Rencontre avec Marine GUYOT qui a majoré à l’ESCP. Elle va vous donner tous ses conseils et astuces dans cette interview.
Bonjour Marine, peux-tu te présenter ?
Oui bien sûr ! Donc je m’appelle Marine, j’ai 19 ans et je viens de Rennes. Je viens de finir mes deux années de prépa ECG au lycée Henri IV, en maths appliquées et ESH. A la rentrée j’intègre HEC Paris avec une licence de maths à la Sorbonne en parallèle.
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Peux-tu revenir sur ton parcours ?
J’ai fait mon lycée à Rennes, en section Bachibac, donc bi-nationale français espagnol. En première j’avais choisi les spés maths, SES et HGGSP, et en terminale j’avais lâché l’HGGSP et pris l’option maths expertes en plus. Après le lycée j’étais à peu prêt sûre de vouloir faire une prépa, au départ je visais plutôt le lycée Chateaubriand à Rennes, et j’avais mis Henri IV sur Parcoursup un peu pour rigoler, sans penser que je pouvais être prise. Finalement j’ai été prise dès le premier jour, donc j’ai pas réfléchi très longtemps et j’ai accepté !
Pourquoi avoir choisi de faire une prépa ?
Le choix de la prépa était assez facile pour moi, je ne me voyais pas trop faire autre chose. J’avais beaucoup aimé mes années lycée et ce système me convenait bien donc le fait d’avoir encore des vraies classes où tout le monde se connaît, et où les profs aussi nous connaissent me plaisait bien. J’avais aussi envie de continuer dans quelque chose d’assez général parce que je n’avais pas d’idée précise du métier que je voulais faire, donc comme les débouchés des écoles de commerce sont vraiment variés c’était parfait pour moi !
Avais-tu déjà des objectifs précis en arrivant en prépa ?
Mes objectifs ont un peu évolué au cours de la prépa et des différents résultats aux CB, en arrivant je visais plutôt le Top 5 puis assez rapidement je me suis rendue compte que je pouvais viser un Top 3. Finalement j’ai bien réussi le dernier CB avant les concours donc à partir de ce moment-là j’avais vraiment pour objectif d’intégrer HEC.
Comment se sont déroulés les concours écrits ?
C’était une semaine assez bizarre, quand j’étais au lycée où je passais le concours je retrouvais pas mal de personnes de ma prépa donc c’était rassurant de pouvoir discuter avec eux et voir que tout le monde était stressé, donc je garde plutôt un bon souvenir de ces journées de concours, mais c’était plus compliqué en fin de journée une fois les épreuves terminées, quand il faut essayer de ne pas repenser aux épreuves du jour, et en même ne pas trop penser aux épreuves du lendemain non plus pour ne pas se stresser en avance.
Pendant les révisions, j’avais préparé des mini fiches pour la semaine du concours, par exemple en ESH les graphiques les plus importants, quelques chiffres qui peuvent servir souvent en langues, les formules de maths que je n’arrivais pas à retenir. Ça me permettait de ne pas trop m’éparpiller le soir, je savais ce que j’avais à revoir. …
Comment t’es-tu préparée aux oraux ?
La période de révisions des oraux m’a paru très longue, surtout celle qui a précédé les résultats d’admissibilité. Dans mon cas je n’avais plus beaucoup de cours à proprement parler, mais beaucoup plus de colles. Alors que j’avais beaucoup travaillé seule chez moi pendant le reste de la prépa, pour les oraux je n’étais plus très motivée donc je travaillais au lycée avec des amies. Ça nous permettait aussi de faire des colles entre nous en plus de celles proposées par nos profs, surtout en ESH et en langues où c’était très utile. Avant les résultats d’admissibilité j’avais décidé de me préparer comme si j’allais être admissible à HEC, donc j’ai continué à travailler toutes les matières.
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Quels sont tes conseils pour préparer les oraux à l’ESCP épreuve par épreuve ?
D’abord pour l’entretien, qui est la plus coefficientée, je pense que c’est surtout un travail sur le long terme. Dans ma prépa on avait régulièrement des simulations d’entretien de personnalité donc ça m’a beaucoup aidée, parce que ça m’obligeait régulièrement à me replonger dans mon projet professionnel, le but étant qu’il soit le plus cohérent possible, et surtout toujours se demander « comment l’ESCP peut m’aider à mener à bien ce projet ? », parce que c’est souvent la question que les examinateurs posent. Un autre conseil est de mettre l’accent sur un élément qui permet de se distinguer plutôt que de les multiplier. Une fois leur journée terminée, les jurys se souviennent assez peu de chacun des candidats, donc le but c’est de faire en sorte qu’ils se disent « ah oui, c’est celui qui était passionné par ça, ou avait fait ceci ou cela… ».
En ESH, je n’ai pas vraiment de conseils si ce n’est ceux que l’on nous donne très souvent : une très bonne connaissance du cours, et s’entraîner le plus possible sur des sujets. Autant à l’écrit j’avais fait quelques impasses, notamment sur la socio, mais à l’oral il y a toujours un risque que ça tombe, soit dans les sujets soit dans les questions ensuite. Un autre conseil qui me semble important non pas pour la préparation mais pendant l’oral d’ESH en lui-même : dès que je n’avais pas la réponse à une question du jury, je disais directement que je ne savais pas, je n’essayais pas des réponses dont je n’étais pas sûre, autant ne pas perdre de temps et passer à une autre question où on aura potentiellement la réponse.
Pour les langues (dans mon cas j’avais espagnol LVA et anglais LVB), là encore c’est assez bateau comme conseil mais il faut vraiment parler, parler, parler, le plus possible et à plusieurs. Je n’avais pas revu ma civi pour les oraux, j’ai fait seulement avec mes souvenirs des écrits, mais finalement ça suffisait. Je lisais la presse espagnole tous les jours, pas forcément très longtemps mais juste pour avoir une idée des gros titres, mais je ne l’ai pas fait du tout pour l’anglais. Il n’y a pas forcément besoin de faire une vraie colle à chaque fois qu’on veut s’entraîner, des fois on se fixait par exemple 30 minutes pendant lesquelles on échangeait juste en espagnol sur les faits d’actualité qu’on avait pu lire, ça évite d’avoir à chercher un texte. Sinon les problématiques des sujets de langue Edhec sont bien aussi pour commencer une discussion en espagnol / anglais.
Lors des résultats des oraux, tu apprends que tu as majoré à l’ESCP, quelle est ta réaction ?
Comme j’avais vu que j’étais admise à HEC quelques heures plus tôt et que j’avais plutôt eu une bonne impression de mes oraux à l’ESCP, je me doutais que je serais admise, mais pas de là à finir première ! J’avais retrouvé des amies de Rennes après les résultats d’HEC donc j’ai découvert ça avec elles, c’était assez drôle, mais je crois que j’ai pas trop réalisé sur le moment. Dans la soirée quelques personnes de ma classe avaient vu que j’avais majoré et m’avaient envoyé un message pour me féliciter, et c’est là que j’ai pris conscience que j’avais vraiment majoré l’ESCP !
Quels sont tes prochains projets à l’ESCP ?
Du coup j’intègre HEC, là-bas je vais d’abord faire une licence de maths en parallèle de ma L3, pour ensuite peut-être tenter d’intégrer un double-diplôme avec une école d’ingénieur, je réfléchis encore. J’aimerais bien peut-être travailler dans des institutions financières internationales type BCE ou FMI, mais là encore c’est assez flou.
Un conseil pour les jeunes voulant faire une prépa
Je dirais que mon conseil le plus important est de ne pas comparer son niveau en fin de terminale avec celui qui est attendu de nous en fin de prépa : c’est complètement normal que ce niveau semble inatteignable, mais il faut se lancer quand même parce que ça vient au fur et à mesure, on teste des méthodes de travail qui ne sont pas forcément les bonnes, mais on a deux – voire trois – ans pour trouver comment notre mémoire fonctionne, quelles sont nos matières fortes et les plus faibles où il faut mettre l’accent, donc c’est normal de connaître une période d’adaptation plus ou moins longue au début de la prépa.
Le mot de la fin
Mon dernier conseil serait, une fois entré en prépa, de ne pas chercher à copier les méthodes de travail de ceux qui réussissent mieux que nous et de prendre du recul sur ça : c’est très bien de demander des conseils aux majorants ou aux carrés qui auraient intégrer HEC, mais ce qui marche pour certains peut très bien ne pas marcher pour d’autres, donc il faut aussi se faire confiance, faire confiance à sa mémoire et à ses méthodes de travail !
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