémie de l’obésité dans le Pacifique”, depuis l’arrivée de la mondialisation.
L’obésité peut être liée à de nombreux facteurs. L’objectif de cet article sera de comprendre l’exceptionnalité de la situation dans les îles du Päcifique. Il sera également question d’étudier les conséquences de ce taux d’obésité élevé.
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L’état des lieux de l’obésité dans le Pacifique
Avec les données de la FAO, il est possible de voir que tous les ensembles du Pacifique connaissent des taux d’obésité très élevés, mais également une augmentation croissante de ce taux. En revanche, la situation est encore plus dramatique en Polynésie et en Micronésie qu’en Mélanésie, qui connaît des taux similaires à l’Australie par exemple. En Polynésie (Polynésie française, Samoa, Tonga, Tuvalu…), le taux d’obésité moyen est passé de 45% en 2000 à 58% de la population polynésienne.
En Polynésie, des différences peuvent être perçues entre les îles. Les Samoa américaines (75% de la population en situation d’obésité, taux le plus élevé du monde en 2022), ont un taux largement supérieur à la Polynésie française (47% en 2022). Une raison pouvant être mise en avant est l’influence culturelle et alimentaire de leurs pays affiliés, qui jouent sur les importations et consommations de ces îles. Les États-Unis ont un taux largement supérieur à la France (respectivement 42% et 9%). Par ailleurs, la France est l’un des seuls pays au monde à connaître une baisse de son taux d’obésité, qui atteignait les 14% dans les années 2000.
Les facteurs de ce taux exceptionnellement élevé
Plusieurs causes peuvent être mises en avant :
Facteur culturel
Dans plusieurs sociétés du Pacifique, une corpulence importante est traditionnellement perçue comme signe de richesse, de beauté et de bonne santé. Pour cette raison, le taux d’obésité ou de personnes en surpoids était déjà relativement élevé avant l’arrivée de la globalisation.
Facteur génétique
Plusieurs travaux scientifiques ont montré que ces populations étaient génétiquement constituées pour accumuler des réserves de graisses plus facilement. Cela leur permettait de survivre aux intempéries très fréquentes dans la région, alors que les habitants étaient isolés pendant plusieurs mois. Dès lors, ces populations sont réellement sujettes à une prise de poids rapide, notamment depuis la transition alimentaire liée à la globalisation.
Facteur de l’insularité et de la globalisation
Du fait de leurs très faibles superficies, ces territoires ont des densités de population plutôt élevées. Dès lors, l’agriculture et l’alimentation sont des enjeux nationaux — d’autant plus que les terres arables diminuent à cause de la montée des eaux, et les populations augmentent. Afin de combler leurs besoins alimentaires, ces îles doivent importer depuis l’étranger. Leur insularité engendre une dépendance alimentaire envers d’autres États. En revanche, leur faible insertion dans les routes commerciales internationales engendre peu de choix alimentaires.
Leurs importations alimentaires représentent 22% de leurs importations totales (d’après les données de la Banque mondiale). En comparaison, la moyenne mondiale des importations alimentaires est de 8%. De plus, ces îles subissent de plein fouet la transition alimentaire mondiale liée à la globalisation, avec une augmentation de la consommation de produits transformés riches en sucre et en calories. Ainsi, leur insularité joue un grand rôle dans l’augmentation rapide de leurs taux d’obésité, qui étaient déjà relativement élevés. La globalisation engendre : croissance rapide des populations, promotion d’une alimentation riche, dérèglement climatique et montée des eaux… Pour faire simple, l’adoption d’un mode de vie occidental a eu des impacts énormes sur la santé publique des îles du Pacifique.
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Les conséquences de l’obésité : diabète et maladies cardiovasculaires
D’après l’OMS, une situation d’obésité augmente les risques de diabète du fait d’une alimentation trop riche. La majorité des îles ont un taux de diabète situé entre 15 et 30%, ce qui est largement supérieur à la moyenne mondiale (6%). Une réelle corrélation existe entre le taux d’obésité et le taux de diabète, les deux en augmentation.
De la même manière, le nombre de maladies cardiovasculaires touchant ces populations est en pleine augmentation.
Dès lors, non seulement l’obésité est dramatique pour la santé de la personne, mais elle engendre en plus d’autres maladies.









