Le 25 avril 1945 marque un tournant dans l’histoire italienne. Il s’agit en effet de la date de la libération du pays de l’occupation nazie. Ainsi, chaque année, cette date est un jour de fête pour les Italiens. Pourtant, ce jour de liesse nationale semble aujourd’hui faire débat, notamment remis en question par le parti de Giorgia Meloni, Fratelli d’Italia.
La période fasciste
L’Italie a été sous le régime fasciste de Benito Mussolini de 1922 à 1945 après qu’il a pris le pouvoir le 28 octobre 1922 en marchant sur Rome. Le pays était alors contrôlé d’une main de fer. Mussolini a mis en place une série de mesures liberticides, supprimant toute opposition politique et contrôlant la presse, la culture, l’éducation. La période fasciste a fortement marqué l’histoire italienne et les mémoires. Celui que l’on appelait « il Duce » avait instauré un régime coercitif et contrôlait la population à l’aide d’une milice (milizia). Un véritable culte de la personnalité et une influence des masses avait été mis en place notamment par la propagande et les organisations paramilitaires (organizazione paramilitari) comme i Figli della Lupa, i Balilla o gli Avanguardisti. Il ventennio fascista a également été marquée par la campagne en Ethiopie en 1936, les lois antisémites et l’occupation nazie. Mussolini a fait de l’Italie un pays en quasi-autarcie. Il a mené des politiques agricoles et industrielles drastiques, augmentant fortement la productivité. Son but premier était de restaurer la grandeur qu’avait connu le pays dans l’Antiquité. Le style architectural et les grands travaux menés témoignent de cette admiration de l’Empire romain.
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La Resistenza
À la signature de l’armistice en 1940 avec l’Allemagne nazie, le Nord de l’Italie (l’Italia settentrionale) jusqu’à Rome a été occupée par les nazis. Le Sud était occupé par les Alliés, notamment par les Américains. La résistance s’est rapidement organisée dans le Nord de l’Italie. On compte environ 230 000 personnes qui auraient participé aux sabotages, aux grands mouvements de grève (lo sciopero) dans les usines et dans les renseignements. I partigiani étaient issus de toutes les classes sociales mais la majorité se constituait d’ouvriers (operai) et de la classe moyenne (ceti medi). Dès septembre 1943 les forces de la Resistenza se sont organisées pour faire partir les troupes nazies basées à Naples. Ce mouvement populaire qui a duré du 27 au 30 septembre 1943 est appelé le Quattro giornate di Napoli. Le mouvement de libération continue et le 25 avril 1945, les partisans libèrent la ville de Milan de l’occupation nazie et fasciste. La population civile se joint alors au mouvement et s’insurge contre l’occupation dans toute l’Italie du Nord. Les villes sont peu à peu libérées avant l’arrivée des troupes anglo-américaines. Mussolini tente de fuir le pays en se déguisant mais il est rapidement retrouvé et exécuté quelques jours plus tard.
Le 25 avril est donc devenu une date importante dans l’histoire italienne, celle de la libération d’un peuple de l’occupation nazie et du fascisme. Il a ensuite fallu reconstruire l’économie et les villes. Le 2 juin 1946 fut alors proclamée la Première République italienne à la suite d’un référendum.
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Une date qui fait débat aujourd’hui
80 ans après la libération de l’Italie, la date est controversée. Les commémorations du 25 avril ont longtemps servi de caisse de résonance au discours antifasciste. La droite italienne a toujours préféré la date du 2 juin au 25 avril pour des raisons historiques mais cela est devenu d’autant plus flagrant depuis l’arrivée au pouvoir du parti de Giorgia Meloni, ayant de lointains liens avec l’Italie fasciste. Antonio Scurati, écrivain et philosophe, devait prononcer un discours antifasciste en direct à l’antenne de la RAI, principal groupe de radio-tv italien. Mais seulement quelques heures avant, il fut annulé. Le gouvernement est accusé d’exercer une censure sur les chaînes de la RAI, remettant en question le principe de la liberté de la presse. De nombreux journalistes se sont alors mobilisés, reprenant le monologue de Scurati pour le transmettre au grand public.
Le 25 avril est devenu une date qui fait objet de contention entre la gauche et la droite mélonienne, celle-ci accusant la gauche d’instrumentaliser les commémorations. Ainsi, le ministre de la justice Ignazio La Russa avait déclaré : « je ne fêterai pas le 25 avril parce que nous ne célébrons pas une fête de la liberté et de la démocratie mais la chasse gardée d’un certain parti de gauche ». Cette année encore, les célébrations du 25 avril sont donc très vivement attendues.
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