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Les dynamiques migratoires en Europe : Enjeux historiques et contemporains

Sommaire

Les migrations en Europe constituent un phénomène ancien aux dynamiques multiples, influencées par des facteurs historiques, économiques et géopolitiques. Depuis la Seconde Guerre mondiale, les flux migratoires ont connu plusieurs phases distinctes, marquées par les reconstructions d’après-guerre, la décolonisation, les chocs économiques et les crises politiques. Nous allons voir dans cet article une analyse des migrations en Europe en examinant leur évolution, les politiques migratoires mises en place et les défis auxquels l’Union européenne (UE) est confrontée aujourd’hui.

 

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I. Les migrations de l’après-guerre (1945-1973)


1.1. Les conséquences de la Seconde Guerre mondiale : 

La fin de la Seconde Guerre mondiale a entraîné d’importants déplacements de population en Europe. Les rescapés des camps nazis, notamment les Juifs, ont souvent regagné leurs pays d’origine comme la Roumanie, l’Ukraine ou la France. Par ailleurs, les opposants au régime franquiste ont migré vers la France (ex : le camps Argelès-sur-Mer). L’Allemagne a également connu des mouvements migratoires massifs, avec environ 14 millions d’Allemands expulsés des pays baltes, de Russie, de Yougoslavie et de Roumanie entre 1945 et 1951. Le retour des prisonniers de guerre a par ailleurs contribué à recomposer la carte migratoire du continent.


1.2. Les migrations économiques et le rôle des accords bilatéraux : 

Face aux pénuries de main-d’œuvre dues aux pertes humaines et à la reconstruction économique, plusieurs pays européens ont signé des accords bilatéraux pour favoriser l’immigration de travailleurs. Ainsi, la France, le Royaume-Uni, la Belgique et les Pays-Bas ont recruté des travailleurs italiens, l’Italie étant encore en transition démographique et connaissant un fort taux de chômage. Ce mouvement migratoire s’est accompagné de tensions sociales, comme en Belgique où les Italiens représentaient 2,2 % de la population en 1960. Progressivement, d’autres nationalités ont pris le relais, notamment les Portugais, les Espagnols et les Yougoslaves. En Allemagne, les accords bilatéraux ont permis l’installation de 172 000 travailleurs turcs.

II. L’impact de la décolonisation et des crises économiques (1973-2000)

 

2.1. Les migrations post-coloniales : 

Les décolonisations ont entraîné de nouveaux flux migratoires vers l’Europe. Les Pays-Bas ont accueilli 230 000 Néerlandais d’Indonésie, la Belgique 383 000 personnes en provenance du Congo, du Rwanda et du Burundi, et la France un million de “pieds-noirs” d’Algérie ainsi que 40 000 Harkis.


2.2. La fermeture des frontières européennes : 

Le choc pétrolier de 1973 a marqué un tournant dans les politiques migratoires européennes. Face à la crise économique, le choc pétrolier a provoqué un ralentissement économique et une montée du chômage dans de nombreux pays européens. La Belgique, la France et l’Allemagne ont mis en place des mesures restrictives : non-renouvellement des titres de séjour, obligation de visa pour certains ressortissants, réduction du taux d’octroi du statut de réfugié, renforcement des contrôles d’identité et mise en place de détentions administratives et d’expulsions.

III. Les dynamiques migratoires contemporaines et la réaction de l’Union européenne (2000-à nos jours)


3.1. Frontex et la gestion des frontières extérieures : 

En 2004, l’UE a créé l’agence Frontex afin de renforcer la sécurité de ses frontières extérieures. Cette agence joue un rôle central dans la surveillance et la gestion des flux migratoires, en déployant des agents et des moyens de contrôle issus des États membres.


Ex : Crise en mer Égée (2020-2022) : Frontex a été accusée de participer à des “pushbacks” illégaux de migrants en mer Égée, repoussant des embarcations vers la Turquie sans permettre aux passagers de demander l’asile. Cette crise a exacerbé les tensions entre la Grèce, l’Union européenne et la Turquie, cette dernière utilisant la migration comme levier de négociation avec l’UE. L’utilisation des flux migratoire pour faire du « chantage migratoire ».


3.2. Les accords avec les pays tiers : 

Pour limiter les arrivées massives de migrants, l’UE a conclu des accords avec plusieurs pays voisins, notamment l’Ukraine, la Géorgie, la Moldavie, la Turquie et le Maroc, qui jouent un rôle de “zone tampon” en retenant les candidats à l’immigration.


Zoom sur la Turquie : En 2016, signature d’un accord de retour des migrants irréguliers, une Facilitation des visas pour les citoyens turcs en échange d’une aide financière de 6 milliards d’euros. L’UE se rend dès lors dépendante de la Turquie qui la menace constamment d’ouvrir les vannes migratoires pratiquant ainsi du chantage diplomatique.


3.3. La crise migratoire de 2015 et ses conséquences : 

L’augmentation du nombre de demandeurs d’asile en Europe est un enjeu majeur. En 2010, l’UE enregistrait 235 000 demandes d’asile, chiffre passé à 608 000 en 2018, après un pic historique de 1 282 000 en 2015, conséquence des conflits en Irak, en Syrie, en Libye et en Érythrée. Toutefois, ces chiffres restent proportionnellement modérés : en 2018, l’UE comptait 3,6 millions de réfugiés, soit 0,6 % de sa population, contre 3,1 millions en Turquie (4 % de la population).


3.4. Et aujourd’hui ?

En raison d’un solde migratoire positif de +827 000 personnes, l’Union européenne compense son accroissement naturel négatif. Après une baisse en 2020, les flux migratoires ont repris à la hausse en 2021 et 2022, notamment en raison de l’invasion de l’Ukraine.

Néanmoins, les migrations dans le monde reste un phénomène à nuancer, Daniel Cohen dans La mondialisation et ses ennemis, parle d’une “Une augmentation immobile”, seulement 3% de la population immigre. En effet, les migrations restent bien inférieures à celles du début du XXe siècle (il avance le chiffre de 10% pour 1913). Aujourd’hui les hommes ne se déplacent pas autant que les idées, images et flux de marchandises.

Conclusion

Les migrations en Europe sont un phénomène ancien et structurent en profondeur les dynamiques économiques et sociales du continent. Si l’immigration extra-européenne reste minoritaire, elle constitue un enjeu politique et sociétal majeur. Face au vieillissement de sa population, l’UE devra adapter ses politiques migratoires pour répondre aux besoins du marché du travail tout en maintenant la cohésion sociale et politique de ses États membres.

 

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Dorian Zerroudi
Co-fondateur d'elevenact (Mister Prépa, Planète Grandes Ecoles...), j'ai à coeur d'accompagner un maximum d'étudiants vers la réussite !