Le Brexit a été un tournant majeur pour l’Union européenne. À la suite de sa sortie définitive en 2020, le Royaume-Uni a dû s’adapter, faisant fît de l’aide de Bruxelles. Le pays a également cherché à réaffirmer son statut de puissance économique mondiale en dehors du cadre européen et suivre ses propres positions stratégiques sur la scène mondiale. Quatre ans plus tard, l’heure du bilan s’impose : affaibli sur le plan commercial et confronté à une baisse de certains investissements, le pays n’a toutefois pas perdu son attractivité dans les secteurs de la finance, de la technologie et des services. le Royaume-Uni est-il en train de se réinventer comme nouveau centre économique européen, ou tente-t-il simplement de limiter les effets négatifs du Brexit ?
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I. Le poids économique du Royaume-Uni : un acteur toujours majeur
Le Royaume-Uni a toujours été un acteur influent sur le continent européen. S’il a connu une période de faiblesse économique avec la désindustrialisation dans les années 70, Londres a su se redresser, faisant des activités tertiaires le pilier de son économie. Le Brexit se présentait pour ses partisans comme une opportunité de « Take back control », tant sur le plan politique qu’économique, n’ayant plus à contribuer au budget européen et suivre les réglementations communes.
Aujourd’hui, le Royaume-Uni reste la 2ème économie européenne, derrière l’Allemagne, avec un PIB d’environ 3645milliards de dollars selon le FMI. Le PIB par habitant est un des plus élevés d’Europe, à hauteur de 52648$ par habitant, dépassant ainsi le niveau européen fixé à 46200$en 2024.
En effet, cela s’explique par la capacité du pays à rapidement rebondir suite à la période du Covid. Si le pays avait été durement touché par la pandémie en 2020, entraînant une contraction de son économie de 8,7%, le Royaume-Uni affichait une croissance de +4,8% seulement deux ans plus tard. De fait, cela montre que le pays conserve une base économique relativement solide et stable malgré sa sortie de l’Union Européenne, contrairement aux discours alarmistes de certains à cette époque.
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II. Des effets négatifs persistants sur le commerce et l’investissement
Si on a vu que le Royaume-Uni n’avait pas plus été impacté par le recul de la croissance en Europe que d’autres économies et a su maintenir sa place, il n’en reste pas moins que le Brexit n’a pas rempli les promesses faites aux électeurs.
En effet, les échanges commerciaux avec le pays ont fortement diminué. Cela commence tout d’abord par les échanges de biens avec les pays de l’Union européenne. La lourdeur administrative à la douane, les contrôles, et les normes non alignées ont freiné les échanges. Les exportations vers l’UE ont notamment chuté de 27% entre 2021 et 2023 tandis que les importations ont diminué de 32%.
Par ailleurs, une étude récente a montré que la sortie de l’UE a réduit les investissements britanniques de l’ordre de 18% et que cela a engendré également une perte du PIB de 8% depuis 2016. Cette baisse de l’investissement fragilise ainsi la compétitivité à long terme du pays et sa capacité à innover et à attirer des projets industriels majeurs.
Par ailleurs, le durcissement des règlementations concernant l’entrée sur le territoire et l’immigration a causé une réduction de la main-d’œuvre, impactant notamment les secteurs de la construction et de la santé. En effet, une étude britannique estime que le Brexit a causé un déficit de 4000 médecins dans le système de santé public du Royaume-Uni, aggravant une situation déjà préoccupante pour le NHS. Le NHS, autrefois un modèle pour les autres pays, traverse depuis plusieurs années une véritable crise structurelle. La satisfaction du public a par exemple chuté à 21% en décembre 2024 contre 70% en 2010. Cette crise se traduit notamment par des listes d’attente atteignant plus de 7 millions de patients.
De fait, le Brexit a provoqué un choc durable sur le commerce primaire et le marché du travail auquel le pays tente toujours de se relever.
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III. Une redéfinition de son économie vers le secteur des services
L’économie britannique est devenue majoritairement dominée par les services, en mettant l’accent sur les secteurs financiers et technologiques. En sortant de l’Union européenne, le Royaume-Uni a eu la possibilité d’élaborer ses propres régulations, politiques fiscales, accords commerciaux. En 2024, le secteur tertiaire représente 80,8% de la valeur ajoutée et 82,4% de l’emploi total.
Londres renforce notamment sa position en tant que place boursière de premier plan. La banque américaine JPMorgan Chase souhaite renforcer sa présence en construisant une nouvelle tour dans le quartier de Canary Wharf. Le projet est estimé à plus de 10 milliards et permettrait d’accueillir 12 000 employés. L’annonce de JPMorgan suit le mouvement de Revolut qui avait décidé d’agrandir ses locaux londoniens en 2023 ou encore de Google qui a investit plus d’1 milliard dans un super-campus, un immense complexe technologique à King’s Cross.






