Misterprepa

Comment combattre le syndrome de l’imposteur en prépa ?

Sommaire

Ça y est ! Tu viens d’entrer en prépa, de commencer ta deuxième année, voire de khûber pour les plus courageux… Mais entrer en prépa c’est aussi se confronter à des questions récurrentes : suis-je vraiment à la hauteur ? Vais-je y arriver ? Est-ce que tout cela en vaut la peine ? Ce doute, aussi connu sous le nom de syndrome de l’imposteur, touche même les étudiants les plus assidus. Rappelons-le : les moments de doutes en prépa sont indéniables, tout le monde, même l’étudiant le plus confiant et consciencieux y passe. Néanmoins transformer ces pensées parfois dérangeantes – que l’on retrouve encore plus lorsque l’on vient d’une “petite prépa” – en une force peut s’avérer parfois difficile, mais pas de panique ! des solutions existent !

 

Lire plus : Accéder au TOP 3 en venant d’une prépa de province !

1/ Se fixer des objectifs réalistes et réalisables !

Lorsqu’on arrive en prépa, tous les étudiants se posent des questions quant à la manière d’aborder leurs années de dur labeur, mais ont parfois tendance à se fixer des objectifs irréalistes… En début de première année, pleine de bonne volonté et d’ambitions, j’avais une légère tendance à me fixer des objectifs et des emplois du temps beaucoup trop rigides en comparaison avec mes capacités de travail, ce qui me poussait à stresser, voire complètement me démoraliser quand je n’arrivais pas à les tenir. Soyons honnêtes, nos capacités de concentration et de résistance face au travail évoluent et progressent au fur et à mesure : un étudiant qui vient tout juste de rentrer en prépa ne sera jamais aussi organisé qu’un étudiant qui passe ses concours dans 1 mois !

Au lieu de vous focaliser sur des performances irréalistes, fixez-vous des petits objectifs facilement atteignables que vous améliorerez au fur et à mesure de l’année, vous vous sentirez en sécurité et saurez tenir face à la pression !

 

 2/ Ne jamais faire de ses camarades un objet de comparaison mais une source de progression !

 Autre problème auquel nous pouvons être facilement confrontés : se comparer aux autres. Une fois arrivé en prépa, il peut être parfois difficile de se sentir à sa place, les autres peuvent facilement nous impressionner et nous démoraliser. Mais encore une fois, PAS DE PANIQUE, tout le monde doute et se pose exactement les mêmes questions que vous !

Pour combattre et effacer ce sentiment d’insécurité, n’hésitez pas à vous confier à vos camarades, vos amis, et vous verrez, eux aussi penseront parfois pareil que vous ! Il ne faut pas hésiter à créer un petit groupe de travail (de 2 à 4 personnes) avec des personnes qui sont motivées et sérieuses (et qui ne procrastinent pas). Voyez cela non pas comme un inconvénient, mais comme un réel avantage : rester avec les bonnes personnes vous permettra de construire de bonnes amitiés qui dureront et vous aideront à vous sentir plus confiant et à l’aise et à tenir ces années qui peuvent être parfois difficiles. Chaque personne a des capacités de réflexion et de progression qui sont différentes et surtout des points forts et des points faibles : personne n’est parfait !

 

Lire plus : Cartonner en Prépa sans stress : l’essentiel que j’aurais aimé connaître

3/ Ne jamais douter de son potentiel et de ses capacités

Attention, ce conseil doit être pris avec des pincettes : dans le premier point, bien que j’évoquais la nécessité de se fixer des objectifs réalistes, il faut parfois également faire preuve d’ambition ! En effet, continuer à croire en son potentiel est essentiel pour progresser, même lorsque les résultats tardent à venir. Dans les moments clés, comme par exemple la période entre les écrits et les oraux, vous avez le droit de rêver grand et n’hésitez surtout pas à préparer les oraux d’écoles qui vous semblent hors de portée ! Les très bonnes surprises arrivent souvent !

Le doute excessif peut devenir un frein, voire une prophétie autoréalisatrice : si l’on ne croit pas en ses capacités, on se condamne à l’échec avant même d’avoir essayé. Cela ne signifie pas qu’il faut se surestimer ou ignorer ses lacunes, mais qu’il faut les considérer comme des défis à relever.

Avoir confiance en soi, c’est aussi accepter que l’on puisse évoluer. Si vous visez le Top 3, Top 5 ou le Top 10 c’est génial, mais n’hésitez jamais à tester de nouvelles choses ou tout simplement OSER au risque d’être déçu de votre résultat le jour du concours…

 

Lire plus : 4 astuces pour travailler sans efforts


4/ Être fier de ses petits succès

Tout bon préparationnaire qui soit connaît ce fameux dicton : “La prépa, ce n’est pas un sprint mais un marathon.” Eh bien, si la course est lente, les succès s’enchaînent sans même que vous vous en rendiez compte ! Tu as réussi à gagner 2 points à ton dernier DST de mathématiques ? Félicitations ! Tu as réussi à gagner du temps en finissant de préparer une khôlle plus rapidement ? Bien joué !

Ces petites victoires, si modestes soient-elles, sont des preuves concrètes de votre progression. Trop souvent, on attend une réussite exponentielle pour se sentir légitime, mais c’est en célébrant les étapes intermédiaires qu’on garde la motivation sur la durée…


Un mécanisme que j’aime bien et qui illustre parfaitement ceci est l’effet
 Dunning-Kruger. Il illustre un phénomène bien connu qui se divise en 3 points : 

  • Montagne de la stupidité : au début de l’apprentissage, l’individu possède peu de compétences mais manque également de conscience de ses erreurs. Cela conduit à une confiance excessivement élevée, car il ignore encore l’étendue de ce qu’il ne sait pas.
  • Vallée de l’humilité : avec l’expérience, il prend conscience de la complexité du domaine et découvre ses lacunes. Cette prise de conscience provoque une forte chute de confiance, même si les compétences réelles augmentent.
  • Pente de l’illumination : en poursuivant l’apprentissage, la maîtrise devient plus solide et la confiance remonte progressivement. Elle reste toutefois plus réaliste et proportionnée au niveau réel de compétence.
  •  
L'effet Dunning-Kruger nous montre donc bien une chose : n’importe quel succès - aussi petit soit-il -est source de progression et doit nous aider in fine à nous affranchir du doute !

 

5/ Prendre du temps pour soi et relativiser…

Une chose que je regrette profondément de ne pas avoir assez faite en prépa, c’est de ne pas m’accorder suffisamment de temps pour moi, de ne pas m’être assez reposée. Dans les périodes de stress intense, nous sommes nombreux à avoir tendance à forcer, à croire qu’il faut absolument “tenir”, coûte que coûte. Résultat : on pousse jusqu’à l’épuisement et on doute encore plus, en se sentant “pas assez prêts”. Un jour, en pleine période de révisions, j’étais si épuisée que j’ai littéralement failli m’endormir en pleine annale, luttant contre la fatigue, le cerveau complètement HS, et j’ai fini par ne rien faire de productif de la journée !

Ce jour-là, j’ai compris une chose importante : travailler plus ne signifie pas forcément travailler mieux. En prépa, on culpabilise dès qu’on s’arrête, comme si chaque minute de pause nous éloignait de la réussite. Alors qu’en réalité, le repos n’est pas une perte de temps : il aide à repartir de plus belle. Un cerveau fatigué n’apprend plus, ne raisonne plus, et finit par faire douter de tout.

Alors, pour s’affranchir de ce doute continu, un des meilleurs conseils que je puisse donner est le suivant : essayez de quitter mentalement la prépa ne serait-ce que 20 minutes, parlez avec vos proches et vos amis de choses qui sont complètement différentes, n’hésitez pas à sortir pendant les vacances, sortez vous promener et faites des activités qui vous plaisent ! Par exemple, écouter de la musique m’aidait énormément à me détendre, enfin bref : trouvez ce qui VOUS aide. Pendant les moments où l’énergie est nécessaire, comme les concours, il faut être en pleine forme (afin d’éviter d’être mort-vivant quand on fait une annale…)


CONCLUSION 

Pour résumer, la prépa est un environnement certes riche intellectuellement mais qui peut rapidement être source d’angoisses si on ne trouve pas la bonne approche ! Appliquer tous ces petits conseils d’un coup est difficile ; il est naturellement impossible de changer son mindset du jour au lendemain, mais si vous lisez cet article, c’est que vous êtes déjà sur la bonne voie ! Bon courage pour cette nouvelle année !

Newsletter
Image de Lina Saïdou
Lina Saïdou