En des mots simples, le “Nanny statism” c’est la traduction de paternalisme avec une connotation négative. En fait, c’est l’intervention excessive de l’Etat dans la vie des citoyens au nom du bien être du plus grand nombre.
Ainsi, un “Nanny State” c’est donc un Etat qui impose des règles à l’individu pour le protéger parce qu’il sait mieux que cet individu ce qui est bon pour lui.
Par ailleurs, ce terme a été utilisé pour la première fois par Lain Macleod, un homme politique conservateur britannique dans les années 1960. (Il aurait été aperçu pour la première fois dans un article du Spectator en 1965)
Quelques exemples pour mieux comprendre :
- le port obligatoire de la ceinture ou du casque à vélo
- des taxes sur la malbouffe et les “soda”
- le packaging des boites de cigarettes
Dans les années 70, seulement un quart des anglais portaient une ceinture dans leur véhicule et les accidents de la route étaient particulièrement mortels.
Le gouvernement décide donc de mettre en place une règle imposant aux passagers à l’avant des véhicules de porter la ceinture : The Motor Vehicles Regulations 1983 qui sera rendue permanente pour tous les passagers en 1986.
Cette loi fut vivement critiquée pour son caractère liberticide. Cependant, dans les années qui suivirent, le nombre de morts de la route chuta.
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Le Royaume-Uni est-il plus un “Nanny State” que d’autres pays ?
Dans les pays anglo-saxons, on pense que les erreurs font partie de l’apprentissage : tu tombes, tu te relèves, tu apprends.
Au contraire, en France, on préfère éviter que tu tombes : l’État essaie de te protéger avant tout.
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Les adversaires du “Nanny State” (L’État Nounou)
Les principaux arguments contre le “nanny statism” sont :
- la restriction des libertés
- l’inefficacité d’un gouvernement trop grand et voulant faire trop de choses à la fois
Lord Balfour of Inchrye incarne le premier argument. En 1980, lors des débats sur une loi rendant obligatoire le port de la ceinture dans les véhicules, il s’y est fermement opposé. Il déclara : “yet another state narrowing of individual freedom and individual responsibility”. En guise de traduction : “encore une nouvelle règle contraignant la liberté et la responsabilité individuelle.”
Voilà, un argument très libertarian qui omet peut-être la conséquence publique de la négligence d’un individu mais qui fait l’apologie de “la liberté à tout prix”.
De plus, d’autres personnalités comme Banksy se sont aussi exprimées contre le “nanny statism”. Cet artiste était surtout contre la politique du “Stop and Search”. Cette politique permettait aux policiers de fouiller un individu sans permission préalable. Il dénonçait, en effet, une forme de prise de contrôle de l’individu par le gouvernement.
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Les vertus du “Nanny State” :
Margaret Hodge, une ancienne membre du Parti travailliste affirmait en 2004 que le “nanny statism” était une force pour le bien, “a force for good”. De son point de vue, critiquer le nanny State aboutissait à moins de résultats positifs que la solidarité et le respect des règles paternalistes.
L’Australie, par exemple, est l’un des pays où la santé de la population est la meilleure et est particulièrement paternaliste.
Pendant la crise Covid-19, de nombreuses études montrent que les pays paternalistes avaient fait preuve d’une réaction plus rapide et efficace à la pandémie.
Une critique annexe : l’inefficacité du gouvernement – la critique du “Big Government”
Dans les années 80, au Royaume-Uni, il y a cette idée que le gouvernement, quand il grandit, perd en efficacité.
Margaret Tatcher l’incarnera lors de son discours à la conférence du parti conservateur en 1980. “When the State grows to powerful people feel that they count for less and less”. “The State drains society, not only of its wealth but of initiative, of energy, the will to improve and innovate as well as to preserve what is best”.
En économie, Margaret Tatcher s’opposait à une trop forte pression fiscale. Elle réduira les impôts durant son mandat, pour réduire la pression sur les entreprises.
De l’autre côté de l’Atlantique, Ronald Reagan visait aussi dans son discours d’investiture en 1981 le gouvernement. “In this present crisis, government is not the solution to our problem : government is the problem”. “It is my intention to curb the size and influence of the Federal establishment”.
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Vocabulaire associé à cette notion :
Paternalism : paternalisme
Libertarianism : libertarisme
to nanny : materner les citoyens, leur imposer des règles de prévention contraignantes
A nannied society : une société maternée
personal responsibility : responsabilité personnelle
Un responsable de : one responsible for (et pas of)
Cet article peut aussi traiter d’exemples qui peuvent être utiles en ESH dans les chapitres sur le bien-être et l’action de L’État.










