En HGG, la différence entre une bonne copie et une excellente copie tient souvent à un certain usage de l’actualité (en accroche ou en ouverture par exemple) et des références. Quoi de mieux que de combiner les deux ! Voici un top 3 de références sorties en 2025 à mobiliser dans vos copies !
Leurs points forts ? Leur originalité – grâce à leur date de publication – et surtout l’expertise qu’elles apportent sur une actualité difficile à analyser avec précision. Il s’agit de 3 références traitant de thèmes et d’aires géographiques différents mais qui sont pertinentes pour vous donner des clés de lecture des évènements de ces dernières années.
Timothy Garton Ash, Europes, une histoire personnelle
Le Vieux Continent vit depuis plus d’une décennie des crises multiples : la crise grecque, la crise des migrants (2015), le Brexit, la Crimée, la guerre en Ukraine, la montée des populismes… Dans cet ouvrage, Timothy Garton Ash (historien britannique spécialiste de l’Europe contemporaine) retrace l’histoire de l’Europe jusqu’au point de bascule qu’elle semble avoir atteint. Selon lui, le continent européen est touché par trois chocs géopolitiques (dans l’ordre décroissant) :
- Le retour de la Russie: depuis l’arrivée de V. Poutine au pouvoir, la Russie adopte une politique de plus en plus agressive à l’égard de l’UE : guerre de Géorgie, intervention en Syrie, la Crimée… Néanmoins l’UE resserre ses rangs, et la guerre en Ukraine pourrait être l’occasion d’un réarmement européen.
- L’univers post-colonial et les BRICS : Alors que les empires coloniaux donnaient de la puissance et du rayonnement à certains pays européens, l’Europe doit se faire une place dans un monde vivant l’émergence d’un Sud Global dont certaines anciennes colonies européennes font partie (Brésil, Inde, Afrique du Sud…).
- Le désengagement des États-Unis : Celui-ci devient sérieux à partir du « pivot asiatique » (formulé par Hillary Clinton) de Barack Obama et s’est poursuivi sous la présidence Trump. Bien que Joe Biden ait renforcé le lien transatlantique, le retour de Trump à la Maison Blanche et le discours de son Vice-Président J.D Vance à Munich semblent sonner le glas d’une alliance historique. Dès lors c’est à l’Europe de prendre son destin en main concernant la défense et certains de ses approvisionnements stratégiques.
Dans mon cas, cette référence me fut très utile pour la dissertation ECRICOME 2025 : « Construire une Europe de la défense depuis 1950 » ; notamment pour évoquer le tournant que semble avoir pris l’UE compte tenu de ce triple choc concernant sa politique de défense.
Lire plus : Géopolitique ECRICOME 2025 – Sujets – Mister Prépa
Maxime Sbaihi, Les balançoires vides, le piège de la dénatalité
Depuis plusieurs décennies, une grande partie des pays occidentaux – l’Europe et le Japon en tête – sont touchés par le phénomène de dénatalité. Pour répondre à cette problématique, l’économiste Maxime Sbaihi conceptualise le « trilemme » concernant la démographie, avec 3 voies possibles :
- La procréation / les politiques natalistes : Elles sont compliquées à mettre en place et ne traitent pas toujours les causes profondes de la dénatalité (le logement, l’emploi, le niveau de vie). Par exemple, en France le désir d’enfant est à 2,7 enfants par femme alors que le taux de fécondité réel est de 1,8 enfant par femme.
- L’immigration : Cette solution sert à compenser le manque de main d’œuvre dû à la faible natalité et vise à relancer celle-ci. Ce fut notamment le choix de l’Allemagne sous la chancellerie Merkel. Néanmoins l’immigration ne serait qu’une solution de court terme car les 2e générations d’immigrés retrouvent des taux de natalité similaires du reste de la population.
- La robotisation : une option choisie par les pays refusant les politiques natalistes et l’immigration comme le Japon (pour des raisons culturelles notamment). Cependant, Sbaihi explique que les robots ne peuvent pas compenser un aussi gros manque comme dans les écoles ou les crèches.
Maxime Sbaihi explique alors que ces trois voies se complètent et qu’il faut tirer parti de chacune d’entre elles mais surtout que la hausse de la natalité est souvent conséquence d’un climat global favorable (le baby-boom étant une anomalie historique)
Cette référence est particulièrement pertinente pour des sujets traitant des enjeux démographiques, des migrations et de l’innovation.
Arnaud Orain, Le monde confisqué, essai sur le capitalisme de la finitude
Arnaud Orain, spécialiste de l’histoire économique et de son rapport à la politique, montre dans son livre que l’histoire du capitalisme alterne entre deux cycles :
- Le capitalisme libéral : Il s’appuie sur le principe de concurrence et porte avec lui une espérance de croissance infinie des richesses au niveau individuel, des entreprises et des États.
- Le capitalisme de la finitude (concept central de l’œuvre): autrefois appelé mercantilisme, il repose sur l’idée d’un monde fini où les ressources et les marchés sont limités. Cette forme de capitalisme ne conduit à aucun enrichissement : c’est un « jeu à somme nulle ».
Après un demi-siècle (1945-2010) de capitalisme libéral avec les cycles du GATT puis de l’OMC ainsi que l’avènement d’une mondialisation dite « néolibérale », Orain estime que nous sommes entrés dans une nouvelle ère de « capitalisme de la finitude ». Concrètement, ce phénomène se traduit aujourd’hui par trois tendances que vous pouvez exploiter dans vos copies :
- Une remise en question des logiques de marché : regain du protectionnisme (droits de douane, pensez à la Chine sur les terres rares et à Trump récemment)
- Un affaiblissement de la liberté des mers : les États-Unis concurrencés par la Chine ne sont plus en mesure de l’assurer (pensez aux déclarations de Trump sur le canal de Panama), alors que le commerce mondial est essentiellement maritime.
- Le capitalisme de monopole : dominé par les grandes entreprises du numérique (Elon Musk qui contrôle des satellites avec Starlink par exemple)
Cette œuvre peut être mobilisée pour des sujets portant sur : la démondialisation, les espaces maritimes dans la mondialisation ou encore sur les États-Unis (leur place dans la mondialisation face à la Chine notamment).
Ces trois ouvrages constituent des outils précieux, mais les références ne sont jamais une fin en soi. Elles doivent être intégrées dans une démonstration et il ne faut pas en abuser dans sa copie ; cela dépend de l’épreuve que vous passez.
Les jurys de l’ESSEC apprécient ce genre de références et concepts d’experts tant qu’ils sont bien amenés et expliqués, tandis qu’à l’ESCP et ECRICOME l’usage des références est recommandé mais sans que les étudiants tombent dans le name-dropping ce qui serait pénalisant.





