Pour vous accompagner au mieux au concours ECRICOME, Mister Prépa vous propose son analyse du sujet d’éco-droit 2026 ! Épreuve déterminante pour les candidats ECT, elle présente des coefficients compris entre 5 et 6.
Cette analyse du sujet d’éco-droit ECRICOME 2026 vous permettra de revenir sur vos réponses, de comprendre ce qui était attendu et d’identifier les concepts à mobiliser. Pour les préparationnaires, elle est également utile pour vous entraîner et réviser efficacement.
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L’analyse du sujet d’éco-droit ECRICOME 2026
Partie Economie
1. Le QCM (20 questions)
Tonalité générale : sujet très ancré dans l’actualité 2025-2026. Plusieurs questions piègent délibérément par des formulations proches mais inexactes.
Questions clés et points de vigilance :
Q1 – Rapport Brundtland 1987 : réponse b. Piège classique avec le rapport Meadows (1972 = Limites de la croissance, pas la définition du DD).
Q2 – Équilibre emploi-ressources : les emplois sont FBCF (b) et consommation finale (c). Les importations sont des ressources. Piège récurrent sur cette inversion.
Q3 – Keynes : la thésaurisation (b) est correcte. La proposition a décrit la vision néoclassique, la c décrit les anticipations rationnelles de Lucas/Muth. Double piège.
Q4 – Taux d’activité France 2024 : environ 73-74%, donc réponse c (65-75%). À connaître.
Q5 – Stagnation séculaire (Summers, Hansen) : les propositions a et b sont exactes. La c est fausse car la théorie concerne les pays avancés, pas les PMA.
Q6 – Banque Mondiale pour la pauvreté : réponse c. Le FMI gère la stabilité monétaire internationale, l’OMC le commerce.
Q7 – Charge de la dette 2025 : environ 55 milliards d’euros (réponse c). Les 3300 Mds = stock total de la dette, pas la charge annuelle. Confusion fréquente à anticiper.
Q8 – Von der Leyen reste présidente de la Commission (réponse b). Lagarde = BCE, Costa = Conseil européen. Les trois noms sont dans l’actualité récente, le jury teste la précision.
Q9 – BCE à 2% : politique accommodante, donc stimule investissements (a) et soutient la demande (b). La c est fausse. Double bonne réponse possible.
Q10 – Taxe Zucman : impôt minimum de 2% (et non plafond, b est donc fausse !). Le risque d’exil fiscal (c) est vrai selon les débats. Attention au mot “plafond” vs “plancher”.
Q11 – Taxe Trump sur semi-conducteurs : mesure protectionniste (a) oui, mais équivalente à une taxe à l’exportation (b) ? C’est contestable – c’est plutôt une taxe sur les ventes à l’étranger. La c sur l’ORD de l’OMC est vraisemblable. Question d’actualité récente, raisonnement requis.
Q12 – Appréciation de l’euro : les importations européennes depuis les USA deviennent moins chères (a est fausse), les importations américaines depuis la zone euro renchérissent (b est vraie), ce qui creuse le déficit américain (c est donc fausse). Seule b est correcte. Piège classique sur le sens des effets.
Q13 – Revenu disponible : il inclut revenus primaires moins prélèvements plus transferts sociaux. La a est incomplète (oublie les transferts), la b est incomplète, la c décrit les dépenses préengagées qui réduisent le niveau de vie mais font partie du revenu disponible au sens strict. Réponse probable : d (aucune ne convient entièrement) ou c si on retient la définition comptable.
Q14 – Marché secondaire : assure la liquidité (c). Les émissions nouvelles relèvent du marché primaire (a et b sont fausses).
Q15 – Rachat de SFR : le marché devient plus concentré (b) et s’approche d’un oligopole (c). Les deux sont vraies. La a est fausse (moins d’atomicité, pas davantage).
Q16 – Augmentation de capital par actions : financement externe désintermédié (pas intermédié, donc a est fausse). La b est fausse (autofinancement = interne). La c confond actionnaires et obligataires. Réponse probable : d.
Q17 – Taux de prélèvements obligatoires France fin 2024 : environ 43-44% du PIB, donc réponse a (42,8%).
Q18 – Courbe de Kuznets : lien croissance/inégalités (c). Attention – la courbe de Laffer = recettes/taux d’imposition (a), la courbe de Phillips = chômage/inflation (b). Triple piège sur des courbes à connaître impérativement.
Q19 – Mesure des inégalités : rapport interdécile (a) et coefficient de Gini (c). L’IDH mesure le développement humain, pas spécifiquement les inégalités.
Q20 – Théorie des jeux : l’équilibre de Nash est souvent sous-optimal (c = équilibre de second rang). Les a et b décrivent la concurrence pure et parfaite, non la théorie des jeux.
2. La Question de Réflexion Argumentée
Sujet : « Les pays industrialisés doivent-ils dire adieu à la croissance économique ? »
Analyse du sujet : question normative et controversée, qui mobilise à la fois des courants économiques classiques et des débats contemporains sur la décroissance, la croissance verte et la stagnation séculaire. Le mot “doivent-ils” impose une dimension prescriptive : il ne s’agit pas seulement de décrire mais de prendre position argumentée.
Pièges à éviter absolument :
- Faire un cours sur “les théories de la croissance” sans répondre à la question normative
- Confondre croissance et développement
- Ignorer la dimension écologique qui est clairement sous-jacente
- Traiter uniquement la décroissance sans envisager les alternatives (croissance verte, économie circulaire)
Définitions indispensables en introduction :
- Croissance économique = augmentation soutenue et durable du PIB en volume
- Pays industrialisés = économies développées (OCDE), caractérisées par une tertiarisation avancée
- “Dire adieu” = abandonner volontairement l’objectif de croissance
Propositions de plan :
Plan 1 – thèse/antithèse/dépassement : I. La croissance traditionnelle semble insoutenable pour les pays industrialisés II. Cependant, renoncer à la croissance entraînerait des coûts économiques et sociaux majeurs III. Des modèles alternatifs permettent de repenser la croissance sans y renoncer
Auteurs et concepts à mobiliser :
- Pour la décroissance : Serge Latouche, Tim Jackson (Prospérité sans croissance), Kate Raworth (économie du donut)
- Pour la stagnation séculaire : Larry Summers, Alvin Hansen
- Pour la croissance verte : théorie de la destruction créatrice (Schumpeter), innovation et découplage
- Externalités négatives : Pigou, principe pollueur-payeur, marché de quotas carbone (EU ETS)
- Paradoxe de Jevons : l’efficacité énergétique peut paradoxalement augmenter la consommation totale
- Courbe de Kuznets environnementale : à partir d’un certain seuil de revenu, les inégalités et la pollution pourraient diminuer (théorie débattue)
Exemples d’actualité à mobiliser :
- Objectifs climatiques (COP21/30, trajectoire 1,5°C)
- Politique industrielle verte européenne (Green Deal)
- Politique tarifaire Trump et ses effets sur les chaînes de valeur mondiales
- Dette publique française et tension entre investissement vert et consolidation budgétaire
Lire plus : Le simulateur d’admissibilité aux grandes écoles
Partie Droit
1. Cas pratique – Energize Fit Club
Question 1 : Droit de rétractation de Julie Pinset
Chapitre mobilisé : droit de la consommation, contrat conclu à distance.
La cliente a souscrit un abonnement en ligne le 12 janvier 2026, et a envoyé une renonciation le 22 janvier, reçue le 24 janvier.
Points juridiques essentiels :
- L’article L221-18 du Code de la consommation prévoit un droit de rétractation de 14 jours pour tout contrat conclu à distance entre un professionnel et un consommateur
- Le délai court à compter de la conclusion du contrat pour les prestations de services
- De la conclusion (12 janvier) au courrier de renonciation (22 janvier) = 10 jours → dans le délai légal
- La réception par le club le 24 janvier n’est pas pertinente : c’est la date d’envoi qui compte (article L221-21)
- Conclusion : Julie Pinset pouvait valablement se rétracter
Articles à citer : L221-18 et L221-21 du Code de la consommation.
Attention : ne pas confondre résiliation et rétractation. Il ne s’agit pas non plus d’une résiliation pour motif légitime mais bien d’un droit légal de rétractation qui ne nécessite aucune justification.
Question 2 : Action en justice contre les époux Kerdec – rupture des pourparlers
Chapitre mobilisé : responsabilité extracontractuelle, rupture abusive de pourparlers (article 1112 du Code civil).
Points juridiques essentiels :
- Les négociations précontractuelles sont régies par l’article 1112 du Code civil depuis la réforme de 2016 : les parties doivent négocier de bonne foi
- La rupture brutale et de mauvaise foi des pourparlers peut engager la responsabilité délictuelle (et non contractuelle, car aucun contrat n’a été conclu)
- Éléments de mauvaise foi : négociation parallèle secrète avec un tiers depuis février, sans en informer Nassim, alors que les parties envisageaient une conclusion fin mars
- Nassim ne peut pas forcer l’exécution d’un contrat non conclu → pas d’exécution forcée possible
- Indemnisation possible mais limitée : seuls les préjudices directement liés à la rupture fautive des pourparlers sont réparables, soit les frais engagés (honoraires d’avocat, frais de déplacement)
- Les 300 000 euros de CA espéré sont exclus : la perte de chance de réaliser des bénéfices futurs sur un contrat non signé n’est généralement pas indemnisable (jurisprudence constante)
- Conclusion : action partiellement fondée – indemnisation des frais réels seulement
Articles à citer : article 1112 du Code civil (obligation de bonne foi dans les négociations précontractuelles).
Question 3 : Validité de la clause de mobilité
Chapitre mobilisé : droit du travail, clause de mobilité géographique.
Points juridiques essentiels :
La clause telle que rédigée comporte deux problèmes majeurs :
Concernant la définition géographique : la jurisprudence exige que la clause de mobilité définisse de façon précise la zone géographique d’application. La mention “tout autre établissement présent et à venir” est trop imprécise et trop large → la clause est susceptible d’être déclarée nulle sur ce point (Cass. Soc., arrêts constants).
Concernant le délai de 3 jours : la mise en œuvre de la clause doit respecter un délai de prévenance raisonnable. Trois jours sont généralement considérés comme insuffisants selon la jurisprudence, notamment si le salarié doit déménager ou s’organiser significativement.
Concernant la sanction prévue (inexécution fautive en cas de refus) : cette formulation est problématique. Si la clause est nulle ou si la mise en œuvre est abusive, le refus du salarié ne peut être qualifié de faute. L’employeur ne peut pas unilatéralement prévoir qu’un refus constitue automatiquement une faute.
Conclusion : la clause, telle que rédigée, est invalide sur plusieurs points – périmètre géographique trop imprécis, délai insuffisant, sanction unilatérale excessive.
Articles et jurisprudence à citer : article L1121-1 du Code du travail (proportionnalité des restrictions), jurisprudence de la Cour de cassation sur les clauses de mobilité.
2. Analyse d’arrêt – Cass. Soc. 26 février 2025
C’est la nouveauté la plus notable de ce sujet ECRICOME 2026 et le point le plus délicat. L’analyse d’arrêt est un exercice peu pratiqué en ECT et les rapports de jury BCE signalent régulièrement que la méthodologie fait défaut.
Question 1 : Le problème de droit
Le problème de droit doit être formulé de manière abstraite et générale, sans référence aux parties.
Formulation attendue : Une preuve obtenue de manière déloyale – en l’espèce la retranscription d’enregistrements vidéos réalisés à l’insu d’un salarié – peut-elle être admise dans un procès civil lorsqu’elle est indispensable à la défense d’un intérêt légitime et proportionnée au but poursuivi ?
Question 2 : Le syllogisme de la Cour de cassation
Majeure (règle de droit) : En vertu de l’article 6§1 de la CEDH et de l’article 9 du Code de procédure civile, l’illicéité ou la déloyauté dans l’obtention d’une preuve ne conduit pas nécessairement à l’écarter des débats ; une preuve déloyale peut être admise si elle est indispensable à l’exercice du droit à la preuve et proportionnée au but poursuivi.
Mineure (application aux faits) : En l’espèce, l’employeur a produit la retranscription d’enregistrements vidéos réalisés à l’insu du salarié. Bien que ce procédé soit déloyal et constitue une atteinte à la vie privée, la cour d’appel a constaté que cette preuve était la seule disponible pour établir la divulgation de données confidentielles, et qu’aucun stratagème visant à piéger le salarié n’avait été mis en œuvre.
Conclusion : La Cour de cassation rejette le pourvoi : la preuve déloyale était admissible car indispensable et proportionnée à la défense de l’intérêt légitime de l’employeur à la confidentialité de ses affaires.
Ce qui fait la qualité d’une réponse ici : identifier que cet arrêt s’inscrit dans l’évolution récente du droit de la preuve qui, depuis l’arrêt de l’Assemblée plénière du 22 décembre 2023, a assoupli le principe d’irrecevabilité des preuves déloyales au profit d’une appréciation in concreto de la proportionnalité.
3. Veille juridique – « Les libertés individuelles des salariés en entreprise »
Analyse du sujet : le sujet est cette année volontairement large, contrairement à 2025 (ESSEC) où il portait spécifiquement sur la liberté d’expression. Ici, le thème englobe toutes les libertés : vie privée, expression, religion, données personnelles, liberté de circulation, etc. C’est à la fois une chance (plus de matière) et un risque (dispersion).
Piège principal : traiter uniquement la liberté d’expression ou uniquement les données personnelles au lieu d’avoir une vision panoramique des libertés individuelles.
Méthodologie à respecter :
- Définir les termes du sujet en introduction : libertés individuelles = droits fondamentaux de la personne protégés contre les atteintes des tiers, y compris l’employeur ; salarié en entreprise = relation asymétrique de subordination
- Dégager une problématique : dans quelle mesure l’entreprise peut-elle encadrer les libertés individuelles de ses salariés ?
- Plan en deux parties, structuré, avec exemples de veille
Plan suggéré :
I. Des libertés individuelles fondamentalement protégées dans l’entreprise
- Principe général : article L1121-1 du Code du travail – nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché
- Liberté d’expression : principe + limites (obligation de loyauté, art. L1222-1)
- Protection de la vie privée : données personnelles (RGPD, rôle de la CNIL), vidéosurveillance
- Liberté de conscience et de religion : principe de neutralité débattu (affaires voile en entreprise privée)
II. Des libertés susceptibles d’être légitimement restreintes par l’employeur
- Conditions cumulatives de la restriction : justification par la nature de la tâche + proportionnalité
- Clause de non-concurrence, clause de confidentialité
- Contrôle des outils numériques (arrêt Nikon : présomption de caractère personnel des messages) mais évolution récente vers plus de contrôle possible
- Lanceurs d’alerte : loi Sapin II 2016, loi du 21 mars 2022 transposant la directive européenne → protection renforcée
- L’arrêt du 26 février 2025 (celui de l’analyse d’arrêt) illustre parfaitement la tension entre droit à la preuve de l’employeur et vie privée du salarié → lien à faire explicitement
Exemples de veille récente à mobiliser :
- Directive européenne sur les lanceurs d’alerte transposée en 2022
- Jurisprudence récente sur la vidéosurveillance et les preuves déloyales (Ass. Plén. 22 déc. 2023)
- CNIL et contrôle des outils numériques en entreprise (recommandations 2023-2024)
- Débat sur le droit à la déconnexion (article L2242-17 du Code du travail)
Lire plus : L’analyse du sujet de Mathématiques ECT
Points de vigilance transversaux
Sur le QCM spécifiquement : la règle de pénalité (ne pas répondre = pénalisé autant qu’une mauvaise réponse) oblige à répondre à toutes les questions, même en cas de doute. La stratégie “je ne sais pas donc j’abstiens” ne fonctionne pas ici.
Sur l’analyse d’arrêt : exercice inhabituel pour beaucoup de candidats ECT. La qualité de la formulation du problème de droit (abstraite, générale, sans noms des parties) et la rigueur du syllogisme (majeure/mineure/conclusion clairement identifiées) feront la différence.
Sur la veille juridique : le lien entre l’arrêt de l’analyse d’arrêt et la veille juridique est une opportunité à saisir – les deux traitent de libertés individuelles en entreprise. Un candidat qui fait ce pont explicitement sera valorisé.
Orthographe et vocabulaire juridique : les rapports de jury soulignent chaque année les erreurs grossières (“code civile”, “responsabilitée”, “résolutionner”). Soigner particulièrement les termes techniques.









