Si vous avez choisi le sujet 1 en culture générale, cet article est fait pour vous. En effet, découvrez ci-dessous l’analyse du sujet 1 de culture générale ECRICOME 2026 ! Nous vous proposons des éléments de réponse qui, selon nous, correspondent à ce qui était attendu le jour J et à ce qui fait la différence dans une copie.
Pour les futurs préparationnaires, lire une analyse est bénéfique pour votre préparation et vos révisions.
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L’analyse du sujet 1 de culture générale ECRICOME 2026
De quoi ne peut-on juger ?
Le sujet 1 proposé par la session 2026 des épreuves Écricome est un sujet sous forme d’une question, qui s’apparente plus, dans la manière de le traiter, à un sujet notion.
Rappelons que cet article vise à donner des pistes de réflexions, et plusieurs éléments de réponses qui nous paraissent attendus, et non pas un corrigé exhaustif.
Analyse des termes du sujet :
Comment dans chaque sujet de dissertation, il faut procéder à une définition de tous les mots clefs du sujet, ici : « quoi », « ne peut-on », et « juger ». il est possible de poser les questions suivantes aux termes clefs du sujet pour en faire apparaître les différents aspects (Comment ? Quoi ? Qui ? Combien ? Où ? Quand ? Pourquoi ?)
« Quoi », se rapporte à toute réalité, matérielle ou immatérielle, qui peut constituer ici un objet de réflexion pour le sujet humain : une idée, une personne, une réalité matérielle, un désir…
« Ne peut-on » : il fallait s’intéresser à l’usage de la négation, et au verbe « pouvoir », qui pouvait ici revêtir une triple acception. Pouvoir, c’est en effet à la fois questionner la capacité d’un sujet (suis-je, ou non, matériellement en capacité de juger ?), la nécessité d’une chose (est-il nécessaire de juger ?), et la moralité de cette dernière (est-il souhaitable ou non de juger une situation ou une chose ?)
La négation était en ce sens rattachage à cette polysémie du verbe pouvoir : incapacité d’une part (si je ne dispose pas d’une conscience, ou de trop peu d’informations sur un sujet, je suis en incapacité de juger), absence de volonté d’expression du jugement (se taire), ou interdit moral (il ne convient pas que je puisse juger).
« Juger » : terme véritablement clef du sujet, qu’il fallait envisager dans toute sa polysémie également. Ainsi, un premier niveau d’analyse nous permet de définir ce verbe comme le fait d’énoncer un avis, une opinion sur une personne ou une chose, en somme, de s’exprimer relativement à un donné matériel ou immatériel. Si l’on va plus loin, juger ce peut être aussi décider dans une position d’autorité (comme le juge qui rend un verdict), trancher une situation en s’imposant (par son savoir, son autorité..). Ce peut-être enfin la faculté d’affirmer ou de nier l’existence d’une chose, et en cela, établir une vérité (concordance entre une réalité et un jugement).
La diversité des significations possibles pose d’emblée problème, nous voyons bien qu’il est a priori possible de juger de tout, c’est ce qui fait précisément la nature de l’homme, être de réflexion. Pour autant, il apparaîtrait comme absurde qu’un homme qui ne dispose d’aucune compétence dans un domaine très spécialisé s’exprime sur un sujet de cette nature.
Problématique
Dès lors, ces problèmes nous aident à formuler une problématique :
Dans quelle mesure l’exercice du jugement, s’il apparaît comme le propre de l’homme, se heurte-t-il nécessairement à aux limites morales et ontologiques de la conscience humaine ?
Proposition de plan
I/ Le jugement comme vocation universelle de la raison humaine
A/ L’homme comme être pensant et raisonnable, juge de tout en permanence
Notre première définition du jugement comme faculté d’émettre un avis, de s’interroger simplement sur la nature d’une chose, nous amène à répondre négativement, dans un premier temps, au sujet qui nous est posé : si l’homme est par essence un être pensant, rationnel, qui interagit avec le monde, tous les objets qui se présentent à lui sont susceptibles.
La définition de l’homme comme un animal rationnel apparaît en ce sens dans des textes célèbres de la philosophie comme le Discours de la méthode de Descartes, à travers la formule du cogito, « Je pense donc je suis ».
B/ C’est ce qui permet le développement d’une faculté critique, essentielle à son humanisation
Tout ne semble pas seulement susceptible de faire l’objet d’une appréhension par le jugement humain, l’éducation rend nécessaire cette perspective critique sur le monde. Les premiers textes de la philosophie rendent sensibles cet enjeu de retour sur soi et sur le monde qui rend possible le dépassement de la doxa (l’opinion commune), laquelle ne peut être dépassée que par un effort d’approfondissement, comme dans le cas du dialogue socratique, que l’on retrouve dans l’œuvre de Platon.
II/ L’inégale légitimité du jugement : limites normatives
A/ L’expertise du jugement, gage de sa légitimité ?
Pour autant, si l’on s’élève à une définition plus complexe du jugement, qui s’exprime cette fois-ci comme un avis légitime, informé, et doté d’autorité sur une chose, peut-on encore envisager le jugement comme susceptible d’être délivré par tous sur toute chose ?
Le domaine esthétique peut en ce sens fournir des exemples parlants. David Hume, dans ses Essais sur l’art et le goût tente de penser l’expertise du jugement de goût délivré sur une œuvre d’art. Nous y retrouvons à la fois des caractéristiques innées et issues de l’éducation. Plus tard, Bourdieu théorise cette problématique de l’expertise en termes d’autorité, à travers la notion de capital culturel.
En ce sens, tout le monde ne peut pas, s’agissant de légitimité et d’autorité, prétendre à se faire juge.
B/ L’autorité du jugement historique et scientifique
Appliqué dans le domaine historique ou scientifique, cette problématique de la légitimité prend des proportions tout à fait significatives.
Les travaux d’historiens célèbres, comme ceux de Marc Bloch, à l’initiative de l’École des Annales, au XXe siècle, cherchent à élaborer une méthode historique fondée sur l’intégration de disciplines scientifiques et économiques clefs dans la constitution d’une analyse historique. Certains objets historiques ou scientifiques complexes ne peuvent être appréhendés sans le recours à une méthode, des documents, une analyse.
On pouvait également citer des exemples où l’autorité du jugement historique, appuyé sur des faits, est nécessaire pour affirmer l’existence de crimes de guerre ou génocides par exemple.
III/ Les limites intrinsèques du jugement humain : limites ontologiques
A/ Les limites de la rationalité : le sacré
Si l’on envisage cette fois-ci le jugement comme un effort pour rendre compte de l’essence d’une chose, en d’autres termes, d’établir un rapport de vérité entre une affirmation et un donné, le jugement humain est nécessairement borné dans la mesure où il n’est pas un être tout puissant.
On pourrait retrouver, chez Pascal, dans les Pensées, une formulation de la limite dans laquelle s’inscrit le jugement humain, à travers la métaphore des trois ordres, ordre des corps, ordre de l’esprit, et ordre du cœur. L’ordre de l’esprit est le domaine du philosophe, celui du cœur, inaccessible par la seule raison, est celui de la foi, et constitue un domaine dans lequel le jugement humain, rationnel, n’a plus cours.
B/ Les limites du langage : la contemplation
Enfin, dans la mesure où le jugement passe par le langage, l’expression, apparaît-il comme suffisamment adéquat à rendre compte de tous les objets du monde, et, en particulier, des objets sensibles, comme les œuvres d’art ?
On pouvait à cet égard envisager que la peinture, la sculpture, ou plus largement les arts visuels ne trouvaient pas nécessairement dans le jugement, formulé par le biais du langage, de la rationalité, le moyen premier pour rendre compte de leur valeur, et envisager, à l’inverse, le silence, la contemplation, comme des modes d’interactions privilégiés du domaine de l’art.
Des exemples tirés de la culture artistique, comme les célèbres fresques de Piero della Francesca (1427-1492) pouvaient à cet égard illustrer un développement autour du rapport à la contemplation et au recueillement.
Conclusion :
Il apparaissait donc comme nécessaire d’interroger constamment la richesse définitionnelle de la notion de jugement, et de la faire entrer en résonnance permanente avec le verbe « pouvoir », pour faire apparaitre à la fois la puissance et l’impuissance de ce jugement, se rapportant au sujet humain, et à l’objet face auquel il se trouve, tant sur un plan épistémologique, moral, qu’ontologique.









