L’immigration est l’une des préoccupations principales des citoyens britanniques expliquant la montée de l’extrême droite de Nigel Farage dans les sondages. Cet article est la 6ème fiche d’une longue série de fiche de civilisation anglaise, bonne lecture !
Historiquement, le Royaume-Uni était un “Land of Milk and Honey”.
Le Royaume-Uni était un “safe haven”, un abri pour les exilés politiques. Il a accueilli de nombreuses figures politiques et intellectuelles fuyant la répression : Karl Marx, Sigmund Freud, Victor Hugo ou encore Charles de Gaulle pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le British Nationality Act de 1948 accorde aux citoyens du Commonwealth le droit de s’installer et de travailler au Royaume-Uni. L’arrivée du navire Empire Windrush en juin 1948 marque le début d’un grand mouvement migratoire vers le Royaume-Uni. Des milliers de migrants viennent s’y installer et forment ce que l’on appelle la Windrush Generation. D’ailleurs, une journée en hommage à la contribution des immigrants des Caraïbes est célébrée chaque année le 22 juin. À ce sujet, il est intéressant de consulter la page “Celebrating the Windrush Generation” sur le site du gouvernement britannique.
Le Royaume-Uni, contre l’immigration ?
Le Commonwealth Immigrants Act de 1962 met en place des contrôles migratoires pour les citoyens du Commonwealth. C’est la fin de l’accueil à bras ouverts du Royaume-Uni. Un véritable tournant dans la politique migratoire britannique.
Pourtant, dans les années qui suivent, des mesures sont prises pour lutter contre la discrimination raciale envers les immigrés :
- le Race Relations Act de 1965, qui interdit la discrimination dans les espaces publics
- le Race Relations Act de 1968, qui interdit la discrimination dans l’emploi et vise à faciliter l’accès des migrants au travail et au logement
Mais Enoch Powell, membre du Parti conservateur ne se laisse pas faire. Il prononca son célèbre “Rivers of Blood Speech” et déclara : “I seem to see the River Tiber foaming with much blood.”
Il considérait que ces politiques d’ouverture menaçaient profondément la société britannique. Selon lui, l’immigration massive entraînerait un bouleversement sans précédent de l’identité nationale. Pour lui, le Royaume-Uni était entrain de creuser sa propre tombe.
Ce nationalisme est très présent aujourd’hui. Il est présent dans le manifeste du parti Reform UK de Nigel Farage, ou encore, par exemple dans les manifestations d’extrême droite après la Southport attack, qui a coûté la vie à trois jeunes filles.
Lire plus : Série fiche #4 : Le Lobbying
Un durcissement encore plus fort ces dernières années sur l’immigration
– Tout d’abord, le Royaume-Uni n’a jamais intégré l’espace Schengen, justement pour conserver le contrôle de ses frontières.
– Lors du referendum sur le Brexit en 2016, le slogan “Take back control” exprime l’idée que le pays aurait perdu la maîtrise de ses frontières. La question migratoire est l’une des raisons qui conduira au Brexit.
– La Nationality and Borders Act 2022 introduit une distinction entre les réfugiés arrivés légalement et ceux entrés de manière irrégulière et renforce les possibilités d’expulsions.
– L’Illegal Migration Act 2023 prévoit que toute personne arrivant illégalement au Royaume-Uni sera placée en détention puis expulsée, sans possibilité de demander l’asile.
Le durcissement atteint peut-être un point culminant avec la proposition du Plan Rwanda par Boris Johnson dans les années 2022. Il propose d’envoyer au Rwanda les demandeurs d’asile arrivés illégalement au Royaume-Uni afin que leurs demandes y soient traitées.
En 2024, le gouvernement Sunak adopte le Safety of Rwanda Act, déclarant par la loi que le Rwanda est un pays sûr. Sunak essaie de rendre le projet réalité. Mais ce plan est vivement critiqué par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, qui estime qu’il affaiblit les protections prévues par la Convention de Genève de 1951.
Le plan n’est pas repris par le gouvernement travailliste après sa victoire aux elections générales en 2024 et celui-ci est officiellement abandonné, qualifié de “dead” par Sir Keir Starmer.
Lire plus : Série fiche #3 : Gun Violence in the US
Le climat actuel sur l’Immigration
Nigel Farage gagne en influence dans les sondages et porte un manifeste particulièrement radical contre l’immigration. Il ne souhaite pas seulement lutter contre l’immigration illégale, mais aussi restreindre fortement l’immigration légale.
En effet, ll propose de supprimer l’Indefinite Leave to Remain, un statut qui permet aux immigrés de rester durablement sur le territoire britannique, et de le remplacer par un visa limitant l’accès aux prestations sociales et nettement plus restrictif. Il affirme en cela que le UK is “Not the world’s food bank.”
Le problème c’est que le Parti travailliste se retrouve dans une position délicate. Il ne veut pas perdre d’électeurs préoccupés par la question migratoire et donc se sent contraint d’adopter certaines mesures de fermeté pour regagner ses électeurs qui se tournent vers UKIP pour des solutions. En conséquence, des politiques autrefois jugées excessives deviennent acceptables par comparaison avec les propositions plus radicales de Reform UK.
La fin de l’hospitalité britannique ?
Nigel Farrage déclarait que it is “Not for us to provide welfare for people coming in from all over the world.” Et pourtant, dans son Beveridge Report de 1944, William Beveridge affirmait que le devoir d’un État était de garantir la protection sociale et l’accès aux soins pour tous les individus..
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Lire plus : Série fiche #2 Anglais: Le concept de Manifest Destiny










