L’édition 2025 des concours BCE & ECRICOME a livré son verdict avec la publication des résultats SIGEM. Cette année, 7 127 étudiants issus des classes préparatoires ECG rejoindront une Grande École de management à la rentrée prochaine. Côté écoles, le SIGEM reste une échéance stratégique, notamment sur la question du remplissage des promotions. Pour mémoire, 12 écoles n’avaient pas rempli leur effectif en 2024. Alors, qu’en est-il pour 2025 ? Découvrez tous les chiffres, enjeux et analyses dans cet article exclusif signé Mister Prépa.
Taux de remplissage SIGEM 2025
Le taux de remplissage est un indicateur clé pour mesurer l’attractivité réelle des écoles. En 2025, si plusieurs établissements affichent complet, d’autres peinent à remplir l’ensemble de leurs places. Tour d’horizon des chiffres.
ÉCOLE Nombre d'affectés 2025 Nombre
de places 2025Taux de remplissage 2025 HEC Paris 416 415 100,00% ESSEC 445 445 100,00% ESCP Business School 430 430 100,00% EDHEC Business School 495 490 100,00% emlyon business school 525 525 100,00% SKEMA Business School 568 565 100,00% Audencia 530 525 100,00% NEOMA Business School 710 705 100,00% Grenoble Ecole de Management 550 545 100,00% KEDGE Business School 565 560 100,00% TBS Education 365 360 100,00% Rennes SB 301 300 100,00% IMT-BS 49 45 100,00% MBS 290 285 100,00% BSB 102 200 51,00% ICN Business School 106 170 62,35% Excelia Business School 36 85 42,35% EM Strasbourg Business School 96 120 80,00% INSEEC Grande École 44 60 73,33% ISC Paris Grande École 17 30 56,67% Clermont School of Business 12 60 20,00% Brest Business School 8 20 40,00% SCBS 0 20 0,00%
Quelles écoles ne remplissent pas leur promotion de prépas au SIGEM 2025 ?
RANG SIGEM ÉCOLE TAUX DE REMPLISSAGE 2025 TAUX DE REMPLISSAGE 2024 1 HEC Paris 100,00% 100,00% 2 ESSEC 100,00% 100,00% 3 ESCP Business School 100,00% 100,00% 4 EDHEC Business School 100,00% 100,00% 5 emlyon business school 100,00% 100,00% 6 SKEMA Business School 100,00% 100,00% 7 AUDENCIA 100,00% 100,00% 8 NEOMA Business School 100,00% 100,00% 9 Grenoble Ecole de Management 100,00% 100,00% 10 KEDGE Business School 100,00% 100,00% 11 TBS Education 100,00% 100,00% 12 Rennes School of Business 100,00% 96,61% 13 IMT-BS 100,00% 64,00% 14 MBS 100,00% 100,00% 15 BSB 51,00% 59,56% 16 ICN Business School 62,35% 76,74% 17 Excelia Business School 42,35% 74,11% 18 EM Strasbourg Business School 80,00% 42,00% 19 INSEEC Grande École 73,33% 61,42% 20 ISC Paris Grande École 56,67% 35,00% 21 Clermont School of Business 20,00% 32,00% 22 Brest Business School 40,00% 55,00% 23 SCBS 0,00% 5,00%
Cette année, 9 écoles de management post-prépa ne remplissent pas leur promotion, ce qui représente 2 écoles de moins que l’an passé (IMT-BS et Rennes School of Business remplissent leur promotion cette année). Ces 9 écoles qui ne font pas le plein laissent tout de même quelques 344 places vacantes, soit un manque à gagner global avoisinant les 20M€ !
Parmi ces écoles qui ne remplissent toujours pas cette année 2025 :
- ICN : 64 places vacantes, soit un taux de remplissage de 62%. C’est 15% de moins que l’an passé. Mauvaise année pour la Grande École de la creactivité, malgré un campus parisien en plein développement !
- Excelia BS : 49 places vacantes qui n’aura pas réussi à convaincre assez de candidats à la rejoindre en septembre prochain. Un taux de remplissage inquiétant de 42% cette année contre 74% l’an passé.
- INSEEC Grande Ecole : 16 places vacantes. C’est mieux que l’an dernier : l’école affiche un taux de remplissage de 73% contre 61% en 2024, soit +12% de remplissage. Une belle dynamique à confirmer ces prochaines années !
- BSB : 88 places vacantes. Douche froide pour l’école à ne pas rater pendant son Tour de France des oraux ! BSB ne remplit en effet qu’à peine la moitié de ses places ouvertes (51%), soit -9% de taux de remplissage par rapport à l’an passé (60%).
- Brest BS : 12 places vacantes. 8 étudiants de prépa rejoindront donc la business school la plus proche de New York dès l’an prochain, qui enregistre cette année un timide taux de remplissage de 40%, en recul de 15 points par rapport à l’an passé (55% de remplissage).
- EM Strasbourg : seuls 24 candidats de prépa manquaient cette année à l’EM Strasbourg pour remplir sa promotion de 120 places ! L’école qui enregistrait un des pires taux de remplissage l’an passé (42%) peut se réjouir cette année d’avoir quasiment doublé ce chiffre (80% de taux de remplissage en 2025), notamment permis grâce à la réduction de son nombre de places ouvertes en 2025 (120 places ouvertes cette année contre 150 en 2024). Une école qui aime les prépas et qui semble avoir tout de même progressé dans leur coeur ces derniers mois !
- ISC Paris : La réduction de l’offre de 40 à 30 places cette année a visiblement porté ses fruits pour cette petite école parisienne. Résultat : le taux de remplissage bondit de 35 % à 57 %, une nette amélioration. 17 étudiants de classe prépa intégreront ainsi l’établissement de Levallois-Perret à la rentrée de septembre.
- Clermont School of Business : Seulement 12 préparationnaires feront leur rentrée en Auvergne en septembre, pour 60 places ouvertes, soit un taux de remplissage de 20 %, en recul par rapport aux 32 % de l’an dernier. Une petite déconvenue pour Clermont School of Business, qui affichait pourtant la 2ᵉ plus forte hausse de candidats CPGE en décembre dernier (+6,1 % vs 2024). Nul doute que l’école renforcera dès les prochaines semaines sa stratégie de conversion candidat entre janvier et juillet pour inverser la tendance en 2026.
- SCBS : 0. Aucun candidat passé par la classe préparatoire n’effectuera sa rentrée à SCBS cette année. Une tendance qui se confirme puisque l’école affichait déjà le pire taux de remplissage l’an passé avec 1 seul candidat ayant choisi de la rejoindre en 2024. Un chiffre d’autant plus inquiétant que SCBS recrutait tout de même 10 candidats issus de prépa en 2022, il y a 3 ans à peine… Cette année 2025 sonne-t-elle la fin du recrutement CPGE pour cette école ? Plus d’infos ces semaines à venir !
Pourquoi tant d’écoles ne remplissent-elles pas leurs promos de prépas ?
Ne nous y trompons pas : si plusieurs écoles peinent encore à remplir leurs promotions cette année, ce n’est pas un simple accident, mais bien une conséquence de tendances structurelles qui se confirment en 2025. Certes, le nombre de candidats issus de prépa a légèrement augmenté cette année : +4,7 % d’inscrits aux concours par rapport à 2024. Mais cette hausse, bien réelle, n’a pas suffi à inverser la dynamique globale de sous-remplissage.
Deux facteurs principaux permettent de comprendre cette situation :
D’un côté, les écoles du TOP 10 continuent d’augmenter leurs capacités d’accueil. Dans un système aussi hiérarchisé que le SIGEM, cela provoque mécaniquement un glissement des candidats vers le haut du classement, même lorsque les niveaux académiques sont équivalents. Le résultat est connu : les écoles du milieu et du bas du tableau sont progressivement asséchées par le haut.
De l’autre, nous assistons à un phénomène plutôt nouveau mais croissant : le nombre de démissions explose.
- En 2024, on comptait 384 démissions après affectation.
- En 2025, ce chiffre grimpe à 455, soit environ +18 % en un an.
Autrement dit, de plus en plus de candidats refusent l’école qu’ils ont eue, préférant redoubler ou se réorienter. Ainsi, plus que jamais, nombre de candidats estiment qu’au-delà d’un certain rang d’école, il vaut bien mieux cuber ou tenter d’intégrer des écoles mieux classées via une autre voie que la prépa, quitte à décaler son admission d’une année. Peut-on leur en vouloir à une heure où le martèlement des différents classements par les médias est de plus en plus prononcé ? À une heure où il semble de plus en plus abordable d’intégrer des écoles mieux classées via des admissions sur titre ? La question est ouverte.
En résumé : malgré un léger regain du nombre de candidats, l’équilibre entre offre et demande continue de se fragiliser. Les écoles les mieux classées, en ouvrant toujours plus de places, contribuent à rendre le TOP 10 plus accessible… tout en affaiblissant leurs homologues du bas de tableau.
Dans ce contexte, sans régulation collective ou réflexion systémique, le modèle post-prépa reste sous tension.
Pourquoi certaines écoles ne remplissent-elles toujours pas leur promotion ?
D’autres raisons, nécessitant une analyse plus fine, expliquent les difficultés de ces écoles à remplir leurs promotion de prépas.
L’arbitrage entre sélectivité et remplissage
Chaque année, les écoles définissent leur barre d’admissibilité et d’admission. Certaines, portées par une dynamique favorable (progression dans les classements, hausse du nombre d’inscrits…), choisissent de rehausser leur barre pour renforcer la qualité académique de leur promotion.
Exemple avec l’EDHEC, qui a relevé sa barre d’admissibilité cette année encore.
Mais cette stratégie n’est pas sans risque : une barre trop élevée peut restreindre fortement le nombre de candidats admissibles, réduire l’affluence aux oraux… et compliquer le remplissage final.
Un nombre de places ouvertes parfois trop ambitieux
Certaines écoles affichent un nombre de places important pour les CPGE, traduisant leur volonté de recruter davantage de préparationnaires. Mais si l’attractivité de l’école ne suit pas, ces places restent vacantes. Ce fut le cas en 2024 pour IMT-BS, qui avait ouvert 50 places sans parvenir à les remplir. En 2025, l’école a opté pour une approche plus mesurée : 45 places ouvertes seulement, lui permettant d’atteindre 100 % de remplissage avec 49 affectés. Un bon exemple de la nécessité d’adapter son volume d’accueil à la réalité du marché et de son attractivité réelle. Car si IMT-BS avait maintenu 50 places comme l’an passé, elle aurait été, mathématiquement, classée parmi les écoles en sous-remplissage (elle compte 49 affectés cette année).
Une concurrence frontale entre écoles
Les bi-admis font des choix souvent dictés par la hiérarchie perçue du classement SIGEM. Lorsqu’une école subit une forte érosion face à ses voisines mieux classées ou plus séduisantes, elle perd mécaniquement des effectifs. Cette dynamique accentue les écarts d’année en année.
L’expérience admissible : un critère décisif
L’accueil et l’ambiance proposés pendant les oraux restent des leviers puissants de conversion. À l’inverse, une organisation confuse ou un accueil impersonnel peuvent être rédhibitoires, notamment pour des écoles de plus petite taille. C’est pourquoi de nombreuses écoles investissent beaucoup dans cette période charnière, bien conscientes que la première impression peut tout changer.
À cet égard, Mister Prépa organise chaque année en collaboration étroite avec l’institut Speak & Act le classement Mon Expérience Admissible© qui permet aux candidats prépa de noter la qualité globale de leur accueil dans les écoles pendant leurs oraux. Les résultats de l’édition 2025 seront disponibles dans quelques jours !










