Série fiche #8 : Le Royaume-Uni et l’Europe
Intro : Ce thème est tombé à Ecricome 2025. Il évolue continuellement et fera donc l’objet de la huitième fiche d’une longue série. Bonne lecture !
Le Brexit : le tournant dans les relations entre l’Europe et le UK
En 2016, le référendum organisé par David Cameron aboutit à 52 % en faveur du Leave. En mars 2017, Theresa May déclenche l’article 50 du traité sur l’Union européenne : le compte à rebours est lancé. Le Royaume-Uni quitte officiellement l’UE le 31 janvier 2020. Bye Bye Europe.
Nigel Farage déclarait “We want our country back” comme si l’Europe avait dérobé toute l’argent de la Grande Bretagne.
Mais en fait le Royaume-Uni n’a jamais été si européen que ça
Le Royaume-Uni ne faisait pas partie des six membres fondateurs de la Communauté économique européenne en 1957. À l’époque, Londres privilégiait le Commonwealth et sa “special relationship” avec les États-Unis.
Mais, après deux vetos du général de Gaulle en 1963 et 1967, le Royaume-Uni finit par intégrer la CEE en 1973. De Gaulle considérait que le UK n’était pas assez européen !
Le Royaume-Uni n’a toujours été qu’à moitié européen : un “islander state” avec une certaine distance géographique donc mentale.
Il n’a jamais intégré l’espace Schengen.
Il n’a pas adopté l’euro.
Winston Churchill, prononçait d’ailleurs en 1944:
“If Britain must choose between Europe and the open sea, she must always choose the open sea.”
Autrement dit, le commerce mondial, prime sur l’intégration européenne
Dans ce contexte, le “take back control” du Brexit devait sans doute arriver un jour. Les bases étaient fragiles dès le départ.
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Vers un reset des relations ? L’ère du “Global Britain”
Après le Brexit et avec l’arrivée de Keir Starmer au pouvoir, le mantra devient “Global Britain”. Le Royaume-Uni voulait se montrer comme un pays tourné vers le monde avec de multiples relations commerciales internationales.
Dans son manifeste “Change”, Keir Starmer affirme : “We will reset the relationship and seek to deepen ties with our European friends, neighbours and allies.” Je vous conseille d’ailleurs d’aller lire le Labour Manifesto sur internet disponible en PDF.
En mai 2025, le Royaume-Uni et l’Union européenne signent un “trade deal” visant à réduire certaines barrières normatives, notamment sur les produits alimentaires. Lors du premier sommet UK-EU, Ursula von der Leyen déclare : “We are turning a page, embarking on a new chapter in our unique relationship.”
C’est donc un reset. Mais : il ne faut pas franchir la ligne rouge. Starmer le dit clairement : “There will be no return to the single market, the customs union, or freedom of movement.” Pas de retour en arrière. Peut-être des ajustements, par exemple un mobility scheme encadré pour les jeunes, mais pas de libre circulation.
Il s’agit donc de “mend fences” with the EU (de réparer les liens)
Se rapprocher de l’Europe ou plutôt de la France et de l’Allemagne ?
En réalité, le rapprochement est plutôt bilatéral. Les relations avec la France était très tendue sous Tatcher, Boris Johnson et Truss. En effet, Truss se demandait si Emmanuel Macron était “a friend or a foe”. (un ami ou un ennemi).
Mais depuis Rishi Sunak, cela a changé. Il est venu assisté au 80ème anniversaire du débarquement en Normandie et déclarait : “I hope it can be the start of a stronger relationship between us and it’s a privilege to be able to play a part in that.”
Ce sont donc des premiers pas vers ce qu’il nommait “an entente renewed”. Ceci est une référence à l’Entente Cordiale du 8 avril 1904. Cet accord mettait fin aux rivalités coloniales entre la France et le Royaume-Uni.
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Le Royaume-Uni ne peut plus compter sur les États-Unis ?
Le Royaume-Uni a toujours dit avoir une “special relationship” avec les États-Unis. L’expression “special relationship” est attribuée à Winston Churchill. Elle symbolise la proximité historique entre Londres et Washington. On pense à Thatcher et Reagan, à Blair et Clinton. Mais maintenant difficile pour Trump de “Blairer” Keir Starmer.
Aujourd’hui, il y a bien toujours cette volonté de maintenir les États-Unis comme allié. On le voit notamment dans le manifeste du Parti Travailliste “Change” : “The United States is an indispensable ally. Our special relationship is crucial for security and prosperity”
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